11/06/2026
Ebola : La Belgique défie Washington et refuse de fermer ses frontières aux Congolais
Bruxelles, 10 juin 2026 – Dans un geste de souveraineté assumée, la Belgique a rejeté catégoriquement la demande des États-Unis d’interdire l’entrée des ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC), du Soudan du Sud et de l’Ouganda sur son territoire. Cette requête américaine, motivée par la crainte d’une propagation de l’épidémie d’Ebola via l’Europe à l’occasion du Mondial de football, a été écartée par les ministres européens de la Santé dès le 5 juin.
Le gouvernement fédéral belge a annoncé sa position de manière explicite, en concertation avec l’Union européenne. « Une interdiction d’entrée, personne ne propose cela en Europe. Et je vais aller encore plus loin. Les États-Unis, en tant que pays, portent une responsabilité écrasante dans ce qui se passe en Afrique, du fait qu’ils ont drastiquement réduit leur coopération au développement et leur aide médicale. Cette politique américaine aura bientôt des millions de morts sur la conscience », a déclaré Frank Vandenbroucke, ministre belge de la Santé.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, ni la fermeture des frontières ni la quarantaine automatique ne sont recommandées à ce stade. L’Union européenne privilégie donc des contrôles renforcés dans les aéroports au départ de la RDC et de l’Ouganda, plutôt qu’une mesure discriminatoire.
Cette décision intervient alors que les États-Unis avaient menacé de fermer leurs propres frontières aux ressortissants des pays européens qui n’appliqueraient pas leur demande. La Belgique, forte de ses liens historiques avec la RDC, a choisi une approche fondée sur la science et la solidarité, évitant ainsi une stigmatisation des populations africaines touchées par l’épidémie.
L’affaire illustre les tensions transatlantiques sur la gestion des crises
Voice of Congo