28/10/2025
'OR MAUDIT DE LA FORÊT OUBLIÉE
Il y a des années, dans les profondeurs de la forêt du village Nkiende, au au kongo centrale, vivait un homme nommé Kofi. Pas un héros, juste un pauvre mineur obsédé par l'or – celui qui brillait dans les rivières secrètes, promettant richesse et pouvoir. Les anciens l'avaient averti: "La forêt avale les cupides. Elle offre l'or, mais prend l'âme." Kofi rit. Il prit sa pioche, une lampe torche faiblarde et s'enfonça dans les bois au crépuscule, quand les singes hurlent comme des âmes damnées.
La nuit tomba vite, lourde d'humidité et de cris d'oiseaux invisibles. Les arbres, tordus comme des doigts crochus, semblaient se pencher sur lui. Kofi creusait près d'un ruisseau noir, sous la lune pâle. Soudain, un éclat: des pépites d'or, grosses comme des noix de kola, jonchaient le sol. Son cœur bondit. "Fortune!" murmura-t-il, les mains tremblantes. Mais l'air changea – un froid surnaturel, comme si la forêt respirait sur sa nuque.
Puis, il l'entendit: un chant bas, rythmé, venant d'une clairière cachée. Curieux et avide, Kofi s'approcha. Au centre, un vieil homme assis sur une souche, la peau ridée comme du cuir brûlé, les yeux blancs laiteux fixés sur un feu minuscule qui crépitait sans bois. Autour de lui, des amulettes d'os et de plumes tremblaient dans le vent. "L'or t'appelle, voyageur," dit le sorcier d'une voix rauque, comme des feuilles mortes froissées. "Mais il a un prix."
Kofi s'assit, hypnotisé. Le sorcier raconta une histoire vraie, celle de son propre frère, un chasseur qui, il y a 50 ans, avait trouvé un filon d'or ici même. "Il creusa, riant de joie. Mais la forêt n'oublie pas. Chaque pépite qu'il prit vola un bout de son ombre – son rire d'abord, puis sa vue, enfin son souffle." Le sorcier tendit une poignée d'or scintillant. "Prends-en, et je te guide vers plus. Mais jure: ton sang pour sceller."
Nuance sombre: ce sorcier n'était pas un homme ordinaire. Dans les villages, on chuchote encore de lui – un "babalawo" dé