12/05/2025
Histoire d’Agoué dans la commune de Grand-Popo
Agoué, berceau historique du sud-ouest béninois, est un ancien royaume fondé au début du XIXe siècle (vers 1812) par des peuples Guin et Mina, notamment les chefs Komlagan et Lawson, venus du Togo pour des raisons économiques et commerciales. Situé à la frontière entre le Bénin et le Togo, Agoué s’est rapidement imposé comme un carrefour stratégique pour le commerce régional, attirant marchands africains et européens.
Grâce à sa position côtière et à son ouverture vers l’Atlantique, la ville a connu une forte croissance au XIXe siècle, atteignant jusqu’à 8 000 habitants, dont plusieurs dizaines d’Européens. En 1874, les missionnaires français y fondent une école qui devient un centre de formation influent pour les élites de l’Afrique-Occidentale française, ce qui confère à Agoué un rayonnement éducatif et culturel majeur à l’époque coloniale.
Sur le plan politique, Agoué a été dirigé par une succession de rois jusqu’à son annexion par les autorités coloniales françaises en 1895. Malgré cette transition, la ville a conservé une identité forte, nourrie par une coexistence pacifique entre religions traditionnelles, christianisme et islam.
Mais depuis plusieurs décennies, Agoué est confrontée à un défi de taille : l’érosion côtière. Ce phénomène naturel, aggravé par les changements climatiques, ronge peu à peu son littoral et efface des pans entiers de son patrimoine historique, notamment des habitations, lieux de culte et anciennes structures coloniales.
Malgré cette menace, Agoué continue de porter fièrement l’héritage de ses ancêtres. Elle incarne aujourd’hui un symbole de résistance culturelle et de mémoire vivante dans la commune de Grand-Popo, appelant à une action urgente pour préserver son histoire et son avenir.