06/06/2026
Ce phénomène n'est malheureusement pas nouveau.
Je me souviens déjà des années 1980. À Bordj-Menaïel, des panneaux de signalisation avaient été vandalisés : le nom de Tizi Ouzou avait été effacé pour être remplacé par « Tel-Aviv », comme une insulte destinée à stigmatiser et à désigner un ennemi imaginaire.
Je me souviens aussi du train qui traversait la ville. À son passage, certains lançaient des pierres sur les wagons. Un jour, j'ai vu un homme s'effondrer après avoir reçu un gros bloc de pierre à la tête.
Ces souvenirs me reviennent aujourd'hui en lisant le témoignage de cette femme agressée verbalement par des adolescents simplement parce qu'elle marchait dans la rue avec son fils, vêtue normalement, sans voile.
Ce qui est inquiétant, ce n'est pas seulement l'acte lui-même, mais le fait que des enfants de 13 ou 14 ans reproduisent déjà des discours de haine qu'ils ont nécessairement appris quelque part. La haine ne naît pas spontanément ; elle se transmet, se banalise et finit par paraître normale à ceux qui la répètent.