01/10/2026
𝐋𝐞 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐢𝐬𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐆𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐥𝐞 𝐓𝐫𝐢𝐛𝐮𝐧𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐈𝐧𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐩-𝐇𝐚𝐢̈𝐭𝐢𝐞𝐧, 𝐄𝐧𝐨 𝐙𝐞́𝐩𝐡𝐲𝐫𝐢𝐧, 𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞 𝐝’𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐨𝐪𝐮𝐞́
𝑃𝑎𝑟 Jean Venel Casseus
Haïti n’est plus à l’époque des démonstrations d’autorité sommaires ni à celle où l’intimidation tenait lieu de droit. Les souvenirs du « Bòs Pent » et des injonctions du type « m’ap arete w » renvoient à une séquence historique marquée par la brutalité institutionnelle, l’absence de garanties procédurales et la confusion assumée entre pouvoir et menace.
Les comportements, pour le moins 𝑡𝑖 𝑑𝑒𝑙𝑒𝑛𝑘𝑎𝑛, récemment affichés sur les réseaux sociaux par le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance du Cap-Haïtien, Eno Zéphyrin, suscitent à la fois gêne et consternation. L’usage public d’un langage de menace, résumé par le sinistre « m’ap arete w », s’inscrit dans une logique de régression assumée. Cette posture traduit une conception autoritaire de la fonction judiciaire, où la parole publique sert d’outil de pression et où l’action institutionnelle repose sur la crainte plutôt que sur la loi.
La fonction de Commissaire du Gouvernement n’a jamais eu vocation à incarner la force brute ni la surenchère verbale. Elle repose sur la représentation de la société devant les juridictions, la défense de l’ordre légal et le respect strict des droits fondamentaux. Une telle charge exige retenue, formation juridique solide et intelligence des équilibres sociaux. Elle implique surtout une distinction rigoureuse entre l’autorité de l’État et son usage abusif.
Le Cap-Haïtien n’a nul besoin de figures gesticulantes ni de postures à la Bob Lecorps. La ville, comme le pays, a besoin de magistrats sobres, conscients de la portée de leur parole et respectueux de la dignité de la fonction qu’ils occupent. Eno Zéphyrin n'a pas la stature de sa fonction.
_09 janvier 2026_