25/05/2026
Sénégal : Ahmadou Al Aminou Lo nommé Premier ministre dans un climat politique sous haute tension
Le Sénégal entre dans une nouvelle phase politique marquée par une recomposition rapide du pouvoir au sommet de l’État. Trois jours après le limogeage d’Ousmane Sonko, le président Bassirou Diomaye Faye a nommé, ce lundi 25 mai 2026, l’économiste
Ahmadou Al Aminou Lo au poste de Premier ministre.
Cette nomination intervient dans un contexte de fortes tensions au sein du pouvoir sénégalais, après plusieurs mois de divergences stratégiques entre Bassirou Diomaye Faye et son désormais ex-allié politique Ousmane Sonko. Les désaccords portaient notamment sur la gestion économique du pays, les relations avec le FMI, la restructuration de la dette et le rythme des réformes promises depuis l’arrivée du régime PASTEF au pouvoir.
Ancien responsable de la BCEAO et figure technocratique reconnue dans les milieux économiques et financiers, Ahmadou Al Aminou Lo apparaît comme un profil capable de rassurer les partenaires internationaux et les institutions financières dans une période particulièrement délicate pour l’économie sénégalaise. Avant cette nomination, il occupait déjà des fonctions stratégiques auprès de la présidence dans le suivi de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ».
Mais derrière cette transition institutionnelle se joue surtout une bataille politique majeure autour du contrôle du pouvoir et de l’avenir du mouvement PASTEF. Selon plusieurs médias sénégalais, Ousmane Sonko préparerait activement son retour à l’Assemblée nationale, avec en ligne de mire une possible candidature à la présidence de l’institution parlementaire. Une perspective qui alimente déjà les débats sur un éventuel duel politique à distance entre la présidence et le leader historique du PASTEF.
Dans les rues comme dans les cercles politiques, l’atmosphère reste particulièrement tendue. Si certains saluent une volonté du président Diomaye Faye de reprendre le contrôle de l’exécutif et d’imposer une gouvernance plus technocratique, d’autres y voient le début d’une fracture politique profonde au sein même de la coalition arrivée au pouvoir en 2024.
Le Sénégal, longtemps présenté comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, se retrouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire politique récente. Entre ambitions présidentielles, rivalités internes et défis économiques majeurs, les prochains mois seront déterminants pour l’équilibre institutionnel du pays.
Au-delà des calculs politiques et des repositionnements stratégiques, une question demeure au cœur des attentes populaires : celle de la capacité des dirigeants sénégalais à préserver l’unité nationale et à répondre aux aspirations sociales, économiques et démocratiques du peuple.
Vivement que l’intérêt supérieur du peuple sénégalais l’emporte sur les luttes de pouvoir.