09/06/2026
La belle époque : retro sur le restaurant MUA PAUL à KELE
Dans la mémoire collective des habitants de KELE, particulièrement ceux qui ont grandi aux alentours de 3Z dans les années 2006 à 2013, un nom demeure gravé comme un symbole de convivialité, de solidarité et de débrouillardise : MUA PAUL.
Bien plus qu'une simple restauratrice, MUA PAUL était une véritable institution locale. Femme d'affaires respectée, elle incarnait aussi une forme de salut quotidien pour de nombreux célibataires, étudiants, travailleurs et même certains hommes mariés dont les repas à domicile n'étaient pas toujours garantis.
À cette époque, il suffisait de disposer de 700 Fc pour satisfaire sa faim : un plat d'haricots à 500 Fc accompagné d'un pain à 200 Fc permettait de tenir toute la journée. Et la demande d'ajout de sauce était presqu'une tradition incontournable pour les habitués. Les plus habiles négociaient parfois leur plat d'haricots jusqu'à 300 FC, surtout lorsqu'il s'agissait des célèbres haricots rouges, d'ailleurs ma préférence 🙈
Le restaurant MUA PAUL n'était pas seulement un lieu de restauration. C'était également un véritable point de rencontre. Lorsqu'un jeune était introuvable à son domicile, ses amis savaient exactement où le chercher. Les mamans du quartier y faisaient souvent escale lorsqu'une mystérieuse disparition de 500 FC était constatée à la maison. Pour de nombreux jeunes de KABINDUMBI, l'endroit représentait même un véritable « espace Schengen », où les rencontres et les échanges se faisaient librement.
L'ambiance y était constamment animée par les discussions passionnées qui rythmaient la vie du quartier. Les débats portaient sur le célèbre jeu de hasard BOMBA BOMBA, les affrontements de catch entre MANSEBA et ses challengers, les combats de boxe opposant MAISON MÈRE à KAKOLIN, les concerts de BIC ROUGE et KADIAMPEMBA, sans oublier les performances des équipes de football locales telles que MOMEKANO, KOLOMBOKA, KANOWA, LA POLICE, UNION KASAÏ et bien d'autres.
Avec ses chaises en plastique, ses bancs et ses tables en bois, le restaurant MUA PAUL n'avait peut-être rien d'un établissement luxueux. Pourtant, il constituait un véritable refuge pour les affamés, un centre de vie communautaire et un espace de retrouvailles qui a marqué toute une génération.
Aujourd'hui encore, le simple souvenir de MUA PAUL ravive chez de nombreux habitants de KELE une douce nostalgie. Celle d'une époque où le partage, la simplicité et la fraternité se vivaient au quotidien autour d'un modeste plat d'haricots.
MUA PAUL n'était pas seulement un restaurant. C'était un pan entier de l'histoire sociale et populaire de KELE.