06/23/2025
Samuel écrit: D’abord, je tiens à dire que je trouve ça beau… qu’on soit tous réunis ici pour se mobiliser autour d’une cause qui nous tient à coeur, en tant que francophones de l’Ontario.
Pour ma part, je m’étais inscrit au programme de Production télévisuelle du Collège La Cité. Ça faisait plusieurs années que je l’avais repéré… J’avais vraiment hâte d’y aller. Ce programme offrait une excellente formation, en français, qui aurait élargi mes compétences en vidéo, en télé et en cinéma. Un domaine qui me passionne depuis l’école primaire.Ce programme, offert depuis la fondation du collège en 1989, a permis à des centaines d’étudiants d’acquérir une vraie expérience pratique dans le domaine.
Grâce à des studios, des équipements et des logiciels utilisés dans l’industrie, c’était une formation idéale pour développer sa créativité et maîtriser les aspects techniques du métier.
Et pourtant… l’année passée, le collège venait d’y investir près d’un demi-million de dollars pour rénover les installations. Puis, un vendredi après-midi, le 11 avril 2025, je reçois un courriel du Bureau des admissions. On m’annonce que mon programme ne sera pas offert à la prochaine rentrée, malgré que, rappelons-le, La Cité est un collège d’arts appliqués et de technologie..Dans les médias, le collège continue d’utiliser les mêmes phrases vagues de viabilité et de pérennité financière à long terme.
Hier soir, la direction du collège a finalement rompu le silence. Ils justifient les coupes par une baisse anticipée du nombre d’étudiants internationaux.L’année passée, ils ont fait au-dessus de 25 millions de dollars, en profit. Le tout a déjà été affecté à de nouvelles dépenses. Et je me demande… si les surplus budgétaires sont dépensés aussi vite qu’ils sont créés, est-ce qu’on peut vraiment parler d’une gestion proactive? Ou plutôt d’un manque de planification? Cette année, La Cité offre quelques nouveaux programmes au lieu de protéger ceux qui fonctionnent déjà. Ça ne tient pas debout de fermer autant de bons programmes francophones quand ce sont des programmes essentiels, pertinents et en demande. Fermer 9 programmes d’un coup, c’est brûlé un avenir promoteur pour nous, les franco-ontariens. Il y avait tellement d’autres façons de gérer la situation, mais la direction du collège a décidé de faire ça à leur façon. Égoïste un petit peu, non?
En avril, j’ai dû trouver un plan B pour mes études postsecondaires. Deux options s’offraient à moi : partir au Québec, ou étudier en anglais. J’ai choisi d’aller au Collège Algonquin… en anglais. Parce que pour moi, c’était important de rester dans ma région. C’est un bon programme, mais ce ne sera pas pareil. Ce ne sera pas dans ma langue maternelle. Je parle bien l’anglais, mais ça serait renoncer à ce qu’on s’est battu pour.. de simplement dire que c’est « acceptable » ce qui ce passe en ce moment.
Si vous êtes capables d’entendre mes mots aujourd’hui, ici à Ottawa, c’est parce qu’il y a encore de belles équipes francophones qui travaillent fort dans les arts médiatiques pour faire rayonner nos voix, nos histoires, nos talents.
Mais combien de temps reste-t-il… avant que ça aussi, ça disparaisse?