15/02/2020
[PORTRAIT]
Il y a 60 ans, Rosa Parks refusait de céder sa place dans le bus.
En refusant de céder sa place dans le bus il y a soixante ans jour pour jour, l'Afro-Américaine déclenchait le mouvement de lutte pour les droits civiques. Retour sur l'histoire de celle qui a initié le combat contre la ségrégation raciale.
1er décembre 1955. Un après-midi banal en Alabama. Dans le bus, le chauffeur demande à Rosa Parks, 42 ans, de laisser sa place à un homme blanc pour aller se mettre au fond, dans la zone réservée aux Noirs. À l'époque, si un Blanc veut occuper les rangs du centre, c'est au Noir de se pousser, et Rosa Parks est fatiguée. Non pas physiquement mais moralement, de l'oppression que subissent alors quotidiennement les millions de Noirs des États du Sud des États-Unis. Elle dit non.
Née dans l'Alabama en 1913, Rosa Louise McCauley est l'aînée des deux enfants d'un charpentier et d'une institutrice. Sa mère lui fait l'école à la maison jusqu'à ses onze ans. Puis elle suit un enseignement dans une école fondée par des familles blanches du Nord pour les enfants noirs, qui sera brûlée à deux reprises par le Ku Klux Klan. Elle poursuit ses études à l'école normale d'instituteurs noirs de l'État d'Alabama. Chaque matin, elle se rend à pied dans sa classe - le bus scolaire est alors interdit aux enfants noirs. Le monde dans lequel grandit la petite-fille est pétri dans le racisme. Les lois Jim Crow imposent dans les États du Sud des États-Unis une stricte ségrégation entre Blancs et Noirs.
Par Lucile Quillet