PopEx - Populisme, extrémisme et complotisme

PopEx - Populisme, extrémisme et complotisme Comprendre le populisme, l'extrémisme & le complotisme avec François Debras, Dr en siences politiques

PopEx, c'est avant tout un projet, celui de François Debras (docteur en sciences politiques et sociales, professeur associé à l'Université de Liège et Maître assistant à HELMO), qui souhaite
sensibiliser à la présence et à la montée des discours, des mouvements et des idéologies populistes, extrémistes et complotistes en Europe et aux Etats-Unis. Pour ce faire, François Debras enregistre des podc

asts et des vidéos, organise des conférences, des débats et des ateliers, rédige des articles, des ouvrages et des enquêtes, propose des outils théoriques et pédagogiques accessibles à toutes et à tous pour mieux comprendre les phénomènes populistes, extrémistes et complotistes. PopEx, c'est une nécessité, celle de lutter contre ces phénomènes! PopEx, c'est une volonté, celle que chacune et chacun devienne les actrices et les acteurs de la société démocratique de demain!

: https://www.youtube.com/

En lien avec PopEx, François Debras organise:
- un certificat inter université et haute école "Populisme et extrémisme en Europe" (Université de Liège et Haute Ecole Libre Mosane). https://www.programmes.uliege.be/cocoon/20222023/formations/bref/DYPEXE90.html
- une formation continue "Réagir aux discours de haine ? Populismes, extrémismes et complotismes" (Haute Ecole Libre Mosane). https://www.helmo.be/Formation-continuee/Social/reagir-discours-haine.aspx

🤖Les sites d’information entièrement générés par intelligence artificielle attirent une audience de plus en plus importa...
29/12/2025

🤖Les sites d’information entièrement générés par intelligence artificielle attirent une audience de plus en plus importante en France. C’est ce que révèle une étude publiée le 18 décembre par le média spécialisé Next, en partenariat avec l’institut de mesure Médiamétrie qui portait sur 251 sites identifiés comme de faux médias d’information. Aujourd'hui, des milliers de sites francophones se présentent comme des portails d’actualité alors que leurs contenus sont produits automatiquement par des systèmes d’IA.

📈Entre janvier et octobre 2025, ces sites ont enregistré en moyenne 15,7 millions de visiteurs uniques par mois. Un chiffre suffisamment élevé pour les placer, collectivement, dans le top 10 des sites d’actualité en France.

🧓👵Un autre enseignement marquant est que ces sites sont principalement consultés par les internautes les plus âgés. Alors que les personnes de 50 ans et plus représentent 23 % de la population française, elles concentrent près de 74 % des visiteurs mensuels de ces sites générés par IA.

👥Médiamétrie s’est appuyé sur son panel "audience Internet global", composé de 20.000 internautes français. Les données montrent que ces faux sites d’actualité, créés dans une logique de génération d’audience et de revenus, bénéficient d’une visibilité importante sur les grandes plateformes numériques. Next avait initialement repéré nombre d’entre eux via Google Discover, l’un des principaux canaux d’accès à l’information en ligne en France.

📲Selon l’étude, Google est de loin le premier pourvoyeur de trafic vers ces faux sites, avec 77 % des visites. Les plateformes du groupe Meta arrivent loin derrière, avec 10 % du trafic. Ces résultats confortent les critiques formulées par les éditeurs de presse en ligne qui dénoncent le rôle central de Google dans la visibilité de ces fermes à contenus et l’insuffisance de leur modération.

❗️Le Groupement des éditeurs de contenus et service en ligne alerte sur les risques que représentent ces contenus générés par IA qui cherchent à tromper les internautes et les moteurs de recherche en faisant passer leurs articles pour des productions humaines...

✅ Source: Le Monde, "Les faux sites d’information générés par IA", 19 décembre

😱Palantir est entreprise américaine spécialisée dans l’analyse de données qui enchaîne les contrats lucratifs, notamment...
23/12/2025

😱Palantir est entreprise américaine spécialisée dans l’analyse de données qui enchaîne les contrats lucratifs, notamment avec l’administration Trump. Le nom reste relativement méconnu du grand public mais l'influence de l'entreprise ne cesse de s’étendre. Implantée dans l’État du Colorado, elle est aujourd’hui l’un des géants mondiaux de l’analyse de données.

📝Lundi 15 décembre, Palantir a annoncé le renouvellement pour trois ans de son contrat avec la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ce qui soulève des interrogations sur les risques liés à l’exploitation de données sensibles par une puissance américaine dont l’hostilité grandit...

🌐Entre technologie et pouvoir politique

🔎Fondée en 2003, Palantir doit notamment sa création à Alex Karp, son actuel PDG, et à Peter Thiel, milliardaire libertarien et cofondateur de PayPal qui revendique ouvertement sa proximité avec Donald Trump dont il est un soutien de longue date. À ses débuts, l’entreprise a bénéficié de l’appui d’un fonds d’investissement lié à la CIA.

🧙‍♂️Le nom "Palantir" est emprunté du Seigneur des anneaux. Il désigne une pierre de vision permettant d’observer des événements à distance, à travers le temps et l’espace, une métaphore révélatrice de la spécialité de l’entreprise : l’analyse de volumes colossaux de données ou big data.

⚙️L'IA au cœur du traitement des données

💻Palantir commercialise plusieurs logiciels, dont Foundry et Gotham. La première permet aux entreprises et aux institutions de structurer et gérer leurs bases de données. La seconde, davantage destinée aux secteurs du renseignement et de la défense, s’appuie sur l’ia pour croiser et analyser des informations extrêmement variées : données biométriques, conversations sur les réseaux sociaux, appels téléphoniques, images satellitaires ou encore fichiers administratifs. Dans un cadre militaire, ces outils peuvent notamment servir à identifier et évaluer des cibles potentielles en temps réel.

🕵️‍♀️Ses clients? Des services de renseignement

➡️La société compte parmi ses clients de nombreuses agences gouvernementales américaines, comme le FBI, le département de la Défense ou la police fédérale de l’immigration (ICE), mais aussi des forces de police locales, telles que celle de Los Angeles, ou encore l’armée israélienne. Palantir collabore également avec les services de renseignement de plusieurs pays. En Europe, la France constitue son deuxième marché, derrière le Royaume-Uni.

🇫🇷En France, depuis 2016, Palantir est liée à la DGSI, dans le contexte de la lutte antiterroriste qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015. Le contrat annoncé lundi prolonge cette collaboration jusqu’en 2028, après deux renouvellements successifs en 2019 et 2022. La DGSI a justifié cette décision auprès de l’AFP par "dans l'attente du déploiement d'un nouvel outil souverain". Depuis 2018, les autorités françaises envisagent en effet une solution nationale, à la demande du directeur de la DGSI de l’époque.

🔥Sous le feu des critiques

⚡️Palantir fait l’objet de vives critiques de la part de plusieurs organisations non gouvernementales. Amnesty International accuse notamment l’entreprise de contribuer à des pratiques de surveillance de masse et d’atteintes aux libertés individuelles. Des enquêtes du New York Times et du site spécialisé Wired ont également révélé l’existence de projets confidentiels de fichage de citoyens américains et de migrants en situation irrégulière. Palantir a toujours démenti ces accusations.

💲La police fédérale de l’immigration américaine (ICE) a pourtant signé un contrat de 30 millions de dollars avec la société pour développer une plateforme de suivi des expulsions et des dépassements de visa. Selon Amnesty International, l’un des outils de Palantir "automatise un processus déjà très faillible et opaque, qui a des antécédents en matière de non-respect des procédures régulières et des droits humains".

✅ Source: FraceInfo, 17/12, "Quatre choses à savoir sur Palantir".

📑Dans une analyse publiée le 17 décembre sur The Conversation, la sociologue Arlene Stein, professeure émérite à l’unive...
22/12/2025

📑Dans une analyse publiée le 17 décembre sur The Conversation, la sociologue Arlene Stein, professeure émérite à l’université Rutgers, interroge le retour visible de pratiques autoritaires et de discours extrémistes aux États-Unis. À partir d’un travail de recherche sur la mémoire collective, elle examine une question qui divise profondément le pays : les États-Unis sont-ils en train de glisser vers le fascisme? (✅article complet en commentaire)

📚Un détour par l'histoire américaine

❌Pour de nombreux historiens, cette inquiétude vis-à-vis du fascisme serait infondée. S’appuyant sur la croyance en l’exception américaine (les États-Unis seraient une nation unique et moralement supérieure), beaucoup affirment que "cela ne peut pas arriver ici". Selon eux, les conditions sociales nécessaires à l’enracinement du fascisme n’existeraient pas aux États-Unis.

🙀Pourtant, l’histoire montre que les idées fascistes ont déjà exercé une influence significative dans le pays, notamment entre les deux guerres mondiales. À cette époque, des groupes extrémistes tels que les Chemises d’argent, le Front chrétien, la Légion noire ou encore le Ku Klux Klan revendiquaient des centaines de milliers de membres. Tous prônaient une nation blanche et chrétienne, excluant Juifs, Afro-Américains, immigrés et communistes.

👥Le "Bund germano-américain", pro-n**i, organisa un rassemblement de masse au Madison Square Garden, à New York, en février 1939, où le portrait de George Washington était affiché aux côtés de croix gammées. Le Bund disposait d’un vaste réseau de loges, de commerces, de camps d’été, de brasseries et de journaux à travers le pays. Il dénonçait le "melting-pot", encourageait les boycotts et les affrontements de rue contre les Juifs et les militants de gauche, et entretenait des liens avec le parti n**i allemand.

🤫Ces mouvements ont largement disparu de la mémoire collective américaine, y compris dans les régions où ils furent autrefois bien implantés. Spécialiste de la mémoire collective et de l’identité, Arlene Stein a cherché à comprendre ce phénomène à partir de centaines de témoignages oraux recueillis auprès de personnes ayant grandi dans le New Jersey, un État où le Bund était particulièrement actif.

❓Quelle mémoire du Bund?

💥Les témoins décrivaient généralement le Bund comme insignifiant, "anti-américain" et indigne d’être retenu dans les souvenirs. Pourtant, ses partisans n’étaient pas des figures marginales. Il s’agissait de citoyens ordinaires : mécaniciens, commerçants, paroissiens, petits entrepreneurs, parfois même d’élus locaux. Ils fréquentaient les restaurants du quartier, participaient aux associations de parents d’élèves et allaient à l’église. Ils étaient pleinement intégrés à la société américaine.

🗣️Des décennies plus t**d, les souvenirs restaient précis : les uniformes, les brassards à croix gammée, les défilés, les boycotts de commerces juifs, les bagarres lors des rassemblements. Mais ces faits étaient souvent minimisés. Les Américains d’origine allemande interrogés riaient fréquemment du soutien passé de leurs proches ou voisins au Bund. Même les personnes interrogées d’origine juive avaient tendance à considérer le mouvement comme marginal et passager.

➡️Selon Arlene Stein, ces réactions peuvent s’expliquer par des mécanismes bien connus des psychologues : les individus tendent à effacer ou minimiser les faits gênants ou douloureux qui menacent leur identité. Les mémoires collectives sont, elles aussi, sélectives. Elles sont façonnées par les besoins du présent et par les groupes auxquels elles appartiennent: la nation, la communauté, la famille.

👎Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Américains ont redéfini la principale menace comme étant le communisme. Le fascisme a été relégué au rang de mal étranger, tandis que les "rouges" devenaient l’ennemi intérieur. Ce récit simplifié permettait de présenter les États-Unis comme le rempart de la démocratie et d’évacuer l’histoire d’un fascisme local.

❓Une exception?

‍🏫À Southbury, dans le Connecticut, une plaque commémorative a été érigée en 2022 en hommage aux citoyens qui avaient empêché, en 1937, la construction d’un camp d’entraînement du Bund. "Southbury empêche la construction d’un camp d’entraînement n**i". Pour Arlene Stein, cet exemple montre comment des communautés peuvent choisir de se souvenir des moments où des citoyens ordinaires ont dit non.

🔻Affirmer que "cela ne peut pas arriver ici" revient, selon elle, à renoncer à la vigilance. Minimiser l’extrémisme en le qualifiant d’étrange ou d’étranger empêche de comprendre comment ces mouvements ont su s’approprier des valeurs américaines pour nourrir la haine, la violence et l’exclusion. Pour l'autrice, se souvenir de ces épisodes n’a pas pour objectif de s’enfermer dans la honte ni de qualifier tout désaccord politique de fascisme mais de dresser un portrait lucide des fragilités de la démocratie américaine.

👨‍🏫Séminaire😱Peut-on délibérer avec des partis liberticides ?❓Le Centre de droit public et social de l’ULB organisait un...
19/12/2025

👨‍🏫Séminaire
😱Peut-on délibérer avec des partis liberticides ?

❓Le Centre de droit public et social de l’ULB organisait un séminaire intitulé "Peut-on délibérer avec des partis liberticides ?". J’ai eu l’occasion, et le plaisir, d’échanger et de croiser les approches et perspectives avec Mathieu Dekleermaker (avocat et collaborateur scientifique au Centre de droit public et social de l’ULB) et Jérôme Sohier (avocat et maître de conférences au Centre de droit public et social de l’ULB).

👏Un tout grand merci pour cette invitation.
Je vous livre ci-dessous un résumé de mes réflexions sur le sujet.

1️⃣Quand nous sommes un·e journaliste?

📑Sur le plan juridique, le cordon sanitaire médiatique constitue un dispositif spécifique à la Belgique francophone. Initialement issu d’une pratique d’autorégulation de la RTBF, il est repris par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et regroupées dans deux règlements approuvés par le gouvernement de la Communauté française le 22 novembre 2011, acquérant ainsi une portée normative.

🔎Le cordon sanitaire médiatique vise à empêcher l’octroi d’un temps de parole en direct aux représentant·e·s de partis ou mouvements qui ne respectent pas les principes démocratiques, c'est-à-dire les législations contre le racisme, les discriminations et le négationnisme, ainsi que de la Convention européenne des droits de l’homme (cette dernière est ajoutée par certaines rédactions). Ce mécanisme n’interdit pas le traitement journalistique de l’extrême droite mais impose un encadrement, privilégiant la diffusion en différé et la contextualisation éditoriale. Il contribue à limiter la visibilité et la normalisation de formations non démocratiques tout en maintenant une distinction normative claire dans l’espace public.

📜D’un point de vue déontologique, le Conseil de déontologie journalistique a étendu la logique du cordon sanitaire à l’ensemble des médias via la clause de responsabilité sociale et démocratique. Tout en affirmant la liberté éditoriale comme principe fondamental, il confère aux rédactions la responsabilité d’évaluer les risques liés à la diffusion de certains discours. Lorsque des propos sont susceptibles de violer la loi ou d’atteindre la dignité humaine (article 26 et 28 du code de déontologie), la diffusion en différé apparaît comme une exigence de bonne pratique. Le cordon sanitaire est ainsi conçu comme un outil de prévention, de protection juridique et de garantie de la qualité de l’information, engageant la responsabilité des médias.

2️⃣Quand nous sommes une personnalité politique?

🔻Le cordon sanitaire politique est instauré depuis les années 1990 dans le sud du pays. Fondé sur un accord volontaire entre partis, il repose sur une Charte de la démocratie qui mentionne les valeurs défendues par les partis (démocratie, citoyenneté, tolérance, droits humains et lutte contre le racisme, les discrimination, le négationnisme) et un code de bonne conduite composé de 17 articles visant à éviter toute collaboration, banalisation ou légitimation de l’extrême droite. Le document est disponible en accès ouvert en commentaire de la publication dans un lien vers la R***e Politique.

✅Ce cordon sanitaire politique se distingue par le fait qu’il a été rédigé, adopté et signé par les partis eux-mêmes. Dans sa version la plus récente, datée du 8 mai 2022, il a été signé par le Parti socialiste, Les Engagés, DéFI, Ecolo et le Mouvement réformateur. Il engage les formations signataires à coordonner leurs pratiques afin d’éviter toute forme de concurrence ou de rupture unilatérale susceptible de bénéficier aux formations d’extrême droite. Le cordon sanitaire politique apparaît ainsi comme un instrument de régulation collective du champ politique fondé sur la responsabilité des acteurs eux-mêmes.

3️⃣Quand nous sommes citoyen·ne et participant·e du débat public?

🎤Enfin, l’approche de l'analyse rhétorique montre que les stratégies discursives de l’extrême droite reposent sur la désinformation, la saturation argumentative et la brutalisation du débat public. Des procédés tels que la "loi de brandolini" (l’énergie nécessaire pour réfuter une information fausse est très largement supérieure à celle requise pour la produire) ou le "mille-feuille argumentatif" exploitent l’asymétrie entre la production et la réfutation du faux, tandis que l’imposition de cadres thématiques spécifiques, colonisant nos imaginaires, et l’agressivité discursive déplacent et dégradent le débat démocratique.

💥Cette dynamique créé une impasse rhétorique. Soit l’adversaire reste dans le registre du débat argumenté, et il apparaît alors comme faible ou inefficace face à la violence verbale et à la transgression des normes discursives. Soit il adopte les mêmes codes de confrontation agressive, et c’est alors le débat lui-même qui s’effondre, privé de ses règles, de ses finalités et de ses fonctions. Dans les deux cas, l’issue est perdante, non seulement pour l’interlocuteur·rice mais aussi pour l’espace public dans son ensemble.

François Debras
Centre de droit public et social de l'ULB
ULB - Université libre de Bruxelles

Politique R***e de Débats

🗳️Cinquante et un ans après le coup d’État militaire du général Augusto Pinochet, le Chili a porté à sa tête un homme re...
16/12/2025

🗳️Cinquante et un ans après le coup d’État militaire du général Augusto Pinochet, le Chili a porté à sa tête un homme revendiquant sans ambiguïté son héritage politique. José Antonio Kast, candidat d’extrême droite, a remporté l’élection présidentielle avec 58 % des voix, en se présentant comme le garant de l’ordre face à l’immigration et à l’insécurité, dans un discours rappelant ceux de Donald Trump ou de Javier Milei.

🔻Sur ces deux thèmes centraux de sa campagne, Kast a repris les codes de l'extrême droite: fermeté sécuritaire, rejet de l’immigration, dénonciation de l’impuissance de l’État. Cette rhétorique, désormais banalisée dans de nombreuses démocraties, a trouvé un écho particulier dans un pays marqué par de profondes tensions sociales.

👎Mais pour comprendre cette victoire, il faut d’abord revenir à l’histoire politique chilienne. José Antonio Kast n’est pas seulement un conservateur, il est le premier président chilien à avoir voté, en 1988, en faveur de la prolongation du régime de Pinochet lors du référendum qui a mis fin à la dictature. Jusqu’ici, tous les chefs d’État chiliens, de droite comme de gauche, avaient soutenu le camp du "non", épisode fondateur de la transition démocratique. Et, en 2017, Kast déclarait que Pinochet, s’il avait été encore en vie, aurait voté pour lui...

❌Son élection marque donc une rupture politique et symbolique majeure.

💥Le Chili traverse depuis plusieurs années une période d’instabilité. La violente crise sociale de 2019 avait ouvert la voie à l’arrivée au pouvoir d’une coalition de gauche emmenée par l’ancien leader étudiant Gabriel Boric. Cette victoire, portée par un immense espoir de transformation, s’est progressivement enlisée.

🔧La tentative de réforme de la Constitution héritée de la dictature a échoué. Le projet, jugé trop long, trop complexe et trop idéologique, a été rejeté par référendum. Cet échec a durablement affaibli la gauche, incapable ensuite d’apporter des réponses crédibles aux préoccupations dominantes de la population.

⚒️Lors de l’élection, la candidate de la gauche unie, Jeannette Jara, issue du Parti communiste, est arrivée en tête au premier tour, mais sans réserves de voix suffisantes pour l’emporter. L’étiquette communiste reste un repoussoir puissant dans la société chilienne, limitant toute dynamique de second tour, malgré des tentatives de rapprochement avec le troisième candidat, Franco Parisi.

🎯Au contraire, José Antonio Kast a su capter un électorat inquiet. Il a promis le déploiement de l’armée aux frontières pour lutter contre l’immigration, des expulsions massives de sans-papiers ainsi qu’une politique pénale plus sévère, prenant pour modèle le Salvador du président Nayib Bukele (autodésigné le "dictateur le plus cool"). Désinhibé par les exemples trumpiste et libertarien sud-américain, il a assumé un discours sécuritaire sans concession. José Antonio Kast s’inscrit dans la lignée intellectuelle de Jaime Guzmán, idéologue du régime militaire, promoteur du concept de "démocratie protégée".

😱Ultra-conservateur, père de neuf enfants, opposé aux droits des femmes, Kast a volontairement relégué ces positions au second plan durant la campagne. Fils d’un immigrant allemand ayant appartenu au parti n**i, il s’est avant tout présenté comme l’homme de l’ordre et de la stabilité. C’est cette image, plus que son programme idéologique complet, qui lui a permis de convaincre une majorité d’électeurs.

⚡️L’élection de José Antonio Kast est ainsi à la fois un tremblement pour le Chili mais aussi un énième signal international d'un glissement vers l'extrême droite, vers l'autoritarisme.

❓️C'est quoi un contradicteur malveillant ? Comment l'identifier, le reconnaître... mais surtout que faire? Un conseil, ...
14/12/2025

❓️C'est quoi un contradicteur malveillant ? Comment l'identifier, le reconnaître... mais surtout que faire? Un conseil, ne jamais débattre avec lui. Si ce n'est pas vous qui perdez, c'est l'ensemble du débat en lui même qui s'écroule 🌋

🔥 NOUVEL ÉPISODE – G.RIP Démocratie 🔥“Modi a dit : éteignez la lumière”❓Et si une démocratie ne mourait pas dans le frac...
12/12/2025

🔥 NOUVEL ÉPISODE – G.RIP Démocratie 🔥
“Modi a dit : éteignez la lumière”

❓Et si une démocratie ne mourait pas dans le fracas… mais sombrait petit à petit dans le noir ? Dans ce 2ᵉ épisode, Solenn nous emmène en Inde, souvent présentée comme la plus grande démocratie du monde. Mais derrière les élections géantes et le pluralisme affiché, une autre histoire se joue.

🎯Attaques contre les journalistes, pressions sur les juges, lois identitaires, réécriture de l’histoire, surveillance, coupures d’Internet, redécoupage électoral stratégique…

➡️ Comment une démocratie peut-elle se vider de l’intérieur tout en gardant ses formes ?
➡️ Comment un pays peut-il décider, en silence, qui “compte”… et qui peut être mis de côté ?

🔥De l’idéologie hindutva aux camps de détention en Assam, en passant par le blackout total au Cachemire, cet épisode explore la transformation lente d’un régime qui continue pourtant de s’appeler démocratie… tout en redessinant les frontières de la citoyenneté.

🎙️ Un épisode à écouter absolument pour comprendre comment une démocratie peut s’assombrir sans jamais éteindre officiellement la lumière.

👉 A écouter et partager pour nous soutenir

48FM - 100.1 KULT - 48FM
Université de Liège
ULiège - Faculté de Droit, de Science politique et de Criminologie
HELMO - Haute Ecole Libre Mosane

François Debras
Houard

Dans les films, la mort d’une démocratie est toujours brutale : un coup d’État, des tanks dans les rues, des militaires en uniforme… Tout s’effondre en un éc...

😱Curtis Yarvin s’impose comme le penseur central d’un courant qui se revendique "néoréactionnaire". Sa thèse prinicpale?...
11/12/2025

😱Curtis Yarvin s’impose comme le penseur central d’un courant qui se revendique "néoréactionnaire". Sa thèse prinicpale? Abandonner l’idéal démocratique et transformer l’État en une entreprise souveraine dirigée par un "PDG-Roi" doté de pouvoirs absolus.

🌐La naissance sur Internet

💻Le mouvement néoréactionnaire apparaît dans les années 2000, entre blogs et forums, au travers des écrits de deux pesonnalités qui deviennent très vite centrales, Curtis Yarvin et Nick Land.

💥En 2007, Curtis Yarvin, sous le pseudo "Mencius Moldbug", lance son blog "Unqualified Reservations". Très vite, il rédige un manifeste et se présente comme un libertarien convaincu mais déçu. Pour lui, les libertariens, qui souhaite la fin de l'Etat au profit d'un libéralisme sans limite, ne devraient pas se présenter comme l'"apogée de la démocratie". Au contraire, la démocratie serait "inefficace", "destructrice" et "absurde".

📝Le terme "néoréactionnaire" s’impose à partir de 2010. Curtis Yarvin rencontre Nick Land, un ancien philosophe de l’Université de Warwick défendant un positionnement "accélérationniste" (pour en savoir plus, écoutez notre podcast sur le sujet en commentaire✅), favorable à un capitalisme ne connaissant aucune limite. À partir de 2012, Nick Land consacre à Curtis Yarvin une série d’articles intitulée "The Dark Enlightenment", lui permettant d'obtenir une véritable notorité en ligne.

📣La théorie politique "néoréactionnaire"

🧠La pensée de Cutis Yarvin est centrée sur une idée simple : un système politique vaut par sa capacité à prévenir la violence, soit l'apparition de conflit dont l'issue est toujours incertaine. De la sorte, la politique, c'est une lutte entre l'ordre et le chaos et est "bon" ce qui maintient l'"ordre". Les questions sociales, environnementales, sanitaires... Toutes lui sont secondaires. Et ce qu'il nomme le "formalisme", c'est la politique pensée comme une ingénierie de l'ordre, débarassée de toute ambition normative, valorielle.

👎En ce sens, selon Curtis Yarvin, l'Etat américain serait une entreprise mal gérée, déréglée ou paralysée par une "mystique démocratique", engluée dans des questions de justice socale. Personne ne serait réellement au commande, personne n'aurait de véritable but.

🔥Afin de régler ce problème, Curtis Yarvin proposer de mettre fin à la démocratie pour proposer un nouveau mode de gouvernement fondé sur le modèle d'une entreprise dont la direction serait confiée à un PDG. Son objectif serait unique et simple, l'efficacité! En ce sens, il se déclare comme "royaliste" ou "restaurationniste" en affirmant que le PDG de son gouvernement-entreprise ne serait rien d'autre qu'un Roi.

👑A ces yeux, la monarchie serait d'ailleurs bien plus stable que la démocratie. Et les cités-États comme Dubaï ou Singapour seraient, selon lui, des prototypes des futurs États-entreprises ou "néocaméralistes" (en référence au caméralisme de Frédéric II de Prusse qui instaure une théorie mercantiliste, adossée à la monarchie, visant à accroître la prospérité économique de l’État).

💬L'influence de Curtis Yarvin

👨🧑👨🧑Curtis Yarvin est proche de certaines figures clés de la sphère trumpiste comme Peter Thiel, Marc Andreessen, J. D. Vance, Michael Anton ou encore Elon Musk, dont il aurait soutenu l’ascension politique. S’il est trop tôt pour évaluer précisément l’impact de la mouvance "néoréactionnaire" sur la politique américaine, ses idées fournissent une grille de lecture utile pour comprendre certains discours et orientations de l'administration trumpienne...

🧰Formation - Discours Alternatifs 👨‍🏫La semaine passée, j’ai eu la chance d’animer un atelier intitulé « Discours, contr...
10/12/2025

🧰Formation - Discours Alternatifs

👨‍🏫La semaine passée, j’ai eu la chance d’animer un atelier intitulé « Discours, contre-discours et discours alternatifs » pour le Centre Louise Michel, le Centre liégeois de Promotion de la Santé, avec le soutien du Centre d’Action Laïque de Liège, de l’Agence pour une Vie de Qualité, de la Province de Liège et de la Fédération Wallonne de Promotion de la Santé.

💬Dans un premier temps, nous avons exploré comment construire un discours, ce qui en constitue la force, et comment identifier les valeurs et les quêtes les plus pertinentes selon les publics concernés. Nous avons également étudié les manières de réagir lorsqu’on est confronté à certains discours en analysant le rôle des contre-discours, indispensables mais parfois insuffisants, ainsi que l’importance des discours alternatifs, leurs atouts et la manière de les articuler pour qu’ils soient réellement porteurs.

👩🧙‍♂️La deuxième partie de la matinée s’est organisée autour de tables de réflexion où les participant·e·s ont partagé leurs expériences, revisité les contre-discours qu’elles et ils avaient déjà mobilisés et réfléchi ensemble à la construction de discours alternatifs face aux discours de haine.

❤️Ce fut un super atelier et une magnifique journée, une occasion précieuse de croiser théorie et pratique, apprentissages et mise en action. Merci à toutes et à tous. Nous continuons sans cesse d’apprendre et de nous nourrir des expériences des autres.

François Debras

❓C’est quoi un incel ?📝Publication basée sur les recherches d'Emilia Lounela (Université de Helsinki, Finlande) - Articl...
09/12/2025

❓C’est quoi un incel ?
📝Publication basée sur les recherches d'Emilia Lounela (Université de Helsinki, Finlande) - Article complet en commentaire

🔎À l’origine, le terme incel, pour "involuntary celibate", désigne une personne, souvent un jeune homme, qui se vit comme incapable d’avoir une relation sexuelle ou amoureuse malgré son désir d’en avoir. Mais aujourd’hui, le mot renvoie surtout à des communautés en ligne caractérisées par des discours sur la solitude masculine, le sentiment d’inadéquation sociale… et parfois une forte hostilité envers les femmes.

📖Les travaux d’Emilia Lounela, basés sur des entretiens avec des hommes s’identifiant comme incels, montrent plusieurs dimensions clés :

1️⃣Une expérience profonde de solitude et une vision pessimiste des relations femmes-hommes

👤Les interviewés racontent un sentiment intense d’isolement, nourri par l’impression de ne pas "être à la hauteur" des normes de masculinité dominantes : beauté, confiance, aisance sociale, performance sexuelle. Ils se définissent par ce qu’ils pensent ne pas être et se comparent aux hommes idéalisés des communautés, les "Chads", vus comme naturellement assurés, séduisants et socialement valorisés. Cette comparaison constante alimente un discours fataliste où la réussite romantique devient un privilège réservé aux "autres".

2️⃣Une idéologie explicative : la "blackpill"

💊Dans de nombreux espaces incels circule la blackpill, une vision déterministe selon laquelle l’apparence physique, la valeur sociale et le succès amoureux seraient fixés dès la naissance. Ce cadre de pensée fournit une explication simple à leurs difficultés : ce n’est pas un manque d’expérience, de compétences relationnelles ou de confiance, c’est une fatalité biologique. Cette idéologie soulage parfois leur culpabilité mais elle renforce un pessimisme radical, freine toute évolution personnelle et peut nourrir frustration, ressentiment ou désespoir.

3️⃣Des communautés en ligne où la misogynie peut devenir centrale

🤬Une partie importante des discussions accuse directement les femmes, la libération sexuelle ou le féminisme d’être responsables du "déclin" de la valeur des hommes jugés ordinaires. Dans ces espaces, les femmes sont parfois décrites comme manipulatrices, intéressées ou cruelles. Ce climat peut normaliser des propos violents, encourager la déshumanisation et parfois glorifier des actes misogynes commis par certains individus se revendiquant incel.

❗️Cependant, Emilia Lounela insiste, tous les hommes qui s’identifient comme incels ne partagent pas ces croyances extrêmes.

4️⃣Un phénomène beaucoup plus hétérogène qu’on ne le croit

💔Les incels ne constituent pas un groupe homogène. Certains cherchent simplement un espace pour parler de leur solitude, d’autres adoptent des discours fatalistes ou hostiles et beaucoup oscillent entre engagement et distanciation. L’identité incel est donc instable, fluctuante, davantage liée à une étape de vie ou à un état psychologique qu’à une appartenance durable.

5️⃣Une étiquette qui dépasse largement l’absence de sexualité

👨Pour beaucoup d’hommes interviewés, "être incel" ne décrit pas uniquement un manque de relations sexuelles : c’est une identité construite autour d’un vécu de marginalisation, d’échec perçu dans leur parcours de masculinité ou d’absence de reconnaissance affective. Le terme devient un cadre narratif pour organiser leur histoire personnelle autour du rejet, qu’il soit réel ou ressenti.

🏋️‍♂️Comprendre le phénomène incel implique aussi de reconnaître son inscription plus large dans l’idéologie masculiniste et les discours antiféministes. Des communautés incels reprennent et amplifient plusieurs thèmes caractéristiques du masculinisme : l’idée que les hommes seraient collectivement "victimes" des transformations sociales, la conviction que les femmes bénéficient désormais de privilèges excessifs ou encore la dénonciation du féminisme comme un mouvement "oppressif". La rhétorique incel peut ainsi s’inscrit dans un écosystème plus vaste de pensées antiféministes qui circulent en ligne, nourri par des figures médiatiques, des influenceurs et des sous-cultures cherchant à réaffirmer une masculinité perçue comme menacée.

⏩️L'étiquette incel condense donc à la fois souffrance individuelle, normes de genre rigides auxquelles ils se sentent incapables de répondre, recherche d’explications à des difficultés et parfois dérive vers des idéologies extrémistes. En effet, lorsque l'identité incel s’exprime dans des espaces clos où se renforcent victimisation et ressentiment, elle peut être capté et récupérée par des discours ou mouvements antiféministes structurés et devenir un vecteur de radicalisation.

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