05/22/2026
Tadoussac : aux origines d’un des plus anciens lieux fréquentés du Canada
Bien avant l’arrivée des Européens, le territoire de Tadoussac était déjà marqué par une longue histoire humaine et géologique. Situé à la rencontre du fjord du Saguenay et du fleuve Saint-Laurent, ce lieu stratégique deviendra au fil des siècles un carrefour majeur pour les Premières Nations, les pêcheurs européens et les débuts de la présence française en Amérique du Nord.
Un territoire façonné par les glaces
À la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 11 000 ans avant aujourd’hui (A.A.), la région de Tadoussac commence progressivement à devenir habitable. Durant les millénaires précédents, le territoire était recouvert par l’imposant inlandsis laurentidien, un immense manteau de glace couvrant une grande partie du nord-est de l’Amérique.
À cette époque, le niveau marin était très différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. Après le retrait des glaces, la mer de Goldthwait envahit les terres côtières et le niveau de la mer se trouvait alors jusqu’à environ 135 mètres au-dessus du niveau actuel dans certaines portions du Saguenay–Saint-Laurent. Peu à peu, le relèvement isostatique du continent permit l’émergence graduelle des berges et des terrasses que l’on connaît aujourd’hui.
Les premières fréquentations autochtones
Les premières traces de fréquentation humaine dans la région du Saguenay et de la Côte-Nord remontent à environ 8 000 ans A.A. Toutefois, les archéologues considèrent que l’occupation devient beaucoup plus importante vers 6 500 ans A.A. Il ne s’agit cependant pas encore d’établissements permanents au sens européen du terme.
Les groupes autochtones fréquentent alors le territoire de manière saisonnière, suivant les ressources disponibles : pêche, chasse au phoque, collecte de mollusques, chasse au caribou et échanges commerciaux. La confluence du Saguenay et du Saint-Laurent devient rapidement un lieu stratégique exceptionnel pour les déplacements et le commerce.
Ces populations appartiennent aux grandes familles culturelles algonquiennes qui occupent alors une vaste portion du nord-est du continent.