20/11/2025
🔴🇷🇴 Ali Kolotou Tchaimi transforme l'Assemblée Nationale en une épicerie familiale, révèle Eric Ngarlem Toldé, journaliste indépendant
Le vernis institutionnel vient de craquer. Derrière les murs du Palais de Gassi, la pourriture a atteint un niveau tel que même des députés du MPS, le parti majoritaire, n’en peuvent plus de respirer l’air vicié. Deux élus, excédés par ce qu’ils décrivent comme une dérive mafieuse, se sont rendus la cour des comptes, pour l’alerter sur les pratiques scandaleuses du président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi.
Ce n’est plus un soupçon.
Ce n’est plus une rumeur.
C’est une déferlante de faits graves, précis et vérifiables.
Les députés accusent Ali Kolotou de diriger la première institution de la République comme une simple épicerie familiale, où les liens de sang valent plus que la loi, plus que les textes, plus que la République elle-même.
Les révélations donnent la nausée.
Ali Kolotou, selon les témoignages recueillis, transforme les déplacements officiels en voyages de clan, emmenant exclusivement des membres de sa famille, soigneusement choisie, pour percevoir des perdiems « astronomiques ». Pendant que les députés censés travailler pour la nation rament dans des conditions parfois humiliantes, la parentèle présidentielle se balade à l’étranger aux frais du contribuable.
Plus grave encore : il aurait fait nommer son propre jeune frère, Tahir Kolotou Tchaïmi, décrit par ses collègues comme « semi-lettré », au poste stratégique de coordonnateur de la cellule technique de l’Assemblée nationale. Un poste clé, nécessitant expertise et rigueur, confié non pas au mérite mais au sang.
Son salaire ? Huit millions de francs CFA par mois.
À titre de comparaison, un député élu touche environ deux millions.
Le frère du président gagne donc quatre fois plus qu’un élu du peuple, sans légitimité, sans compétence reconnue, et au mépris de toute éthique.
Six mois de fonds de fonctionnement auraient également été engloutis, dissipés dans un trou noir où ne subsiste qu’un parfum de prédation et de prédilection familiale.
Un député, écœuré, résume la situation avec une crudité glaçante :
« Avec les cadres du MPS, nous écumons l’Assemblée… et on donne le perchoir à un oncle maternel ! Ali Kolotou ne maîtrise pas les textes. Il a rempli l’institution de membres de sa famille pour s’enrichir. Nous espérons qu’il ne terminera pas son mandat. »
Dans un pays où la corruption a longtemps été entretenue, protégée, sacralisée par le silence, la démarche de ces députés est un acte rarissime de courage. Elle constitue surtout un signal rouge pour la cour des comptes.
L’heure n’est plus aux discours, ni aux demi-mesures.
La cour des comptes doit ouvrir immédiatement une enquête approfondie, sans complaisance, sans calcul politique, sans laisser aux présumés prédateurs le temps de maquiller leurs traces. Car le dossier, déjà explosif, pourrait s’avérer encore plus vaste.
Le pays ne peut plus tolérer que l’Assemblée nationale, symbole de la représentation populaire, devienne une vulgaire succursale familiale, où l’argent public sert de dote, de cadeau, de rente et de récompense généalogique.
La suspension du président de l’Assemblée s’impose.
Pas demain.
Pas « après concertation ».
Maintenant.
Si la République veut encore prétendre à la dignité, l’exemple doit venir d’en haut.
Eric Ngarlem Toldé, Journaliste engagé pour la justice et la vérité au Tchad