26/07/2026
𝗦𝗨𝗦𝗣𝗘𝗡𝗦𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗘 𝗟’𝗜𝗠𝗣𝗢𝗥𝗧𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗨 𝗥𝗜𝗭 : 𝗨𝗡𝗘 𝗡𝗢𝗨𝗩𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗙𝗘𝗡𝗘̂𝗧𝗥𝗘 𝗗’𝗜𝗡𝗩𝗘𝗦𝗧𝗜𝗦𝗦𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗦’𝗢𝗨𝗩𝗥𝗘 𝗔𝗨 𝗕𝗨𝗥𝗞𝗜𝗡𝗔 𝗙𝗔𝗦𝗢
La suspension de l’importation du riz ne représente pas seulement une mesure de soutien à la production nationale.
Elle crée surtout un 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹 𝗲𝘀𝗽𝗮𝗰𝗲 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲 pour les producteurs, les opérateurs économiques, les investisseurs, les transformateurs, les commerçants, les transporteurs et les jeunes entrepreneurs.
Pendant des années, une grande partie de la valeur générée autour du riz profitait à des acteurs situés hors du Burkina Faso : producteurs étrangers, industries de transformation, transporteurs internationaux, distributeurs et fournisseurs d’emballages.
Désormais, une part plus importante de cette valeur peut être créée et conservée au Burkina Faso.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗮𝗴𝗿𝗶𝗰𝗼𝗹𝗲𝘀
La décision offre un marché plus important et plus sécurisé au riz burkinabè.
Les producteurs peuvent envisager :
• l’extension des superficies cultivées ;
• l’intensification de la production ;
• l’exploitation des bas-fonds ;
• le développement de l’irrigation ;
• la mécanisation des travaux agricoles ;
• la production en plusieurs campagnes ;
• la signature de contrats avec des rizeries et des distributeurs.
Le riz devient ainsi une culture plus attractive pour ceux qui souhaitent investir dans l’agriculture à moyen et long terme.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗼𝗽𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝘃𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗼𝗿𝗴𝗮𝗻𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗮𝘆𝘀𝗮𝗻𝗻𝗲𝘀
Les coopératives peuvent gagner en pouvoir de négociation et en capacité commerciale.
Elles peuvent mutualiser :
• l’achat des intrants ;
• les machines agricoles ;
• les équipements de stockage ;
• les centres de collecte ;
• le transport ;
• la transformation ;
• la commercialisation.
Une coopérative bien structurée peut désormais devenir un véritable fournisseur pour les grandes surfaces, les institutions, les hôtels, les restaurants et les grossistes.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗼𝗽𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀
Les anciens importateurs et grands commerçants disposent déjà d’atouts considérables : capitaux, entrepôts, véhicules, réseaux de distribution et connaissance du marché.
Ils peuvent réorienter une partie de leurs investissements vers :
• l’achat du paddy ;
• la création de rizeries ;
• la construction d’entrepôts ;
• le stockage stratégique ;
• le conditionnement ;
• la création de marques locales ;
• la distribution nationale ;
• la livraison aux entreprises et institutions.
L’opportunité n’est plus seulement d’importer un produit fini, mais de participer à la création de toute la chaîne de valeur au Burkina Faso.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘃𝗲𝘀𝘁𝗶𝘀𝘀𝗲𝘂𝗿𝘀
La filière rizicole ouvre plusieurs segments d’investissement :
• production agricole ;
• irrigation ;
• mécanisation ;
• transformation industrielle ;
• énergie solaire pour les unités de production ;
• stockage ;
• logistique ;
• emballage ;
• distribution ;
• commerce numérique ;
• financement agricole ;
• assurance récolte ;
• valorisation des sous-produits.
Un investisseur n’est pas obligé de devenir agriculteur. Il peut investir dans les équipements, les services, la transformation, la logistique ou la commercialisation.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀
Les femmes peuvent renforcer leur présence dans :
• l’étuvage ;
• le tri ;
• le nettoyage ;
• le conditionnement ;
• la vente au détail ;
• la création de marques locales ;
• la transformation des brisures de riz ;
• la restauration.
Avec des équipements modernes et un meilleur accès au financement, plusieurs groupements féminins peuvent évoluer vers de véritables PME agroalimentaires.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗲𝘂𝗿𝘀
La filière crée des opportunités bien au-delà des champs.
Les jeunes peuvent développer des entreprises dans :
• la location de machines agricoles ;
• la maintenance des équipements ;
• le transport du paddy ;
• la livraison du riz ;
• le marketing digital ;
• la conception d’emballages ;
• la vente en ligne ;
• la collecte de données agricoles ;
• la mise en relation entre producteurs et acheteurs ;
• la traçabilité des produits ;
• les services de conseil agricole.
Le riz peut ainsi devenir un terrain d’innovation pour l’agritech, la logistique et le commerce numérique.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗯𝗮𝗻𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗶𝘁𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀
La croissance de la filière entraînera des besoins importants en financement.
Cela ouvre la voie à de nouveaux produits financiers :
• crédits de campagne ;
• prêts pour l’achat de machines ;
• financement des rizeries ;
• crédit-bail ;
• financement des stocks ;
• assurance agricole ;
• prêts aux coopératives ;
• fonds d’investissement spécialisés.
Les institutions financières qui comprendront rapidement cette dynamique pourront accompagner les futurs champions de la filière.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗿𝗰̧𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗲𝘁 𝗱𝗶𝘀𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀
Le développement du riz local crée un nouveau marché pour :
• les grossistes ;
• les demi-grossistes ;
• les détaillants ;
• les alimentations ;
• les supermarchés ;
• les restaurants ;
• les cantines ;
• les hôtels ;
• les plateformes de livraison.
Les distributeurs peuvent signer des partenariats directs avec les producteurs et transformateurs pour garantir un approvisionnement régulier.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗹’𝗶𝗻𝗱𝘂𝘀𝘁𝗿𝗶𝗲 𝗹𝗼𝗰𝗮𝗹𝗲
La transformation du riz nécessite des équipements et des services :
• décortiqueuses ;
• trieuses ;
• séchoirs ;
• ensacheuses ;
• balances ;
• silos ;
• installations électriques ;
• solutions solaires ;
• ateliers de maintenance ;
• laboratoires de contrôle qualité.
Cela crée des marchés pour les techniciens, soudeurs, mécaniciens, électriciens, ingénieurs et fournisseurs d’équipements.
𝗠𝗲̂𝗺𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗼𝘂𝘀-𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗶𝘁𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘃𝗮𝗹𝗲𝘂𝗿
La filière ne produit pas uniquement du riz destiné à la consommation.
La b***e, le son et les brisures peuvent être transformés en :
• aliments pour animaux ;
• farine de riz ;
• bouillies ;
• biscuits ;
• combustibles ;
• compost ;
• matériaux ;
• produits industriels.
C’est là que se trouve une partie importante de la valeur ajoutée future.
𝗟𝗮 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗼𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁𝘂𝗻𝗶𝘁é :
𝘾𝙚𝙩𝙩𝙚 𝙙𝙚́𝙘𝙞𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙥𝙚𝙪𝙩 𝙥𝙚𝙧𝙢𝙚𝙩𝙩𝙧𝙚 𝙖𝙪 𝘽𝙪𝙧𝙠𝙞𝙣𝙖 𝙁𝙖𝙨𝙤 𝙙𝙚 𝙛𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙥𝙖𝙨𝙨𝙚𝙧 𝙡𝙚 𝙧𝙞𝙯 𝙙𝙪 𝙨𝙩𝙖𝙩𝙪𝙩 𝙙𝙚 𝙨𝙞𝙢𝙥𝙡𝙚 𝙥𝙧𝙤𝙙𝙪𝙞𝙩 𝙖𝙡𝙞𝙢𝙚𝙣𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙖̀ 𝙘𝙚𝙡𝙪𝙞 𝙙𝙚 𝙫𝙚́𝙧𝙞𝙩𝙖𝙗𝙡𝙚 𝙨𝙚𝙘𝙩𝙚𝙪𝙧 𝙙’𝙞𝙣𝙫𝙚𝙨𝙩𝙞𝙨𝙨𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩.
Le potentiel ne réside pas seulement dans la production.
Il se trouve dans toute la chaîne :
𝙥𝙧𝙤𝙙𝙪𝙞𝙧𝙚, 𝙛𝙞𝙣𝙖𝙣𝙘𝙚𝙧, 𝙢𝙚́𝙘𝙖𝙣𝙞𝙨𝙚𝙧, 𝙩𝙧𝙖𝙣𝙨𝙛𝙤𝙧𝙢𝙚𝙧, 𝙨𝙩𝙤𝙘𝙠𝙚𝙧, 𝙚𝙢𝙗𝙖𝙡𝙡𝙚𝙧, 𝙩𝙧𝙖𝙣𝙨𝙥𝙤𝙧𝙩𝙚𝙧, 𝙙𝙞𝙨𝙩𝙧𝙞𝙗𝙪𝙚𝙧 𝙚𝙩 𝙫𝙖𝙡𝙤𝙧𝙞𝙨𝙚𝙧.
La question n’est donc plus seulement :
« Allons-nous consommer davantage de riz local ? »
La vraie question est :
« 𝗤𝘂𝗶 𝘃𝗮 𝗶𝗻𝘃𝗲𝘀𝘁𝗶𝗿 𝗮𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱’𝗵𝘂𝗶 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗼𝗰𝗰𝘂𝗽𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝘀’𝗼𝘂𝘃𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗳𝗶𝗹𝗶𝗲̀𝗿𝗲 ? »
Le riz burkinabè peut devenir une source de revenus, d’emplois, d’entreprises et de croissance.
À chaque acteur maintenant d’identifier sa place dans cette nouvelle chaîne de valeur.
𝗠𝗔𝗗𝗜𝗖𝗢𝗠
𝘊𝘩𝘢𝘲𝘶𝘦 𝘪𝘯𝘧𝘰𝘳𝘮𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘤𝘢𝘤𝘩𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘰𝘱𝘱𝘰𝘳𝘵𝘶𝘯𝘪𝘵𝘦́.