19/09/2025
𝗟𝗘 𝗦𝗬𝗡𝗗𝗥𝗢𝗠𝗘 𝗗𝗘 𝗟'𝗔𝗣𝗥𝗘̀𝗦.
Tout à l’heure, une jeune dame m’a demandé :
“Si toi-même tu n’étais pas là où tu es aujourd’hui, est-ce que tu aurais braisé le maïs ?” 😏
Et là, j’ai juste souri. Parce que sa question a confirmé ce que j’observe depuis longtemps :
la plupart des jeunes aujourd’hui ont le "syndrome de l’APRÈS.
".
Ils ne voient que le résultat final – le BIM, la "réussite", la belle image – mais pas l’AVANT, ni le PENDANT.
Chacun a un parcours, à des échelles différentes peut-être mais pas des moins difficiles.
Ma mère a vendu au bar, fait les champs, est morte à 47 ans.
En grandissant, ma soeur et moi avons vendu des arachides devant la gendarmerie de Bandja, en courant après les voitures.
Pendant les vacances, nous vendions des caleçons au marché Ndogpassi comme beaucoup de jeunes.
À 21 ans, j’ai enseigné l’anglais comme vacataire au Lycée de Bamendou étant étudiante à l'université de Dschang.
Je gagnais 30.000 FCFA par mois, dont 12.000 partaient juste en transport, et pourtant mes élèves ne pouvaient pas l'imaginer - le sourire et la passion m'animaient.
Heureusement, mon tuteur payait mes études et mon loyer, mais c'est l'expérience professionnelle qui m'importait.
En arrivant en Angleterre, mon mari et moi avons tout recommencé à zéro.
5 mois après la naissance de ma deuxième fille par césarienne, mon père biologique est décédé, et bien quayant été absent toute ma vie, j’ai dû travailler comme femme de ménage au noir, juste pour envoyer ma contribution, car malgré mon Master, je n'avais pas encore mes papiers.
Dis-moi, est-ce que quelqu’un aurait été intéressé si j’étais venue raconter cette partie de ma vie ici à ce moment là? NON! À la limite beaucoup se seraient moqués.
Parce que la plupart des gens se fichent du processus.
Ils préfèrent voir la réussite et rêver à partir de ça.
Je partage mon histoire non pas pour narguer, mais pour inspirer.
Chaque étape que je raconte est à la fois une thérapie et une motivation pour quelqu’un d’autre.
Je ne partage pas parce que je suis “arrivée” – non, le chemin est encore long.🚶🏾♀️
Je partage pour te rappeler que ton parcours à toi sera peut-être différent du mien,
mais avec la persévérance et une vision claire, tu peux transformer ta vie.
N’envie jamais l’APRÈS de quelqu’un sans connaître son AVANT et son PENDANT.
Oscarine Nana