18/08/2026
Un an après sa disparition, Augustin K. Basabose reste une référence de la primatologie congolaise
Par Alvin BUZAKI
Média-Vert | Bukavu, 18 août 2026
Il y a un an jour pour jour, la conservation en RDC perdait l’un de ses plus grands esprits. Le Professeur Augustin Kanyunyi Basabose, fondateur de Primate Expertise, s’éteignait le 18 août 2025 à l’Hôpital général de Bukavu.
Un an plus t**d, le vide est toujours là. Mais son héritage, lui, continue de pousser. Dans les forêts de l’Est, dans les universités, et surtout dans la nouvelle génération de chercheurs qu’il a formée.
Le chercheur de Kahuzi-Biega
Avant de fonder Primate Expertise, Augustin Basabose avait fait du Parc national de Kahuzi-Biega son terrain de recherche.
Docteur en zoologie de Kyoto University en 2005, il a étudié pendant des années l’écologie des chimpanzés et des gorilles de montagne.
Ses travaux ont documenté le régime alimentaire des chimpanzés, la disponibilité des fruits, leurs déplacements et même la coexistence entre chimpanzés et gorilles dans ce même écosystème.
Pour lui, la science ne servait à rien si elle ne servait pas la conservation. Comprendre l’animal, c’était comprendre la forêt pour mieux la protéger.
Quand la crotte de gorille restaure la forêt : l’invention Ape Trees
La contribution la plus originale de Basabose porte un nom : Ape Trees.
Le principe est simple et génial : les gorilles et chimpanzés mangent des fruits et dispersent les graines dans leurs excréments. Ces graines sont collectées, mises en pépinière, puis plantées pour restaurer les zones dégradées.
La crotte du gorille devient ainsi un outil pour reconstruire son propre habitat.
Selon Primate Expertise, cette approche a permis de produire *93 505 plants* et de restaurer *300 hectares* dans le Parc national de Kahuzi-Biega.
Le projet s’est aussi étendu. En 2026, *29,2 hectares* ont été plantés dans la réserve naturelle d’Idjwi-Nyamusisi.
L’idée centrale : on ne sauve pas le gorille de Grauer sans sauver sa forêt.
Le bâtisseur d’une école congolaise de primatologie
Au-delà des hectares et des publications, l’héritage de Basabose se lit dans les hommes et les femmes.
Il a enseigné à l’Université du Rwanda, à l’UCB, à l’UOB, à l’UNILU et au Centre de Lwiro. Son combat : créer une expertise congolaise capable de faire de la recherche de haut niveau depuis la RDC.
Il a formé des dizaines de jeunes chercheurs. Une transmission qui survivra aux publications.
Même en 2024, un an avant sa mort, il signait encore des études scientifiques sur l’usage des arbres fruitiers par les grands singes à Kahuzi-Biega. Son travail continue d’alimenter la science.
Que retenir un an après ?
Il reste Primate Expertise.
Il restent les arbres qui poussent grâce aux grands singes.
Il reste surtout une génération de scientifiques congolais qui croient qu’on peut faire de la science utile, ici, chez nous.
Le meilleur hommage au "patriarche" n’est pas seulement de citer son nom chaque 18 août.
C’est de poursuivre ses recherches, de financer la science de terrain, de restaurer les forêts et de former d’autres chercheurs.
Un an après, Augustin K. Basabose ne parcourt plus les sentiers de Kahuzi-Biega.
Mais dans la forêt, les graines qu’il a aidé à semer continuent de germer.
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