16/08/2026
Aliponré Premier Traore rend hommage à Feu Salifou Diallo🙏
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Hommage à Salifou Diallo : l’homme qui m’a donné mon premier million
Aujourd’hui, je voudrais rendre un hommage particulier à un grand homme qui a marqué ma vie de manière indélébile : Monsieur Salifou Diallo.
Il est celui qui m’a donné mon tout premier million de francs CFA. Mais au-delà de l’argent, il m’a surtout donné quelque chose de plus précieux : la confiance, l’encouragement et la foi en mes capacités.
À l’époque, Monsieur Salifou Diallo était ministre de l’Agriculture. Je l’ai rencontré grâce à un homme que je n’oublierai jamais non plus : Moussa Bologo, alors président de l’association ECLA — Être Comme Les Autres de Ouagadougou, une association qui œuvrait dans l’humanitaire.
Moussa Bologo m’avait invité, en tant qu’artiste, avec mon frère artiste Zedmo, à assurer l’animation d’une journée culturelle organisée par l’association, dans un maquis appelé L’Amitié.
Le parrain de cette manifestation était Monsieur Salifou Diallo.
Après notre prestation, nous avons été présentés au parrain. Il nous a remis, à Zedmo et à moi, 45 000 francs CFA chacun, avant de me dire :
« Quand tu seras à Ouagadougou, passe me voir. »
Je ne savais pas encore que cette rencontre allait changer une partie de ma vie.
La rencontre du mercredi
Un mercredi, après être passé à l’Organisation mondiale de la Santé, l’OMS, qui se trouvait non loin du ministère où travaillait Monsieur Salifou Diallo, je me suis dit : Pourquoi ne pas aller lui rendre visite ?
Arrivé au ministère, j’ai rencontré sa secrétaire. Une dame très élégante, qui avait elle aussi un handicap puisqu’elle boitait légèrement.
Elle m’a expliqué que le ministre était parti au Conseil des ministres.
Je lui ai répondu que je le savais, puisque les Conseils des ministres se tenaient les mercredis, mais que j’étais simplement venu pour déposer une demande d’audience.
Elle m’a alors tendu un gros registre afin que j’y inscrive mon nom.
À peine avais-je commencé à écrire que Monsieur Salifou Diallo est sorti de son bureau !
Il m’a aperçu et m’a appelé :
« ali Ponré i ! Viens vite ! »
Il était pressé parce qu’il devait rejoindre la réunion. Je l’ai donc suivi dans son bureau.
Une fois à l’intérieur, il m’a dit quelque chose que je n’ai jamais oublié :
« Je veux te soutenir dans ta musique. Mais je ne veux pas que tu chantes mes louanges. Je ne veux pas entendre mon nom dans tes chansons. Je ne te connaissais pas . Je t’aide simplement pour l’amour de Dieu. »
Puis il a ouvert un tiroir.
Il en a sorti une liasse de billets et l’a déposée devant moi.
Un million de francs CFA.
Ensuite, il a sorti une autre liasse :
500 000 francs CFA.
Et il m’a dit :
« Ça, c’est pour les imprévus prévus. »
Cette phrase m’a fait rire. Jusqu’à aujourd’hui, je me souviens encore de ces fameux « imprévus prévus ».
J’ai pris les 1 500 000 francs CFA, je l’ai remercié et je suis sorti.
Le million cinq dans ma poche !
À cette époque, je roulais sur une grosse moto ATC.
Je suis sorti du ministère, j’ai pris la route des Champs-Élysées et je roulais tranquillement, en sifflotant.
Mais dans ma tête, quelque chose avait changé.
J’avais 1 500 000 francs CFA dans ma poche !
Et, pour être honnête, j’avais l’impression que tout le monde était devenu petit devant moi.
Moi, j’étais devenu un grand homme ! 😂
Je suis directement allé à Gounghin, dans un maquis appelé Number One, qui existe encore aujourd’hui.
J’ai commandé un Coca-Cola et j’ai demandé qu’on serve les tables qui se trouvaient autour de moi.
Pourquoi ?
Parce que j’avais 1 500 000 francs CFA dans ma poche ! 😂
Mais cette petite histoire m’a aussi enseigné une grande leçon :
L’argent peut rendre impoli et arrogant. L’argent est parfois un très mauvais conseiller.
Un soutien qui ne s’est pas arrêté à 1,5 million
Le million cinq que Monsieur Salifou Diallo m’a donné ce jour-là n’était que le début.
Par la suite, j’ai bénéficié de son soutien multiforme dans plusieurs de mes initiatives.
Je voudrais notamment citer le Grand Prix de l’Inclusion, cette compétition cycliste en faveur de l’inclusion des personnes handicapées, qu’il soutenait à hauteur d’environ 80 %.
Je n’oublie pas non plus la Nuit du Handicap, qu’il soutenait également à hauteur d’environ 80 %.
À travers ces actions, il ne soutenait pas seulement Ali Ponré 1er .
Il soutenait une cause.
Il soutenait l’inclusion, la dignité et la participation des personnes handicapées à la vie de notre société.
Et je sais que je ne suis certainement pas le seul Burkinabè à avoir bénéficié de sa générosité.
Merci, Monsieur le Ministre
Aujourd’hui, je me devais de témoigner.
Je ne voudrais pas que le temps efface les bienfaits que j’ai reçus de cet homme.
Monsieur Salifou Diallo, vous m’avez donné mon premier million, mais surtout, vous m’avez donné une chance.
Vous m’avez aidé sans exiger que je vous chante des louanges.
Vous m’avez soutenu sans chercher à mettre votre nom en avant.
Et c’est précisément pour cela qu’aujourd’hui, des années après, je prends la parole pour dire publiquement : merci.
Merci pour moi.
Merci pour les personnes handicapées que vous avez soutenues à travers mes initiatives.
Merci pour toutes ces personnes que vous avez certainement aidées dans le silence.
Merci pour ce que vous avez fait pour le Burkina Faso.
Aujourd’hui, je ne chante pas vos louanges pour vous flatter.
Je témoigne simplement de ce que j’ai vécu.
Que Dieu, dans Son infinie miséricorde, vous accueille dans Son Royaume céleste.
Qu’Il vous pardonne vos éventuels manquements durant votre passage sur cette terre.
Et qu’Il récompense toutes les bonnes œuvres que vous avez accomplies.
Où que vous soyez, Monsieur le Ministre Salifou Diallo, recevez aujourd’hui mon hommage, ma reconnaissance et mon éternel merci.
Reposez en paix Grand homme du Yatenga
Ali Ponré 1er