02/09/2026
PAIX ET COHESION SOCIALE : l’OSC appelle à l’unité au Burkina Faso
Ouagadougou, 29 août 2026. La Place de la Nation a accueilli, ce samedi 29 août 2026, la Journée nationale de la paix interreligieuse, organisée par l’association La Paix au Faso pour la Cohésion Sociale. Cette rencontre a réuni des autorités coutumières et religieuses ainsi que plusieurs acteurs engagés dans la promotion de la paix et du vivre-ensemble au Burkina Faso.
« La paix n’est pas un vain mot mais un comportement » disait feu président Houphouët Boigny de la Cote d’Ivoire. C’est pour coller à cette vision de la paix que la société civile a organisé un dialogue social pour la cohésion au Burkina Faso.
Les participants ont battu le pavé pour être de cette rencontre placée sous ce signe de la paix et de la cohésion sociale. Cette journée dédiée à la paix vise à offrir un cadre d’échanges, dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et humanitaires. À travers cette initiative, les organisateurs entendent notamment sensibiliser la population, particulièrement la jeunesse, à la nécessité de préserver l’unité nationale.
Des bénédictions ouvrent la cérémonie
Débuté par des bénédictions de Sa Majesté le Moogho Naaba Baongo, en l’occurrence le Naaba Djigemdé de Kienfangué, la cérémonie a été un moment solennel qui a marqué l’ouverture de cette journée.
L’association La Paix au Faso réaffirme son engagement
À la suite des bénédictions, Adama Compaoré, président de l’association La Paix au Faso pour la Cohésion Sociale, a procédé à la lecture de la déclaration liminaire.
Dans son message, le premier responsable de l’association organisatrice de l’évènement a insisté sur l’importance de transmettre des messages forts à la population en général et à la jeunesse en particulier. L’association entend faire de cette initiative un cadre d’échanges périodiques sur les questions de paix et de cohésion sociale.
Cette déclaration liminaire des dépositeurs de la tradition a également mis en avant la responsabilité sociétale des autorités coutumières et religieuses dans la stabilité et la promotion de la paix. Selon l’association, la sagesse et les enseignements des détenteur des us et coutumes, peuvent contribuer à apaiser les cœurs, rapprocher les communautés les unes des autres voire renforcer les liens sociaux.
Pour couronner en apothéose cette journée, la signature d’un mémorandum, comprenant un engagement pour la paix et un serment des différentes parties, était annoncée.
Le parrain appelle à une responsabilité collective
Le mot du parrain, El Hadj Amidou Birba, a ensuite été lu par El Hadj Yacouba Guigma. Dans son intervention, le parrain a présenté la paix comme une valeur fondamentale pour la stabilité, le développement et l’unité du Burkina Faso. Il a rappelé que « la paix est un bien précieux qui doit être entretenu au quotidien et nécessite l’engagement de tous les acteurs de la société. » C’est dans ce sens qu’il a appelé les Burkinabè à privilégier le respect mutuel, la tolérance, la solidarité et le dialogue. Pour lui, la cohésion sociale ne se décrète pas, mais se construit à travers des actions concrètes et une compréhension mutuelle.
Poursuivant son speach, le parrain a également salué les acteurs engagés dans la promotion de la paix et formulé le vœu que cette journée puisse contribuer à faire du Burkina Faso un exemple de fraternité et de solidarité.
Le gouvernement met l’accent sur le dialogue social
La cérémonie s’est poursuivie avec le message du ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale, de la Mobilité et de la Sécurité, Émile Zerbo, représenté par Mariam Sanogo, Directrice générale des affaires religieuses, coutumières et traditionnelles.
Dans son allocution, la représentante du ministre a souligné que le Burkina Faso, autrefois considéré comme un havre de paix, traverse depuis plusieurs années une crise sécuritaire et humanitaire qui fragilise les équilibres socio-économiques et entrave les efforts de développement.
« La paix ne se résume pas à l’absence de conflit. Face aux défis actuels, l’État s’investit dans le renforcement du vivre-ensemble et encourage les initiatives de dialogue communautaire et interreligieux » a indiqué la porte-parole du ministère de l’administration territoriale.
La Journée nationale de la paix et de la cohésion sociale constitue ainsi, selon le message ministériel, un cadre d’échange et d’introspection. Elle offre également une occasion de valoriser les légitimités coutumières et religieuses dans la construction d’un développement endogène.
Un plaidoyer pour la tolérance et le vivre ensemble
En marge de ce panel, nous avons recueilli des points de vue de plusieurs responsables religieux sur la question de la paix et du vivre-ensemble
Bourgou Sylvain, représentant du dialogue interreligieux et interethnique de l’Archidiocèse de Ouagadougou, dit placer son intervention sous l’auspice : « De la diversité à l’unité, de l’unité à la paix. »
Il a appelé à l’acceptation de l’autre, quelle que soit sa religion, son ethnie ou sa manière de pratiquer sa foi. Selon lui, reconnaître la diversité et respecter les convictions de chacun constituent des étapes essentielles vers l’unité nationale.
Représentant la Fédération des églises et missions évangéliques (FEME), le pasteur Timothée Kaboré a, pour sa part, rappelé l’enseignement biblique invitant à « rechercher la paix avec tous. » Il a insisté sur le fait que les Burkinabè, quelles que soient leurs appartenances religieuses, constituent une seule nation et une seule famille. L’homme de Dieu a également réaffirmé l’engagement de son officine religieux à œuvrer en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.
La communauté n’était pas en marge de cette tribune. En effet, le guide religieux Cheick Abdoul Aziz Aguib Soré a également pris part aux échanges et aux réflexions autour de la tolérance religieuse et de la consolidation de la paix.
Un appel à l’engagement collectif
Au terme de cette journée, les différents messages ont convergé vers un même vœu : celui de préserver la paix et de renforcer les liens entre les communautés.
Pour l’association La Paix au Faso pour la Cohésion Sociale, la consolidation de la paix ne peut être l’apanage d’un seul acteur. Elle nécessite l’implication de tous, notamment des autorités coutumières et religieuses, des organisations de la société civile notamment celle de la jeunesse.
À travers cette journée, les organisateurs entendent ainsi contribuer à la construction d’un Burkina Faso uni, solidaire et pacifique, où le dialogue et le respect des appartenance de tous constituent un levier essentiel du vivre-ensemble.
Sandrine Aurélie Yiénoupagui LANKOANDE
Stagiaire