08/02/2026
Mamu Tshiyamba : rétablir la vérité historique et dissiper les confusions
Celestin TL Celestin Kabambi
TL celestin
Vendredi 06 Février 2026
Depuis quelques jours, plusieurs récits circulent sur la toile au sujet de la légende de Mamu Tshiyamba. Certains de ces textes, mal vérifiés ou déformés, ont introduit des éléments inexacts, notamment l’implication supposée des Bakwa Mulumba dans cette histoire.
Ainsi, c'est une nécessité pour nous, non seulement comme scientifique mais plutôt fils de la Chefferie de Bakwa Mulumba, d’éclairer l’opinion, en rapprochant les différentes versions connues et en rétablissant les faits dans leur cohérence.
Selon les sources orales les plus concordantes, Tshiyamba, de son vrai nom Kapinga, était une jeune fille originaire de la chefferie de Bena Kalambayi.
Elle vivait comme domestique auprès de l’une des épouses du Grand Chef Mutombo Katshi, autorité de la Chefferie des Bakwa Kalonji.
Un certain jour, le conflit éclata au palais royal entre Mutombo Katshi et certaines de ses épouses. Deux d’entre elles quittèrent alors la cour et traversèrent la rivière Kasansa pour trouver refuge chez Mpoyi Mitondo, Chef du groupement des Bena Mpiana.
Lorsque le grand Chef apprit que ses femmes avaient été accueillies et gardées par Mitondo, il considéra cet acte comme une provocation et menaça d’attaquer le groupement de Bena Mpiana.
Conscient de la puissance militaire et de l’autorité de Mutombo Katshi, Mitondo comprit qu’il ne pourrait résister seul à une telle expédition.
Il entreprit alors de constituer une alliance défensive avec d’autres chefs de groupements voisins. Parmi eux figuraient notamment les Chefs des Bena Mande, des Nsona, des Kanyana et des Luanga. Ensemble, ils décidèrent de conclure un pacte solennel de non-agression et d’assistance mutuelle, connu sous le nom de Ndondo.
Le principe de celui-ci était simple :
si l’un des membres du bloc était attaqué, tous les autres prendraient les armes à ses côtés ;
aucune guerre ne serait possible entre les groupements signataires.
Pour sceller cette alliance, les chefs décidèrent d’un sacrifice fortement symbolique, selon les pratiques rituelles de l’époque.
Ainsi, une jeune fille fut achetée à cet effet.
Il s'agit de la demoiselle Kapinga, originaire des Bena Kalambayi.
À partir de ce moment même son nom devint Tshiyamba, figure sacrificielle et symbole vivant du serment qui unissait désormais les Chefs du bloc.
La jeune fille est enterrée vivante, entourée d’animaux offerts en sacrifice, afin d’incarner l’unité et l’indivisibilité de l’alliance.
Le message du rituel était celui-ci : quiconque trahirait le pacte subirait la même douleur et la même mort que Tshiyamba.
Lorsque Mutombo Katshi apprit l’existence de cette alliance militaire solidement scellée, il renonça à son projet d’attaque contre Mpoyi Mitondo, craignant l’affrontement avec une coalition de chefs unis par un serment sacré.
Depuis lors, dans aucune des versions sérieuses et concordantes de cette histoire, il n’est fait mention de l’implication des Bakwa Mulumba.
Ni dans la version liée au conflit conjugal du Chef Mutombo Katshi, ni dans celle qui évoque les tensions territoriales entre groupements, les Bakwa Mulumba n’apparaissent comme acteurs de l’alliance, du sacrifice ou du pacte de guerre.
L’introduction de ce nom dans certaines publications parues sur les réseaux sociaux, relève tout simplement d’une confusion historique ou d’une interprétation non vérifiée, qu’il convient de corriger afin de préserver la mémoire collective et l’exactitude des traditions orales.
Afin d’apporter un éclairage académique fondé et définitif sur cette question, nous nous apprêtons à organiser une émission spéciale dans un avenir proche avec le Professeur Ordinaire Honoré Kabongo Mbiye, de l’ISP de Mbujimayi.
Chercheur reconnu, il s’intéresse depuis longtemps à cette problématique et a même consacré des écrits à l’histoire de Tshiyamba.
Bref, l'histoire de Mamu Tshiyamba est avant tout celle d’un pacte de guerre entre plusieurs groupements autour de Mpoyi Mitondo, scellé par un sacrifice humain.
Elle ne concerne ni de près ni de loin les Bakwa Mulumba, dont le nom doit être retiré des récits erronés qui ont circulé et continuent actuellement.
La mémoire des peuples mérite la vérité, et la vérité exige la rigueur. Bientôt, la parole scientifique viendra confirmer ce que les traditions sérieuses n’ont jamais cessé d’enseigne
Celestin TL Celestin Kabambi
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