08/02/2026
Le soulèvement populaire du 3 janvier 1966 au Burkina Faso
Le 3 janvier 1966 marque un tournant majeur dans l’histoire politique de la Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso. Ce jour-là, un soulèvement populaire sans précédent met fin au régime du président Maurice Yaméogo, premier chef de l’État après l’indépendance.
🔹 Les causes du soulèvement
Au milieu des années 1960, la situation socio-économique du pays est particulièrement difficile :
forte crise économique,
baisse des salaires et suppression d’avantages sociaux,
mécontentement généralisé des travailleurs,
autoritarisme politique et absence de dialogue social.
Les mesures d’austérité prises par le régime, notamment à l’encontre des fonctionnaires et des syndicats, provoquent une colère populaire croissante.
🔹 Le rôle des syndicats et de la population
Les syndicats, en particulier ceux des travailleurs et des enseignants, jouent un rôle central dans la mobilisation.
À Ouagadougou et dans plusieurs autres villes, des milliers de citoyens descendent dans la rue pour réclamer :
la fin de la politique d’austérité,
le respect des libertés syndicales,
le départ du président Maurice Yaméogo.
🔹 La chute du régime
Face à l’ampleur de la mobilisation et à la paralysie du pays, le président Maurice Yaméogo est contraint de démissionner le 3 janvier 1966.
Le pouvoir est alors transféré à l’armée, avec l’arrivée du lieutenant-colonel Sangoulé Lamizana, marquant le début d’une transition militaire.
🔹 Portée historique
Le soulèvement du 3 janvier 1966 est considéré comme :
la première insurrection populaire réussie en Afrique postcoloniale francophone,
un acte fondateur de la conscience politique burkinabè,
un précédent historique des mobilisations populaires ultérieures (1983, 2014).
Le 3 janvier 1966 a démontré que le peuple burkinabè peut, par la mobilisation collective, imposer un changement politique majeur.
Send a message to learn more