06/09/2026
🇮🇹 En Sicile, une coopérative agricole veut sortir les travailleurs migrants de l’exploitation.
À Catane, des ouvriers agricoles migrants ont uni leurs forces autour de la coopérative sociale Dokulaa. Le projet vise avant tout à aider les travailleurs étrangers à sortir du caporalato, système d’exploitation largement répandu dans le secteur agricole sicilien. Ailleurs sur l'île sicilienne, d'autres initiatives tentent également de venir en aide aux immigrés.
Le long de la route nationale bordant les plages de Catane et ses stations balnéaires défraîchies, le décor vieillot du Caffé Désirée ne fait pas tache dans le paysage. Des chauffeurs routiers s'y attablent le temps d’une brioche fourrée au granita, petit-déjeuner traditionnel sicilien, après avoir fait le plein dans la station essence voisine. Sur le parking, une poignée de militaires tirent sur des ci******es, le treillis adossé au capot poussiéreux de leur véhicule.
Chemise camouflage sur le dos, Mamadou Sowe, dépasse les hommes en uniformes et poursuit sa route jusqu’au fond du parking. À peine perceptible entre les herbes hautes, une porte grillagée mène à l’ancien terrain d'une école : l’Institut technique agricole désaffecté, aujourd’hui réinvesti par Mamadou et ses collègues de Dokulaa, qui signifie "travailleurs" en mandinkan.
Officiellement lancée en 2022, cette coopérative sociale a finalement obtenu le droit d’occupation de ces 7 hectares de terrain à la fin de l’année dernière, pour une durée de cinq ans. Dans l’ancienne cour d’école, des bacs ont été aménagés pour cultiver du bissap et du gombo. Au fond du terrain, les semis de tomates, d’aubergines, et de poivrons plantés il y a quelques semaines commencent à porter fruit, en ce début mai aux airs d’été.
Les revenus de la jeune coopérative proviennent principalement de la revente de divers produits agricoles, récoltés par ses membres chez des propriétaires locaux, désintéressés par le travail de la terre. Des centaines de litres d’huile d’olive sont entreposés dans une ancienne salle de classe, aux côtés de kilos de noisettes, en attendant d’être écoulées sur des marchés locaux ou envoyés à des clients particuliers, en Italie et ailleurs en Europe. La mise en commun des produits assure une redistribution équitable des profits entre les mains qui les ont cueillis, sans qu’ils ne soient grugés par des intermédiaires.