10/05/2026
À Uvira, les femmes des médias élèvent la voix pour des conditions de travail plus dignes
Ce Samedi 9 mai 2026, les femmes des médias se sont retrouvées à Kagando pour une retraite de réflexion inédite, à l’initiative de l’Union des Femmes des Médias pour la Paix (UFMP).
Loin des discours officiels du 3 mai, la rencontre a pris la forme d’une introspection collective. Micro tendu ou carnet à la main, les professionnelles de radio, télévision et médias en ligne ont vidé leur sac. Le tableau dressé est rude : insécurité sur le terrain lors des reportages, manque criant d’accompagnement professionnel, et précarité chronique dans plusieurs maisons de presse.
« On nous demande de couvrir des zones à risque sans équipement, sans assurance. Et à la fin du mois, certaines n’ont même pas de salaire fixe », témoigne une journaliste radio sous couvert d’anonymat. Le constat est partagé : être femme dans les médias à Uvira, c’est souvent cumuler les vulnérabilités.
Pendant plusieurs heures, les échanges ont surtout porté sur les solutions. Trois urgences ressortent :
- Les participantes réclament des formations pratiques, adaptées aux réalités du terrain et aux différentes spécialités, du reportage de guerre au journalisme de données.
- Elles exigent une meilleure reconnaissance de leur travail, encore trop souvent minimisé face à celui de leurs collègues masculins.
- L’amélioration des conditions de vie et de travail n’est plus négociable, avec en tête la sécurité physique et financière.
Pour Joséphine Mungumbi, coordinatrice de l’UFMP, cette retraite n’est qu’un point de départ. « Nous allons avancer progressivement avec les moyens disponibles afin de répondre à certains besoins prioritaires exprimés par les participantes », assure-t-elle.
Consciente des contraintes financières de l’organisation, l’UFMP mise d’abord sur la cotisation de ses membres pour lancer des premières sessions de formation et d’accompagnement. En parallèle, un travail d’identification des besoins spécifiques est prévu pour bâtir des réponses sur mesure. L’appel aux partenaires est lancé, mais l’organisation refuse d’attendre.
Au-delà des revendications corporatistes, c’est la place même des femmes dans l’espace public qui se joue. À travers cette initiative, les journalistes d’Uvira rappellent qu’elles entendent jouer pleinement leur rôle de vigies de la démocratie.
Le message est clair : pas de presse libre sans femmes journalistes libres d’exercer dans la dignité. Elles réclament un environnement professionnel plus sécurisé, plus équitable, où le journalisme au féminin ne rime plus avec sacrifice.
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Crédit: Kivu global
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