29/08/2026
À celles et ceux qui portent le Kivu dans leur exil
À celles et à ceux que la guerre a contraints à s’éloigner, partis en quête d’une vie meilleure, loin de la précarité qui sévit à Goma, à Bukavu, et dans toutes les zones sous contrôle rebelle.
À vous qui dormez ailleurs, loin des chaleurs du Nyiragongo, très loin de vos amours, mais dont le cœur continue de battre au rythme des vents qui coiffent les collines du Kivu.
À vous qui avez fui la guerre et qui, depuis, respirez dans l’incertitude de l’exil, à Kinshasa, à Kolwezi, à Lubumbashi, à Beni, à Durba, à Bunia, à Kampala, à Bujumbura, à Kisangani…
À celles et à ceux qui ont tout perdu, mais qui manquent de voix pour crier leur malheur, qui peinent à trouver des larmes pour pleurer leur infortune, et qui s’accrochent à l’espoir sans promesse.
À vous qui avez laissé derrière vous une maison, un amour, une boutique, une école, une carrière, une tombe, un champ, un confort — tout cela brisé dans un crépitement de balles.
Que le succès récompense votre courage et votre persévérance.
Que vos bras continuent de porter, malgré la fatigue.
Que vos pieds avancent encore, même sur les sentiers du désespoir.
Car une lueur apparaîtra. Oui, comme ces rayons de soleil qui brisent l’arrogance des longues nuits.
Et sachez-le : partir n’est pas renoncer. Fuir, c’est parfois renaître ailleurs, sans jamais oublier d’où l’on vient. 🔥
À celles et à ceux qui sont restés. Vous êtes de vrais héros. Le cœur brûlant à l’intérieur, les corps essuyant les coups, vous tenez, malgré les humiliations, malgré l’oppression, malgré la misère aggravée. 🙏🏿
À vous, mes compatriotes congolais, qui êtes hors de danger. De la souffrance et de la guerre de l’Est, vous n’avez souvent qu’un écho virtuel, une réalité dont les images défilent sur vos écrans.
Sachez ceci :
Si à nos morts nous devons la mémoire,
Aux survivants, vous devez la solidarité.
À ceux qui sont dans vos murs,
Vous leur devez l’accueil, l’amour et le réconfort.
Personne n’a choisi la guerre.
Personne n’a choisi l’inconfort.
Personne n’a choisi l’exil.
Sans quémander la générosité, nous demandons la quiétude, même quand nous remplissons vos ruelles.