30/05/2026
⤵️LIRE....Professeur Vital KAMERHE face au débat constitutionnel : le bon moment ?
Par Dr Jean-Marie Katula,
Depuis plusieurs semaines, le silence de Vital Kamerhe sur la révision de la Constitution suscite critiques et interrogations. Certains le jugent lâche ou complice ; d’autres, opportuniste. À l’heure où l’Est de la RDC est meurtri par la guerre, peut-on vraiment lui reprocher de temporiser ?
1. Priorité à la sécurité des Congolais
L’Est du pays subit quotidiennement attaques et déplacements massifs de populations. Dans ce contexte, toute initiative politique – y compris une réforme constitutionnelle – ne doit pas éclipser la priorité absolue : protéger les civils, restaurer l’autorité de l’État et acheminer l’aide humanitaire. En choisissant de ne pas s’exprimer immédiatement, Vital Kamerhe envoie un message clair : la vie et la sécurité des Congolais passent avant tout.
2. Éviter la récupération politicienne
Un débat constitutionnel lancé en pleine crise sécuritaire risque d’être instrumentalisé. Certains acteurs pourraient utiliser cette question pour renforcer clientélisme et divisions, détournant l’attention des vrais défis : pacification, réconciliation et relèvement des territoires dévastés. Le silence stratégique de Kamerhe met en garde contre un tel détournement.
3. Préparer en coulisses un projet cohérent
Farouche partisan d’une réforme réfléchie, Kamerhe privilégie le travail de fond : consultations locales, études juridiques, concertations avec la société civile et les forces vives du pays. Plutôt qu’un discours précipité, il bâtit les bases d’un projet solide, capable de fédérer au-delà des clivages.
4. Le timing d’une prise de parole
Un leader politique n’est pas tenu de réagir à la première polémique venue. En période de crise grave, il est parfois plus responsable de temporiser, d’observer et d’ajuster sa stratégie. Vital Kamerhe attend le moment où :
• La situation sécuritaire se sera stabilisée,
• Les conditions d’une vraie consultation nationale seront réunies,
• Les Congolais, apaisés, pourront débattre en toute liberté.
5. Responsabilité et crédibilité
En refusant de s’engager dans des débats prématurés, Kamerhe préserve sa crédibilité : il n’associe pas son nom à une réforme bâclée ou à des manœuvres politiciennes. Ce choix de retenue est un signe de responsabilité, non de faiblesse.
Conclusion
Le silence de Vital Kamerhe sur la réforme constitutionnelle n’est ni lâcheté, ni complaisance : c’est une posture volontaire, mûrie par le sens des responsabilités. Tant que l’Est de la RDC restera en proie à la guerre et que les conditions d’un débat inclusif ne seront pas réunies, mieux vaut préparer patiemment une réforme légitime et durable qu’imposer un discours hors sol. La parole de Kamerhe, quand elle viendra, pourra alors porter le poids de la réflexion, et non celui de l’émotion ou du calcul immédiat.
Kombe Constant