19/08/2026
Gaani de Nikki : l’État prend les commandes. La tradition doit rester au cœur de la fête selon Soulémane GBASSIDÉ, acteur culturel et journaliste
L’acteur culturel et journaliste Soulémane GBASSIDÉ salue la décision du gouvernement de prendre directement en main l’organisation de la Gaani de Nikki. Selon lui, cette implication de l’État, qui a tardé à venir, devrait permettre de professionnaliser davantage l’événement et de faciliter la mobilisation des ressources nécessaires à sa bonne organisation.
Pour Soulémane GBASSIDÉ, cette décision répond à une attente exprimée depuis plusieurs années. Il estime notamment que la Gaani, malgré son importance historique et culturelle, n’a pas bénéficié d’une visibilité médiatique à la hauteur de son statut.
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« C’est une initiative qu’on attendait depuis plusieurs années déjà. Il y a eu des réclamations, il y a eu des pétitions qui n’ont toujours pas abouti. Imaginez que, depuis que la Gaani existe à Nikki, pratiquement depuis le XVe siècle selon les informations dont nous disposons, cette fête n’a jamais été retransmise en direct à la télévision nationale. Ce qui n’est pas du tout bien, alors qu’il s’agit d’une fête à dimension nationale et internationale, notamment sur le plan touristique. »
L’acteur culturel insiste également sur la question de la mobilisation des ressources. Il estime que l’implication de l’État pourrait apporter un véritable soulagement aux organisateurs et aux communautés.
EXTRAIT
« Pour qui connaît l’organisation de cette fête à Nikki, on ne peut qu’éprouver un certain soulagement. Parce qu’en priorité, c’est la mobilisation des ressources qui pose problème. Depuis des années, il existe même un mois consacré à la mobilisation des ressources pour la Gaani, appelé “Gaani Gobikasou” en bariba. Cela montre que les ancêtres avaient déjà compris l’importance de mobiliser les ressources nécessaires à l’organisation d’une telle fête. Aujourd’hui, si l’État central prend en main l’organisation de cette célébration, on pourrait véritablement aller plus loin. »
Mais si l’implication de l’État est saluée, Soulémane GBASSIDÉ appelle toutefois à la vigilance. Pour lui, la modernisation de la Gaani ne doit en aucun cas se faire au détriment des rites, de la spiritualité et de l’identité culturelle de cette célébration.
Il plaide également pour une implication des communautés, des acteurs culturels et des médias locaux dans la nouvelle organisation.
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« Selon le principe, il n’y a pas de problème. Mais c’est la pratique sur le terrain qui pourrait poser des problèmes si les populations constatent un changement inattendu. Les acteurs impliqués doivent comprendre que le culturel doit rester au cœur de la Gaani et que le culturel doit accompagner le rituel. Si l’aspect culturel est maintenu, avec peut-être davantage de suivi, je crois que tout ira bien. »
Selon lui, les activités connexes, telles que les tournois de football ou les foires et expositions agricoles et pastorales, peuvent contribuer à valoriser davantage la Gaani. Mais il insiste. Ces initiatives doivent rester secondaires par rapport à l’essentiel.
EXTRAIT
« Nous ne sommes pas contre ces activités. Mais attention au culturel, attention au culturel. Il y a des sites sacrés, il y a des rites qui s’organisent dans la cour royale, avec beaucoup de sagesse et de spiritualité. Il ne s’agit pas d’aller vite pour vite terminer. Ici, il s’agit de la tradition. Il faut respecter ce que font les traditionalistes et ce que les membres de la cour doivent respecter par rapport à la tradition. »
À l'instant Soulemane GBASSIDÉ, directeur de DEEMA FM de Parakou, acteur culturel et journaliste, qui répondait aux questions de Bachirou ISSA dans la rubrique ALLÔ L'EXPERT de la COMPILE DE L'INFORMATION DE DIALOGUE FM
La Rédaction