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Faso Archives Portraits, récits et archives des grandes figures qui ont façonné le Burkina Faso et l’Afrique.

[POLITIQUE] Qui est Moussa KARGOUGOU dont le lycée provincial de Kaya porte le nom ? Il y a des destins qui commencent d...
19/08/2026

[POLITIQUE] Qui est Moussa KARGOUGOU dont le lycée provincial de Kaya porte le nom ?

Il y a des destins qui commencent dans les palais. Celui de Moussa Kargougou commence dans les rues de Kaya, entre les bancs d’une petite école et les brochettes qu’un jeune garçon vendait pendant ses temps libres.

Moussa Kargougou est l’une des figures qui ont marqué les premières années de la vie politique et administrative de la Haute-Volta. Son parcours est celui d’un homme parti d’un milieu modeste pour accéder progressivement aux plus hautes responsabilités de l’État. Enseignant, inspecteur de l’enseignement, homme politique, ministre, député et premier maire élu de Kaya, il aura consacré une grande partie de sa vie à l’éducation, à la défense des populations vulnérables et à la construction de la nation voltaïque.

Né le 15 octobre 1926 à Kaya, dans une famille paysanne, musulmane et polygame de sept enfants, Moussa Kargougou perd son père à l’âge de six ans. En 1934, il est inscrit à l’école régionale de Kaya. Parallèlement à ses études, il travaille les jeudis, les dimanches et pendant les vacances en vendant des brochettes. Cette activité lui vaut le surnom affectueux de « petit boucher », un sobriquet qui restera attaché à sa mémoire. Derrière ce jeune garçon qui travaille pour poursuivre sa scolarité se révèle rapidement un élève d’une grande intelligence.

Après avoir obtenu son Certificat d’études primaires, il est admis au Cours de sélection de Bobo-Dioulasso, puis poursuit ses études à l’École primaire supérieure Treich-Laplène de Bingerville, en Côte d’Ivoire. Ses excellents résultats lui permettent ensuite d’intégrer la prestigieuse École normale William-Ponty de Sébikhotane, au Sénégal, où il compte notamment parmi ses enseignants son compatriote Daniel Ouezzin Coulibaly. En juillet 1947, il achève sa formation en se classant sixième de sa promotion à l’échelle de l’Afrique occidentale française et premier de la colonie ivoirienne dans la section enseignement. À l’issue de sa formation, il fait le choix de rentrer en Haute-Volta pour mettre ses compétences au service de son pays.

Il commence alors une carrière d’instituteur dans plusieurs écoles du territoire. Pour Moussa Kargougou, l’éducation ne se limite pas à la transmission des connaissances : elle doit contribuer à transformer la société. Il s’intéresse notamment à la lutte contre l’analphabétisme à travers des programmes d’enseignement de masse abrégé, à l’émigration des jeunes Voltaïques vers les pays côtiers ainsi qu’à la condition des femmes. En 1965, il réussit le concours d’inspectorat et poursuit sa formation à l’École supérieure de Saint-Cloud, en France. Il revient ensuite en Haute-Volta comme inspecteur de l’enseignement du premier degré. Son travail est reconnu par sa hiérarchie, puisqu’il reçoit notamment la note de 18/20, accompagnée des félicitations et encouragements de l’inspecteur Grillon, responsable de la Direction de l’Enseignement à Bobo-Dioulasso. Orateur reconnu, il est également lauréat, en mai 1956, d’un concours d’éloquence récompensant les meilleurs orateurs de l’Afrique occidentale française.

Son passage de l’éducation à la politique s’inscrit dans cette même volonté d’agir sur la société. Moussa Kargougou fait ses premiers pas en politique à travers le Dorangisme, mouvement lié au Rassemblement du peuple français (RPF) animé par le capitaine Michel Dorange. Il s’impose progressivement dans la vie publique et entre au gouvernement de la Haute-Volta en février 1958. Par l’arrêté n°43/CAB du 6 février 1958, il est nommé ministre des Travaux publics, de l’Urbanisme et des Transports, en remplacement de Bakary Traoré. Il exerce cette fonction jusqu’au 24 octobre 1958. Selon des témoignages recueillis auprès de sa famille, il était alors le plus jeune ministre du gouvernement Ouezzin.

Cette première responsabilité ministérielle ouvre une longue carrière au service de l’État. Moussa Kargougou occupe par la suite plusieurs fonctions importantes, notamment celles de vice-président du Conseil de gouvernement et ministre de l’Intérieur, ainsi que de ministre de la Justice, ministre de l'éducation nationale et ministre des des Affaires étrangères. Il est également député à l’Assemblée nationale et devient le premier maire élu de Kaya, sa ville natale. À travers ces différentes responsabilités, il participe aux premières étapes de la construction institutionnelle de la Haute-Volta et s’impose comme l’un des acteurs de la vie publique de son époque.

Mais au-delà des titres et des fonctions, l'homme reste profondément attaché au monde rural et aux populations les plus vulnérables. Homme politique de terrain, il accorde une attention particulière aux paysans, aux femmes et aux personnes sans voix. Candidat indépendant en 1970 et en 1978, il bénéficie de la confiance des électeurs de sa région et est élu à l’Assemblée nationale. En 1978, sous la bannière de l’Union nationale des Indépendants, il choisit pour slogan « Le paysan au travail », une formule qui résume une partie de sa vision politique et de son attachement au développement du monde rural. Son parcours est également marqué par une volonté constante de combattre l’injustice et de défendre ceux dont la voix était souvent la moins audible.

Moussa Kargougou traverse ainsi plusieurs périodes de l’histoire politique de la Haute-Volta. Malgré les changements de contexte et les évolutions de la vie politique, ses proches retiennent de lui un homme constant dans ses convictions et dans ses engagements. Son parcours illustre celui d’une génération de Voltaïques qui, après avoir été formée dans les institutions scolaires de l’époque coloniale, a choisi de mettre son savoir et son expérience au service de la construction du pays.

Il s’éteint le 17 août 1997, à l’âge de 71 ans. À Kaya, sa ville natale, sa mémoire demeure notamment à travers le Lycée provincial Moussa Kargougou, qui porte aujourd’hui son nom. Son parcours a également été retracé dans un ouvrage par Dr Poussy Sawadogo, intitulé "Moussa Kargougou, « le petit boucher de Kaya », une vie consacrée à la nation voltaïque et burkinabè."

L’histoire de Moussa Kargougou est finalement celle d’un enfant de Kaya que l’école a conduit jusqu’aux responsabilités nationales. Le « petit boucher » qui vendait des brochettes est devenu instituteur, inspecteur, ministre, député et premier maire élu de sa ville. Une trajectoire qui rappelle qu’avant d’être un homme d’État, Moussa Kargougou fut d’abord un homme façonné par le travail, l’éducation et la volonté de servir les siens.

NB : Moussa KARGOUGOU est le père de l'actuel ministre de la santé, le camarade Robert Lucien Jean-Claude KARGOUGOU.

📷Photo améliorée par IA

✍️ Abdoul Abasse KAPIOKO




[RELIGION] Qui est Cardinal Paul ZOUNGRANA ?Le Cardinal Paul Zoungrana demeure l’une des figures les plus importantes de...
12/08/2026

[RELIGION] Qui est Cardinal Paul ZOUNGRANA ?

Le Cardinal Paul Zoungrana demeure l’une des figures les plus importantes de l’histoire religieuse du Burkina Faso et de l’Église catholique en Afrique. Deuxième évêque africain de l’archidiocèse de Ouagadougou, premier cardinal du Burkina Faso et l’un des pionniers de la structuration de l’Église catholique africaine, il a consacré près de six décennies de sa vie au service de l’Église, de son pays et de l’Afrique.

Des premiers pas à la prêtrise

Paul Zoungrana naît le 3 septembre 1917 à Ouagadougou, alors en Haute-Volta, dans une famille chrétienne. Son père était lui-même engagé au service de la mission.

Il effectue ses premières études auprès des religieuses avant de poursuivre sa formation dans les séminaires de Pabré et de Koumi. Le 2 mai 1942, il est ordonné prêtre. Il fait alors partie des trois premiers prêtres originaires de la Haute-Volta.

Pendant plusieurs années, il exerce son ministère pastoral à Ouagadougou avant de rejoindre, en 1948, la Société des Missionnaires d’Afrique, communément appelés les Pères blancs.

Cette nouvelle étape l’amène à poursuivre de brillantes études. À Rome, à l’Université pontificale grégorienne, il obtient un doctorat en droit canonique, avec une thèse consacrée au mariage chez les Mossi : « La liberté du consentement matrimonial chez les Mossi ». Il complète ensuite sa formation à l’Institut catholique de Paris, notamment dans le domaine des sciences sociales.

De retour en Haute-Volta en 1954, il enseigne au séminaire de Koumi avant de prendre, en 1959, la direction d’un service d’informations sociales à Bobo-Dioulasso.

Le premier archevêque africain de Ouagadougou

En avril 1960, le pape Jean XXIII le nomme archevêque de Ouagadougou. Le 8 mai 1960, il reçoit personnellement la consécration épiscopale des mains du pape dans la basilique Saint-Pierre, à Rome.

Il devient ainsi le premier évêque africain à diriger l’archidiocèse de Ouagadougou, à seulement 42 ans. Sa nomination intervient à la veille de l’indépendance de la Haute-Volta, dans un contexte où les Églises africaines commencent progressivement à prendre en main leur propre destin.

Durant son long épiscopat, Paul Zoungrana accompagne la croissance de l’Église catholique burkinabè et participe activement à son enracinement dans les réalités culturelles et sociales africaines.

Une voix africaine au Concile Vatican II

De 1962 à 1965, le jeune archevêque prend part aux travaux du Concile Vatican II. Il s’y affirme comme l’une des voix importantes de l’épiscopat africain et défend notamment la nécessité pour l’Église en Afrique de prendre en compte ses propres réalités culturelles, sociales et pastorales.

Son engagement dépasse rapidement les frontières du Burkina Faso. Il devient un interlocuteur majeur dans les débats sur l’avenir de l’Église en Afrique, notamment sur l’inculturation, la famille, la liturgie et la place des réalités africaines dans la vie de l’Église universelle. L’Osservatore Romano souligne encore en 2026 son rôle dans la maturation d’une approche communautaire de l’Église africaine durant Vatican II.

Premier cardinal du Burkina Faso

Le 22 février 1965, le pape Paul VI le crée cardinal, au titre de cardinal-prêtre de San Camillo de Lellis.

À 47 ans, Paul Zoungrana devient alors le premier cardinal burkinabè et le premier cardinal originaire de l’Afrique de l’Ouest. Il est également, à cette époque, le deuxième cardinal noir de l’histoire de l’Église catholique, après le cardinal Laurean Rugambwa de Tanzanie, créé cardinal en 1960. Il fut alors le plus jeune membre du Sacré-Collège.

Cette nomination donne au Burkina Faso une place particulière dans l’Église universelle et fait de Paul Zoungrana une figure de premier plan de l’épiscopat africain.

L’un des pères fondateurs du SCEAM

Paul Zoungrana joue également un rôle déterminant dans la structuration de l’Église catholique à l’échelle continentale.

À partir de l’expérience de Vatican II, il contribue à faire émerger l’idée d’une rencontre réunissant les évêques africains. Cette initiative aboutit à la création du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) à Kampala, en Ouganda, en juillet 1969, à l’occasion de la visite du pape Paul VI.

Le SCEAM reconnaît aujourd’hui Paul Zoungrana comme mentor et premier président de l’organisation. Il en préside les destinées pendant plusieurs années, notamment de 1970 à 1979, puis de 1981 à 1984.

Son rôle dans cette institution témoigne de son ambition de voir l’Église africaine parler d’une voix davantage coordonnée et répondre aux réalités propres au continent.

Le défenseur de l’« Église-Famille »

La question de la famille africaine occupe une place centrale dans la pensée et le ministère du cardinal Zoungrana. Sa thèse de doctorat sur le mariage chez les Mossi annonçait déjà cet intérêt pour les structures familiales africaines.

Au fil des années, il développe une réflexion sur l’Église comme « Famille de Dieu », une conception qui met l’accent sur la communion, la fraternité, la solidarité et la responsabilité collective.

Il compte parmi les grandes voix africaines du Synode des évêques consacré à la famille en 1980. Ses réflexions sur l’Église-Famille nourrissent ensuite la pensée théologique africaine et s’inscrivent dans le mouvement qui conduira le Synode spécial pour l’Afrique de 1994 à faire de l’« Église-Famille de Dieu » une idée-force de l’Église africaine.

Cette vision trouvera une expression majeure dans l’exhortation apostolique Ecclesia in Africa publiée en 1995.

Un pasteur au service de son peuple

Au Burkina Faso, Paul Zoungrana ne fut pas seulement une personnalité religieuse. Il fut également un acteur majeur du développement de l’Église et de la société.

Il s’intéressa notamment à l’éducation, à la formation des prêtres et des laïcs, à la promotion humaine et aux conditions de vie des populations les plus vulnérables.

Lors de la visite du pape Jean-Paul II au Burkina Faso en 1980, celui-ci salua personnellement le cardinal Zoungrana comme l’un des trois premiers prêtres du pays et comme le « grand et fidèle pasteur » de l’archidiocèse de Ouagadougou. Dix ans plus t**d, lors de sa nouvelle visite en 1990, Jean-Paul II rendit encore hommage à sa contribution à l’Église du Burkina Faso et à l’Église universelle.

La fin d’un long ministère

Après 35 années à la tête de l’archidiocèse de Ouagadougou, Paul Zoungrana quitte sa charge d’archevêque en juin 1995, à l’âge de 77 ans. Il devient alors archevêque émérite de Ouagadougou.

Cinq ans plus t**d, le 4 juin 2000, le cardinal Paul Zoungrana s’éteint à Ouagadougou, à l’âge de 82 ans.

Ses funérailles solennelles sont célébrées le 10 juin 2000 à la cathédrale de l’Immaculée-Conception de Ouagadougou. Au nom du pape Jean-Paul II, le cardinal Jozef Tomko lui rend hommage en saluant la mémoire d’un « fils d’Afrique et fils de l’Église » dont le ministère avait profondément marqué l’Église du Burkina Faso et du continent.

Un héritage qui dépasse les frontières

Plus qu’un prélat, Paul Zoungrana fut un bâtisseur. Il a accompagné l’émancipation de l’Église africaine, participé à son organisation continentale et défendu son enracinement dans les réalités culturelles africaines.

Son parcours est celui d’un homme qui a su évoluer entre Ouagadougou, Rome, Paris et les grandes instances de l’Église universelle sans jamais perdre son ancrage africain.

De son doctorat en droit canonique à son accession au cardinalat, de Vatican II à la création du SCEAM, de sa réflexion sur la famille africaine à son long ministère pastoral, Paul Zoungrana aura marqué plusieurs générations.

Le Cardinal Paul Zoungrana reste ainsi l’une des grandes figures religieuses de l’histoire du Burkina Faso et l’une des voix qui ont contribué à donner à l’Église africaine une conscience, une parole et une identité propres.

« In Christo et in Ecclesia » — En Christ et dans l’Église.

Son héritage demeure.

✍️Abdoul Abasse KAPIOKO



[CULTURE] El Hadj Toumani TRIANDÉ (1928–2001). Un pionnier de la culture, du tourisme et du dialogue communautaire au Bu...
01/08/2026

[CULTURE] El Hadj Toumani TRIANDÉ (1928–2001). Un pionnier de la culture, du tourisme et du dialogue communautaire au Burkina Faso

Né en 1928, El Hadj Toumani TRIANDÉ est une figure marquante de l'administration publique et du patrimoine culturel burkinabè.

En 1963, il devient le premier Directeur général du Musée national de la Haute-Volta, contribuant à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel du pays. En 1982, il est nommé ministre de l'Environnement et du Tourisme sous le régime du Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN) dirigé par le colonel Saye Zerbo, où il œuvre à la promotion des richesses naturelles et touristiques nationales.

Au-delà de ses fonctions administratives, El Hadj Toumani TRIANDÉ s'illustre également comme une personnalité religieuse de premier plan. Dans les années 1980, il préside la Communauté musulmane du Burkina Faso, participant au renforcement du dialogue et de la cohésion au sein de la communauté.

Il s'est éteint le 30 septembre 2001, laissant le souvenir d'un homme de culture, de conviction et de service public.

En hommage à son parcours, une rue située à Zogona, longeant le siège de la Croix-Rouge burkinabè, porte aujourd'hui le nom d'El Hadj Toumani TRIANDÉ, perpétuant ainsi la mémoire de l'un des bâtisseurs des institutions culturelles du Burkina Faso.

✍️ Abdoul Abasse KAPIOKO



[DROIT] Qui est Filiga Michel SAWADOGO?Le Pr Filiga Michel SAWADOGO est une référence majeure du droit au Burkina Faso e...
29/07/2026

[DROIT] Qui est Filiga Michel SAWADOGO?

Le Pr Filiga Michel SAWADOGO est une référence majeure du droit au Burkina Faso et en Afrique francophone. Premier Burkinabè à être reçu au concours d'agrégation en droit privé, il a consacré sa vie à l'enseignement supérieur, à la recherche, à la justice et au service de l'État. Son parcours exceptionnel fait de lui l'un des juristes les plus influents de sa génération.

Né le 1er janvier 1954 à Ritimninga, dans la commune rurale de Tikaré (province du Bam), il effectue ses études primaires et secondaires à Ouahigouya et à Ouagadougou avant de poursuivre sa formation en France, notamment aux universités de Reims et de Paris I Panthéon-Sorbonne. En 1981, il soutient une thèse de doctorat d'État en droit privé intitulée « Le régime juridique de la société d'État en Haute-Volta ». Il est ensuite inscrit sur les listes d'aptitude du CAMES, devenant successivement maître-assistant, maître de conférences, puis professeur titulaire.

Durant 38 années de carrière dans la fonction publique, il occupe plusieurs fonctions universitaires de premier plan. Il est notamment directeur des études, directeur de l'École supérieure de droit, doyen de la Faculté de droit et des sciences politiques, chef du département du troisième cycle, puis recteur de l'Université de Ouagadougou de 1995 à 2000. Admis à la retraite en 2019, il laisse derrière lui une œuvre académique remarquable qui continue d'inspirer plusieurs générations de juristes.

Au-delà du monde universitaire, le Pr Filiga Michel SAWADOGO met son expertise au service des institutions nationales. Il est membre du Conseil constitutionnel de 2002 à 2008, conseiller à l'ARCEP, puis Directeur général des Impôts de 2010 à 2012, où il contribue à la modernisation de l'administration fiscale burkinabè.

À la faveur de la Transition consécutive à l'insurrection populaire d'octobre 2014, il est nommé ministre des Enseignements secondaire et supérieur dans le gouvernement de transition de Michel Kafando (2014-2015). Il y œuvre à assurer la continuité du système éducatif dans un contexte politique particulier.

Spécialiste reconnu du droit des affaires, du droit fiscal et du droit OHADA, le Pr Sawadogo est l'auteur de nombreux ouvrages et publications scientifiques qui font aujourd'hui autorité. Son expertise l'a conduit à intervenir comme arbitre auprès de la Chambre de commerce internationale de Paris, du Centre d'arbitrage, de médiation et de conciliation de Ouagadougou (CAMC-O), ainsi que dans plusieurs institutions régionales africaines.

Son parcours lui a valu de nombreuses distinctions nationales et internationales, parmi lesquelles les grades de Chevalier puis Officier de l'Ordre national du Burkina Faso, les Palmes académiques, ainsi que plusieurs distinctions honorifiques françaises et africaines. En 2023, l'Université Thomas Sankara lui rend un hommage solennel pour l'ensemble de sa carrière, saluant un enseignant-chercheur d'exception et un serviteur de l'État.

Par son excellence académique, son engagement au service des institutions et sa contribution au développement du droit au Burkina Faso et dans l'espace OHADA, le Pr Filiga Michel SAWADOGO demeure l'une des plus grandes figures de l'enseignement supérieur et de la science juridique burkinabè.

Depuis 2021, le Pr Filiga Michel SAWADOGO représente le Burkina Faso au sein de la Commission de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en qualité de Commissaire. Il y dirige le Département du Marché régional et de la Coopération (DMRC), où il pilote les politiques communautaires liées à l'intégration économique, au commerce régional, à la concurrence et à la coopération avec les partenaires de l'Union. À ce titre, il figure parmi les huit Commissaires qui composent l'organe exécutif de l'UEMOA.



Babou Paulin BAMOUNI : l’intellectuel au service de la Révolution burkinabèLorsqu’on évoque les grandes figures de la Ré...
29/07/2026

Babou Paulin BAMOUNI : l’intellectuel au service de la Révolution burkinabè

Lorsqu’on évoque les grandes figures de la Révolution burkinabè, le nom de Thomas Sankara vient naturellement à l’esprit. Pourtant, derrière les grands discours, les idées et la stratégie de communication de cette période se trouvait un homme discret, mais d’une immense intelligence : Babou Paulin Bamouni.

Né le 10 avril 1950 à Bessiel, dans la commune de Réo (province du Sanguié), Babou Paulin Bamouni grandit dans une famille attachée aux valeurs du travail, de l’éducation et du respect. Très tôt, il développe une passion pour la lecture et les études. Ceux qui l’ont connu le décrivent comme un jeune homme calme, réfléchi et toujours avide d’apprendre.

Après ses études primaires à Réo, il poursuit son parcours scolaire avec sérieux. Son amour pour la connaissance le conduit d’abord vers l’enseignement. Pendant quelques années, il exerce comme instituteur en Côte d’Ivoire. Cette expérience renforce sa conviction que l’éducation est l’un des piliers du développement d’une nation.

Mais Babou Paulin Bamouni nourrit des ambitions plus grandes. Désireux d’approfondir ses connaissances, il part en France où il entreprend des études supérieures en sciences de l’information et de la communication. Son travail universitaire lui permet d’obtenir un doctorat de troisième cycle, une distinction rare pour un Burkinabè de cette époque.

En 1982, malgré les opportunités qui s’offrent à lui à l’étranger, il choisit de rentrer au pays. Son objectif est clair : mettre son savoir au service de la Haute-Volta, qui devient le Burkina Faso en 1984.

L’année suivante, la Révolution du 4 août 1983 porte le capitaine Thomas Sankara au pouvoir. Grâce à ses compétences exceptionnelles en communication, Babou Paulin Bamouni rejoint rapidement l’équipe dirigeante. Il devient Directeur général de la presse écrite, puis Directeur de la presse présidentielle et conseiller en communication du chef de l’État.

Son rôle dépasse largement les fonctions administratives. Il participe à la préparation de nombreux discours présidentiels, contribue à définir la stratégie de communication du Conseil national de la Révolution et œuvre à faire connaître les idéaux révolutionnaires aussi bien au Burkina Faso qu’à l’étranger.

Babou Paulin Bamouni est convaincu que la communication ne doit pas seulement informer, mais aussi former les citoyens, éveiller les consciences et accompagner le développement du pays. Pour lui, les médias doivent servir l’intérêt général et contribuer à construire une société plus juste.

En 1985, il publie son ouvrage Burkina Faso : Processus de la Révolution, dans lequel il explique les fondements, les objectifs et les ambitions de la Révolution. Aujourd’hui encore, ce livre reste une référence pour les chercheurs, les étudiants et tous ceux qui souhaitent comprendre cette période de l’histoire du Burkina Faso.

Le destin de Babou Paulin Bamouni est brutalement interrompu le 15 octobre 1987, lors du coup d’État qui coûte la vie à Thomas Sankara et à plusieurs de ses collaborateurs. Il est assassiné à seulement 37 ans, laissant derrière lui une œuvre intellectuelle importante et une vision profondément patriotique.

Près de quarante ans après sa disparition, son nom demeure associé à l’excellence intellectuelle, au patriotisme et à l’engagement au service de la nation. Une avenue de Ouagadougou porte aujourd’hui son nom, et plusieurs initiatives ont été mises en place pour préserver son héritage.

Babou Paulin Bamouni n’était pas un homme de lumière. Il préférait agir dans l’ombre, laissant parler ses idées plutôt que sa personne. Pourtant, son influence sur la communication de la Révolution burkinabè reste considérable. Son parcours rappelle qu’un pays se construit autant avec des visionnaires et des hommes d’action qu’avec des penseurs capables de donner du sens aux transformations de leur époque.

Source : Gourounsi TV



24/07/2026

Extrait du discours du président Maurice Yaméogo lors de sa visite officielle aux États-Unis en mars 1965.



[CULTURE] Qui Koamba LANKOANDÉ ?Koamba Lankoandé demeure l'une des plus grandes cantatrices de l'histoire de la musique ...
16/07/2026

[CULTURE] Qui Koamba LANKOANDÉ ?

Koamba Lankoandé demeure l'une des plus grandes cantatrices de l'histoire de la musique traditionnelle burkinabè. Originaire de Coalla, dans la province de la Gnagna (actuelle région de Sirba), elle s'est illustrée par son immense talent dans la musique traditionnelle, devenant une référence incontournable du patrimoine culturel national.

Son art, porté par une voix puissante et une présence scénique exceptionnelle, lui vaut une reconnaissance nationale lors des premières Semaines nationales de la culture (SNC). Ses prestations marquent durablement les esprits et contribuent à faire rayonner la musique traditionnelle burkinabè bien au-delà des frontières.

En hommage à son parcours et à son apport exceptionnel à la culture nationale, le Centre national des arts, du spectacle et de l'audiovisuel (CENASA) de Ouagadougou porte aujourd'hui son nom.

Koamba Lankoandé s'est éteinte le 10 mai 1987 dans sa province natale de la Gnagna, laissant derrière elle un héritage artistique qui continue d'inspirer plusieurs générations d'artistes.

Un témoignage qui raconte la légende

Parmi les nombreux souvenirs laissés par la cantatrice figure celui d'un ancien acteur du monde culturel burkinabè, qui a accompagné Koamba Lankoandé lors de sa première participation à la Semaine nationale de la culture révolutionnaire sous la présidence de Thomas Sankara.

Dans son témoignage, il raconte un long périple de plus de 1 500 kilomètres entre Bogandé et Gaoua, effectué à bord d'une vieille Peugeot 404 avec la cantatrice, ses musiciens et son équipe. Malgré son âge déjà avancé, Koamba Lankoandé impressionnait tous ceux qui l'entouraient par son endurance, sa disponibilité et son énergie.

Le témoin évoque également un moment resté gravé dans les mémoires. Initialement programmée en début de soirée, la prestation de la cantatrice est finalement reportée à une heure t**dive. Informé de ce changement, le président Thomas Sankara, qui était venu spécialement l'écouter, quitte momentanément la salle avant d'y revenir au moment où Koamba Lankoandé monte enfin sur scène.

À son entrée, la salle explose d'applaudissements. Dès les premières notes, l'orchestre et la voix de la cantatrice captivent le public. La prestation est saluée comme l'une des plus marquantes de cette édition de la SNC et lui vaut le trophée de Meilleure artiste en musique traditionnelle.

Selon ce même témoignage, plusieurs médias internationaux, dont Radio Suisse, Radio France, La Voix de l'Allemagne et La Voix de l'Amérique, s'intéressent alors à cette artiste hors du commun. À partir de ce moment, Koamba Lankoandé ne représente plus seulement la Gnagna : elle devient une ambassadrice internationale de la culture burkinabè.

Un héritage vivant

Koamba Lankoandé n'a pas seulement marqué son époque ; elle a contribué à inscrire la musique traditionnelle burkinabè dans le patrimoine culturel africain. Son nom, gravé sur le CENASA, rappelle chaque jour qu'une voix peut traverser le temps et devenir un héritage national.

Koamba Lankoandé demeure l'une des plus belles voix que le Burkina Faso ait offertes au monde.

📷 Photo améliorée par IA



Général Tiémoko Marc GARANGO (1927–2015)Parmi les grandes figures qui ont marqué l'histoire du Burkina Faso, le Général ...
15/07/2026

Général Tiémoko Marc GARANGO (1927–2015)

Parmi les grandes figures qui ont marqué l'histoire du Burkina Faso, le Général Tiémoko Marc GARANGO occupe une place singulière. Militaire de haut rang, homme d'État, diplomate et premier Médiateur du Faso, il a consacré plus d'un demi-siècle de sa vie au service de son pays avec une rigueur, une intégrité et un sens élevé de l'intérêt général.

Né le 27 juillet 1927 à Gaoua, Tiémoko Marc GARANGO effectue ses études secondaires au lycée Sainte-Geneviève de Versailles, en France. Il entame très tôt une carrière militaire dans l'armée française, où il sert sur plusieurs théâtres d'opérations en Afrique, en Europe, au Maghreb et en Extrême-Orient.

Parallèlement à sa carrière militaire, il poursuit une brillante formation universitaire. Entre Dakar, Paris et Aix-en-Provence, il étudie le droit public, les sciences politiques et les sciences économiques. Il complète également sa formation dans plusieurs grandes écoles militaires françaises, notamment à l'École supérieure de l'Intendance, au Centre d'enseignement militaire supérieur de Paris et à l'École du Commissariat de l'Air de Salon-de-Provence. En 1965, il obtient une licence en droit public et sciences politiques ainsi que plusieurs diplômes militaires de haut niveau.

À son retour en Haute-Volta, il est nommé, le 8 janvier 1966, ministre des Finances et du Commerce dans le premier gouvernement du Général Sangoulé Lamizana, quelques jours seulement après le changement de régime intervenu le 3 janvier 1966.

À ce poste stratégique, il met en œuvre une politique de rigueur budgétaire destinée à redresser les finances publiques. Cette politique, marquée par l'austérité et la discipline dans la gestion des ressources de l'État, restera célèbre sous le nom de « Garangose ». Au-delà des débats qu'elle a suscités, cette réforme a profondément contribué à assainir les finances publiques et à poser les bases de la réglementation financière moderne du Burkina Faso.

Au cours de sa carrière, le Général GARANGO occupe plusieurs des plus hautes fonctions nationales et internationales. Il est notamment gouverneur du Fonds monétaire international (FMI) de 1966 à 1976, président de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) de 1968 à 1970, puis président du Comité des ministres des Finances chargé de la réforme des institutions de l'Union monétaire ouest-africaine de 1972 à 1975.

Diplomate chevronné, il représente le Burkina Faso ex Haute-Volta comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de plusieurs États, notamment en République de Chine, en République fédérale d'Allemagne et aux États-Unis d'Amérique.

En 1990, il est nommé vice-président du Conseil économique et social ainsi que président de la Commission de concertation État–Secteur privé.

Quatre ans plus t**d, il entre dans l'histoire en devenant le premier Médiateur du Faso, fonction qu'il exerce de 1994 à 2000. Il y laisse l'image d'un homme impartial, attaché à la justice, au dialogue et à la défense des citoyens.

Au-delà de ses prestigieuses fonctions, le Général GARANGO était reconnu pour son franc-parler, sa droiture et son indépendance d'esprit. Jusqu'à la fin de sa vie, il n'hésitait pas à exprimer ses convictions sur les grandes questions nationales. Son opposition au projet de Sénat et à la modification de l'article 37 de la Constitution témoignait de son attachement aux principes républicains et à l'État de droit.

Le Général Tiémoko Marc GARANGO s'est éteint le 6 mars 2015, à Ouagadougou, à l'âge de 88 ans. Il repose au cimetière municipal de Ouagadougou.

En hommage à son parcours exceptionnel, le camp militaire de Tenkodogo porte aujourd'hui le nom de Camp Général Tiémoko Marc GARANGO, perpétuant ainsi la mémoire d'un officier dont la carrière reste une référence pour les Forces armées nationales.

Ses nombreux services rendus à la Nation et à la communauté internationale lui ont valu plusieurs distinctions prestigieuses, dont la Grand-Croix de l'Ordre national, le Grand Cordon de l'Ordre de l'Étoile brillante de la République de Chine, le grade de Commandeur de la Légion d'honneur française, celui de Commandeur de l'Ordre national de la République de Côte d'Ivoire, ainsi que plusieurs décorations militaires françaises.

Le Général Tiémoko Marc GARANGO laisse le souvenir d'un homme d'État d'une rare intégrité, d'un gestionnaire rigoureux et d'un patriote convaincu. Son parcours rappelle que le véritable pouvoir ne se mesure pas à la durée des fonctions occupées, mais à l'empreinte durable laissée au service de la Nation.




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