04/06/2026
Scandale à l’ : Entre pillage de millions et mépris des entrepreneurs, les dessous de la chute du tout puissant Miguel Kashal
Kinshas, le 04 juin 2026
Le masque est enfin tombé. Par une ordonnance signée des mains du Président Félix Tshisekedi, il a été mis fin aux fonctions de Miguel Kashal Katemb à la tête de l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé (ARSP). Si le grand public découvre aujourd'hui, avec stupeur, les révélations d’Africa Intelligence sur des retraits suspects de 30 millions de dollars, les entrepreneurs congolais de terrain, eux, savaient déjà. Ils vivaient au quotidien le sabotage méthodique de la vision du Chef de l'État par une direction générale qui préférait servir ses réseaux plutôt que la patrie.
Pendant des mois, Miguel Kashal a écumé les médias et les salons huppés, se drapant dans le costume de « gendarme de la classe moyenne ». Un storytelling savamment orchestré pour masquer une réalité révoltante : l’ARSP était devenue un coffre-fort pour les uns, et un mur de mépris infranchissable pour les créateurs de valeur congolais.
Le double jeu de l'imposture : Guichets fermés pour les jeunes entrepreneurs Congolais, vannes ouvertes pour le réseau
Pendant que l'ex-DG multipliait les promesses d'intégration économique, les véritables entrepreneurs congolais se heurtaient à un boycott systématique. Demandes d’accréditations de médias thématiques ignorées, dossiers d’accompagnement jetés au panier, projets d'envergure internationale laissés à l'abandon dans des tiroirs... Rien n'y faisait.
Même les demandes d'audience les plus légitimes ou les relances téléphoniques étaient lus et ignorés avec un dédain souverain. Ce n'était plus de la bureaucratie, c'était un blocus délibéré. Une violation frontale de la Loi n° 22/030 sur la promotion de l'entrepreneuriat. On se demandait alors : de quels entrepreneurs parlait ce directoire à longueur de journée ?Aujourd’hui, l'enquête financière apporte une réponse cinglante à cette question.
Les chiffres de la trahison : 30 millions $ retirés en liquide
L’enquête publiée par le média spécialisé Africa Intelligence vient poser des données comptables révoltantes sur ce sentiment d'injustice. Une lettre de dénonciation officielle adressée au ministre de l’Entrepreneuriat, Justin Kalumba, et appuyée par les relevés d'un compte de l'ARSP à la Sofibanque (période 2024 - juin 2025), révèle une gestion financière aux antipodes de l'orthodoxie :
- Des dizaines de millions de dollars américains retirés en espèces et en liquide, volatilisant toute traçabilité.
- Des privilèges indécents : plus de 200 000 dollars de « frais d’installation » auto-attribués au profit personnel de Miguel Kashal.
- 3 millions de dollars versés dans l'opacité la plus totale à des cabinets d’avocats.
Pour masquer l’odeur du soufre, l'entourage de l'ex-DG tente aujourd'hui de brandir le bouclier de l'« effort de guerre » et de la sécurité nationale dans l’Est face au M23/AFC, affirmant que la CENAREF ne s'y était pas opposée. Mais le contraste est trop violent pour être toléré : comment oser invoquer le secret défense pour justifier des sacs de billets de banque en liquide, alors que l'institution refusait d’accorder le moindre appui institutionnel ou la moindre visibilité aux entrepreneurs nationaux qui se battent pour la survie économique du pays ?
Fin de mission, place à la justice
En signant cette ordonnance de révocation, Félix Tshisekedi ne prend pas seulement une sanction administrative : il met fin à une trahison de sa propre vision politique. On ne bâtit pas l'indépendance économique d'un pays en asphyxiant ses propres fils pour alimenter des circuits financiers parallèles.
Miguel Kashal, qui avait déjà été auditionné par le Conseil National de Sécurité (CNS) avant d'être relâché, doit désormais faire face à l'histoire et à la justice. Les documents sont là, les captures d'écran du mépris sont actées, et les relevés bancaires parlent d'eux-mêmes. La justice congolaise doit maintenant déterminer si cet argent a servi la patrie ou s'il a été siphonné. Une chose est sûre : pour les entrepreneurs congolais, le temps de la patience est fini, et l'ère de l'impunité vient de vaciller.
Par la Rédaction
La Présidence RDC Primature de la République Démocratique du Congo