27/08/2026
La nouvelle diplomatie algérienne semble avoir un cap très clair : renouer avec l’Afrique et retrouver la place qu’Alger estime devoir occuper sur le continent.
Après une période de fortes tensions avec les pays de l’Alliance des États du Sahel, l’Algérie a progressivement rétabli le dialogue. Le rapprochement a commencé avec le Niger et le Burkina Faso, avant la normalisation spectaculaire avec le Mali : retour des ambassadeurs, réouverture des espaces aériens et reprise des visites de haut niveau.
La visite à Alger du Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, à la tête d’une importante délégation ministérielle, confirme aujourd’hui cette dynamique.
Mais le mouvement dépasse les trois pays de l’AES. L’Algérie renforce également ses relations avec la Mauritanie et le Tchad, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’énergie, des infrastructures et du commerce. Alger affirme par ailleurs avoir ouvert neuf nouvelles ambassades en Afrique ces dernières années, portant leur nombre de 29 à 38.
Une question mérite donc d’être posée : cette offensive diplomatique vise-t-elle uniquement à stabiliser le Sahel et à développer les échanges avec le continent, ou cherche-t-elle aussi à contrer l’influence grandissante du Maroc en Afrique ?
Car derrière cette rivalité régionale se trouve inévitablement le dossier du Sahara occidental. Rabat cherche à obtenir toujours plus de soutiens africains à sa souveraineté sur le territoire, tandis qu’Alger défend le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et soutient le Front Polisario.
La stratégie algérienne semble ainsi poursuivre plusieurs objectifs à la fois : sécuriser ses frontières, reconquérir son influence historique au Sahel, développer ses débouchés économiques et renforcer le camp favorable à l’autodétermination du Sahara occidental.
La paix et la coopération sont certainement nécessaires. Mais dans la diplomatie, elles accompagnent presque toujours une bataille d’influence.