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Bruno Foucher : trente visites, une résidence, et beaucoup de diplomatie bilatéraleÉDITORIALPar Ben-Wilson Ngassan Il pa...
12/08/2026

Bruno Foucher : trente visites, une résidence, et beaucoup de diplomatie bilatérale

ÉDITORIAL

Par Ben-Wilson Ngassan

Il paraît que la diplomatie est l'art de rapprocher les peuples. À Bangui, Bruno Foucher semble avoir pris la formule au pied de la lettre.

Entre janvier 2024 et mars 2026, une trentaine de jeunes femmes auraient fréquenté les appartements privés de l'ambassadeur de France à la résidence diplomatique. Une fréquentation suffisamment assidue pour finir par attirer l'attention du Quai d'Orsay et provoquer l'ouverture d'une procédure disciplinaire. Selon les éléments rapportés par Le Monde, le diplomate aurait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec certaines d'entre elles.

Trente visites, une résidence, et beaucoup de « diplomatie bilatérale ». Il fallait bien trouver une nouvelle manière de parler du rapprochement franco-centrafricain.

Sauf qu'une ambassade n'est pas un hôtel particulier. Encore moins un terrain de chasse sentimentale. Et la fonction d'ambassadeur n'est pas un permis de transformer une résidence diplomatique en annexe de vie privée, à l'abri du regard du pays qui accueille le représentant d'une puissance étrangère.

La diplomatie, ce n'est pas cela

Ce qui prête à sourire au premier regard devient beaucoup moins drôle lorsqu'on regarde la fonction occupée par l'intéressé.

Un ambassadeur ne représente pas seulement son propre carnet d'adresses. Il représente un État. Il incarne, dans le pays où il est accrédité, une parole, une administration, une politique étrangère et, surtout, une certaine idée de son pays.

À ce titre, l'attitude reprochée à Bruno Foucher n'est pas une simple affaire de mœurs relevant de la seule sphère privée. Elle pose une question beaucoup plus embarrassante : jusqu'où un diplomate peut-il confondre les privilèges attachés à sa fonction avec les libertés que lui confère sa position sociale ?

Car lorsqu'un homme aussi puissant qu'un ambassadeur reçoit chez lui de jeunes femmes centrafricaines, le rapport entre les individus n'est jamais totalement débarrassé de la question du pouvoir, de l'argent, du prestige et de l'influence.

Et c'est précisément là que commence le malaise.

Quand la résidence devient le problème

Il faudra évidemment laisser aux enquêtes et aux procédures compétentes le soin d'établir les faits, de déterminer s'il y a eu abus, pression, exploitation ou consentement libre, et d'identifier d'éventuelles victimes.

Mais il serait tout aussi dangereux de réduire cette affaire à une plaisanterie de salon.

Car derrière le vaudeville diplomatique se trouvent peut-être des femmes qui, elles, ne rient pas.

Il faut donc que toute la lumière soit faite. À Bangui comme à Paris.

Si certaines de ces femmes ont subi des pressions, des abus de pouvoir, des promesses indues, des représailles ou toute autre forme d'emprise, elles doivent pouvoir obtenir justice et réparation. Et si aucune infraction n'est juridiquement constituée, les faits doivent néanmoins être examinés avec la même exigence de transparence.

La justice ne doit avoir ni passeport ni couleur de peau.

Une jeune Centrafricaine ne doit pas avoir moins de droits parce qu'elle a franchi la porte d'une résidence diplomatique française. Et un ambassadeur ne doit pas bénéficier d'une indulgence particulière parce qu'il porte les couleurs d'une grande puissance.

*Le vieux parfum d'une relation qui refuse de mourir*

L'affaire devient d'autant plus sensible qu'elle survient dans une relation franco-centrafricaine déjà chargée d'histoire.

Depuis plusieurs années, le rapport entre Paris et Bangui est traversé par les soupçons, les incompréhensions, les crises de confiance et les accusations réciproques. La France tente de redéfinir sa relation avec l'Afrique tandis qu'une partie croissante des opinions publiques africaines réclame une relation débarrassée des réflexes paternalistes hérités de l'époque coloniale.

Dans ce contexte, une affaire mettant en cause le comportement d'un représentant de la France à Bangui peut produire des dégâts qui dépassent largement la personne de Bruno Foucher.

Car l'image renvoyée est désastreuse : celle d'un représentant d'une ancienne puissance coloniale évoluant dans un univers où les frontières entre pouvoir diplomatique, privilège social et vie privée paraissent dangereusement poreuses.

C'est ici que l'affaire peut réveiller les vieux démons de la Françafrique.

Non pas parce qu'il faudrait transformer chaque comportement individuel en preuve d'un complot d'État. Ce serait intellectuellement paresseux. Mais parce que les comportements des représentants d'une puissance étrangère sont inévitablement interprétés à travers l'histoire des rapports de pouvoir entre cette puissance et le pays dans lequel ils exercent.

Et à Bangui, cette histoire est lourde.

Le néocolonialisme n'a pas toujours besoin d'un traité

Le néocolonialisme, lorsqu'il existe, ne se manifeste pas forcément par une note diplomatique ou une intervention militaire.

Il peut aussi se glisser dans les comportements. Dans la manière de considérer les élites locales. Dans la conviction que certains privilèges sont naturels. Dans la certitude que la position sociale protège de la critique. Dans cette étrange idée selon laquelle ce qui serait inadmissible dans une capitale européenne pourrait devenir, une fois l'avion posé en Afrique, une simple affaire de mœurs locales.

C'est précisément ce genre de perception qu'il faut combattre.

Si les faits rapportés sont confirmés, ils ne doivent évidemment pas être utilisés pour condamner indistinctement la France ou les Français. Mais ils doivent interroger une culture diplomatique et les mécanismes de contrôle qui permettent à un représentant de l'État français de se retrouver au centre d'une telle affaire.

Paris aurait donc tout intérêt à comprendre que la meilleure manière de défendre son ambassadeur n'est pas nécessairement de le protéger, mais de faire preuve d'une transparence exemplaire.

Et si l'affaire dépassait Bangui ?

Il serait également naïf de croire que cette affaire restera enfermée derrière les murs de la résidence de France.

Dans une Afrique où les réseaux sociaux ont remplacé les anciennes agences de rumeurs, une affaire de ce type peut rapidement devenir un symbole.

Un symbole de privilège.

Un symbole de deux poids, deux mesures.

Un symbole, surtout, de cette relation franco-africaine que Paris affirme vouloir réinventer.

Voilà pourquoi le Quai d'Orsay devrait prendre cette affaire au sérieux. Pas seulement parce qu'elle concerne un diplomate. Mais parce qu'elle risque de devenir une histoire racontée partout où la France cherche aujourd'hui à reconstruire sa crédibilité.

Le danger, pour Paris, n'est donc pas seulement que Bruno Foucher ait franchi une ligne professionnelle.

C'est que son comportement fournisse à tous ceux qui dénoncent les survivances de la relation coloniale une nouvelle pièce à conviction.

Et une pièce à conviction particulièrement facile à raconter.

La République française doit-elle rire avec Bangui ?

La question est finalement assez simple.

La France peut-elle demander aux pays africains de respecter les standards diplomatiques, institutionnels et éthiques qu'elle exige d'eux, tout en donnant l'impression que ses propres représentants bénéficient d'un régime d'exception ?

La réponse devrait être non.

La véritable élégance diplomatique, cette fois, consisterait à faire exactement l'inverse de ce que suggère cette affaire : reconnaître la gravité du problème, protéger les éventuelles victimes, établir les responsabilités et tirer les conséquences qui s'imposent.

Parce qu'entre Paris et Bangui, il y a déjà suffisamment de contentieux historiques pour ne pas en fabriquer de nouveaux dans les salons d'une résidence diplomatique.

Et puisque Bruno Foucher semble avoir beaucoup travaillé au rapprochement des corps, il serait peut-être temps que Paris se préoccupe sérieusement du rapprochement des consciences.

La diplomatie française prétend tourner la page de la Françafrique.

Encore faudrait-il éviter que certaines pages ne se tournent toutes seules.

Et surtout, éviter qu'elles ne soient écrites depuis une chambre d'ambassadeur.

Centrafrique : des leaders politiques veulent relancer le débat sur la paix après les tensions d'Am-DafokBangui. Alors q...
09/07/2026

Centrafrique : des leaders politiques veulent relancer le débat sur la paix après les tensions d'Am-Dafok

Bangui. Alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs régions de la République centrafricaine, une coalition de responsables politiques entend remettre la question de la paix au cœur du débat public. Réunis au sein du Conseil des leaders pour la paix et la sécurité nationale (CLPSN), sept leaders politiques organiseront, ce vendredi 10 juillet 2026 à 10 heures, une conférence de presse à l'Hôtel Ledger Plaza de Bangui.

Placée sous le thème « Paix pour la Centrafrique, solutions pour l'avenir », cette rencontre intervient quelques jours après les affrontements survenus à Am-Dafok, dans l'extrême nord-est du pays, où les violences ont ravivé les inquiétudes sur la persistance des menaces sécuritaires aux frontières centrafricaines.

Selon les organisateurs, cette conférence ne se limitera pas à un simple commentaire de l'actualité. Elle ambitionne de dresser un état des lieux de la crise sécuritaire, d'analyser les facteurs qui alimentent l'instabilité et de proposer des pistes de sortie susceptibles de renforcer durablement la paix, la stabilité et la cohésion nationale.

Le CLPSN affirme vouloir attirer l'attention de l'opinion publique sur les conséquences humaines des violences qui affectent encore certaines localités du pays, tout en appelant à une mobilisation des acteurs politiques, institutionnels et de la société civile autour de l'intérêt supérieur de la Nation.

Sept personnalités politiques prendront successivement la parole au cours de cette conférence, parmi lesquelles Jenifer Saraiva, Eddy Syphorien Kparekouti, Serge Ghislain Djorie, Aristide Briand Reboas, Ben-Wilson Ngassan, Gervais Koyassambé et Landry Cyr Olivier Moukola. Les interventions devraient porter aussi bien sur les enjeux sécuritaires que sur les réponses politiques, diplomatiques et citoyennes à apporter face aux défis actuels.

L'événement est annoncé comme ouvert au public et aux médias. Les initiateurs espèrent ainsi faire de cette rencontre un espace de réflexion et de propositions, dans un contexte où la consolidation de la paix demeure l'un des principaux défis de la République centrafricaine.

À travers cette initiative, le Conseil des leaders pour la paix et la sécurité nationale entend se positionner comme une plateforme de dialogue, convaincue que la stabilité du pays passe autant par l'action militaire que par la recherche de solutions politiques durables et d'un consensus national.

01/07/2026

Très chers transporteurs et consommateurs,

À la suite des différentes concertations menées avec les acteurs du secteur, les mesures ministérielles relatives au transport de la viande de bœuf sur l'ensemble du territoire national entrent officiellement en vigueur ce 1er juillet 2026.

Chaque consommateur est appelé à faire preuve de responsabilité et de civisme en veillant au strict respect de ces dispositions, qui visent à garantir la qualité sanitaire de la viande, à protéger les consommateurs et à assurer une concurrence saine dans le secteur.

Les services du Ministère du Commerce et de l'Industrie, en collaboration avec l'ensemble des services de l'État concernés, veilleront au strict respect et à l'application effective de ces mesures sur toute l'étendue du territoire national.

Ensemble, agissons pour une viande saine, un commerce responsable et la protection de la santé publique.

24/06/2026
12/06/2026
CLARIFICATION FACE AUX ALLÉGATIONS INFONDÉES VISANT MME PRISCA ROSELINE MANO Depuis plusieurs jours, Mme Prisca Roseline...
10/06/2026

CLARIFICATION FACE AUX ALLÉGATIONS INFONDÉES VISANT MME PRISCA ROSELINE MANO

Depuis plusieurs jours, Mme Prisca Roseline Mano fait l'objet d'une campagne d'attaques médiatiques et de nombreuses publications sur les réseaux sociaux visant à porter atteinte à son image, à sa réputation professionnelle ainsi qu'à son engagement au service de la communauté.

Avant toute chose, il convient de rappeler un principe fondamental de l'État de droit : aucune personne ne peut être déclarée coupable sur la base de simples allégations, de rumeurs ou d'accusations relayées dans l'opinion publique sans preuves établies par les autorités compétentes.

La présomption d'innocence demeure un droit fondamental pour tout citoyen.

Une campagne de déstabilisation fondée sur des amalgames

L'analyse des différentes publications diffusées ces derniers jours révèle une stratégie reposant davantage sur des suppositions que sur des faits démontrés.

Les auteurs de ces accusations tentent d'établir un lien entre les fonctions exercées par certaines personnalités et les activités privées de Mme Prisca Roseline Mano , sans apporter d'éléments matériels, de rapports d'enquête officiels ou de décisions administratives pouvant étayer leurs affirmations.

Cette méthode consiste à créer dans l'opinion publique une confusion entre des responsabilités institutionnelles et les activités légales d'une entreprise privée pourtant existante depuis plusieurs années.

Une entreprise créée bien avant les polémiques actuelles

Il est important de rappeler que l'entreprise TOM évolue dans le secteur des bâtiments et travaux publics depuis 2008. Son existence ne date ni d'hier ni d'une quelconque nomination administrative récente.

Cette société dispose de ses propres équipements, de ses propres matériels et de ses propres moyens d'exploitation acquis dans le cadre de ses activités professionnelles.

Par conséquent, toute tentative visant à faire croire que les activités de cette entreprise reposeraient exclusivement sur des moyens publics ne repose, à ce jour, sur aucun élément officiellement établi.

Les réalisations de l'entreprise au fil des années témoignent d'une présence effective dans le secteur des travaux publics, avec des investissements réalisés progressivement pour répondre aux besoins de ses activités.

L'absence de preuve ne peut être remplacée par la rumeur

Les accusations de détournement présumé d'engins publics constituent des affirmations particulièrement graves.

Une telle accusation exige des preuves précises, des documents vérifiables, des constats techniques ou des conclusions d'enquêtes officielles.

À ce jour, aucune décision de justice, aucun rapport d'inspection rendu public, ni aucune communication officielle des institutions compétentes n'a établi la responsabilité de Mme Prisca Roseline Mano dans les faits qui lui sont reprochés.

Dans un État de droit, les réseaux sociaux ne peuvent se substituer aux juridictions compétentes ni aux organes de contrôle habilités à établir les faits.

Une personnalité engagée au service de la population

Au-delà des polémiques, Mme Prisca Roseline Mano demeure connue pour son implication dans plusieurs actions de proximité en faveur des habitants de Bangui.

Son engagement en faveur de l'amélioration des infrastructures de quartiers, de la salubrité urbaine et du développement local est reconnu par de nombreux citoyens.

Les multiples initiatives qu'elle a soutenues démontrent une volonté constante d'apporter des réponses concrètes aux préoccupations des populations, conformément à la dynamique de développement local encouragée par les autorités nationales.

Appel à la responsabilité et à la vérité

Face à cette situation, il est essentiel que le débat public demeure fondé sur les faits, la transparence et le respect des principes républicains.

Les critiques sont légitimes dans une démocratie, mais elles doivent s'appuyer sur des preuves et non sur des spéculations.

Nous invitons donc l'opinion publique à faire preuve de discernement et à ne pas se laisser influencer par des accusations dont le caractère vérifiable reste à démontrer.

Mme Prisca Roseline Mano reste attachée aux valeurs de responsabilité, de transparence et de respect des institutions de la République.

Elle demeure sereine face à ces attaques et continue de privilégier le travail, l'action de terrain et le service de la population.

La vérité des faits doit toujours prévaloir sur les rumeurs, car la crédibilité du débat public et le respect de la dignité des personnes en dépendent.

Centrafrique : Ce qui attend le nouveau ministre centrafricain du Commerce et de l’IndustriePar Ben-Wilson Ngassan Bangu...
25/05/2026

Centrafrique : Ce qui attend le nouveau ministre centrafricain du Commerce et de l’Industrie

Par Ben-Wilson Ngassan

Bangui, le 25 Mai 2026 — Entre flambée des prix, faiblesse du tissu industriel, informalité du commerce et attentes sociales croissantes, le nouveau ministre centrafricain du Commerce et de l’Industrie hérite d’un portefeuille aussi stratégique que sensible. À quelques mois des grandes échéances politiques et économiques, les défis sont immenses pour celui qui devra incarner la relance économique voulue par le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra.

Dans les couloirs de l’administration comme dans les milieux d’affaires de Bangui, une conviction revient avec insistance : le ministère du Commerce et de l’Industrie sera l’un des postes les plus exposés du prochain gouvernement. Car au-delà des questions économiques, ce département concentre désormais une forte attente sociale dans un pays confronté à la vie chère, au chômage massif des jeunes et à une dépendance chronique aux importations.

Pour le nouvel occupant de ce ministère, les cent premiers jours pourraient déjà être décisifs.

La vie chère, priorité absolue

C’est sans doute le premier chantier qui attend le nouveau ministre. Depuis plusieurs années, la hausse continue des prix des produits de première nécessité alimente le mécontentement populaire. Sucre, huile, ciment, carburant ou encore farine demeurent difficilement accessibles pour une grande partie des ménages centrafricains.

Face à cette situation, le futur ministre devra rapidement envoyer des signaux forts : contrôle des prix, lutte contre la spéculation, renforcement des brigades économiques et assainissement des circuits de distribution.

Dans les marchés de Bangui, nombreux sont les commerçants qui dénoncent également les taxes informelles, les tracasseries administratives et l’instabilité des approvisionnements, notamment sur le corridor Bangui-Douala, poumon économique du pays.

Relancer une industrie quasi inexistante

Autre défi majeur : la reconstruction du tissu industriel centrafricain.

Malgré ses importantes ressources naturelles, la République centrafricaine demeure l’un des pays les moins industrialisés du continent. L’essentiel des matières premières — bois, or, café ou produits agricoles — continue d’être exporté à l’état brut.

Le nouveau ministre devra donc impulser une véritable politique de transformation locale. Plusieurs dossiers sensibles l’attendent déjà : réhabilitation d’unités industrielles abandonnées, création de zones industrielles et soutien aux petites industries de transformation.

Dans l’entourage du pouvoir, certains plaident également pour une doctrine économique plus souverainiste visant à réduire progressivement la dépendance aux importations.

Le casse-tête du climat des affaires

L’amélioration du climat des affaires constituera un autre test important.

Les investisseurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, dénoncent régulièrement la lourdeur administrative, l’insécurité juridique et la corruption qui freinent l’initiative privée. La simplification des procédures de création d’entreprise et la numérisation de l’administration commerciale apparaissent désormais comme des priorités.

Pour de nombreux observateurs, le futur ministre devra surtout rassurer les opérateurs économiques sur la stabilité des règles du jeu.

« Le principal défi sera celui de la confiance », analyse un entrepreneur basé à Bangui. « Beaucoup veulent investir, mais peu sont prêts à prendre des risques dans un environnement encore fragile. »

Les PME et la jeunesse au cœur des attentes

Dans un pays où la majorité de la population a moins de 25 ans, la question de l’emploi sera centrale.

Le ministère du Commerce et de l’Industrie sera particulièrement attendu sur le soutien aux petites et moyennes entreprises, considérées comme le principal levier de création d’emplois. Accès au financement, accompagnement des jeunes entrepreneurs, formalisation du secteur informel et développement du commerce numérique figurent parmi les urgences.

Le nouveau ministre devra également convaincre les partenaires internationaux de soutenir davantage l’entrepreneuriat local, dans un contexte budgétaire contraint.

L’enjeu stratégique de la souveraineté économique

Au-delà des mesures techniques, c’est une vision économique globale qui sera attendue du nouveau membre du gouvernement.

Dans les cercles économiques de Bangui, plusieurs voix plaident pour une réorientation profonde du modèle centrafricain : produire localement, transformer sur place et exporter davantage vers les marchés régionaux.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) pourrait notamment offrir de nouvelles opportunités commerciales à la RCA, à condition toutefois d’améliorer les infrastructures et la compétitivité nationale.

Pour le futur ministre, le défi sera donc double : répondre aux urgences sociales immédiates tout en préparant les bases d’une transformation économique de long terme.

Un ministère hautement politique

Dans un contexte marqué par les attentes populaires et les équilibres politiques internes, le portefeuille du Commerce et de l’Industrie ne sera pas seulement économique : il sera également politique.

Le nouveau titulaire du portefeuille du commerce devra composer avec les opérateurs économiques, les partenaires internationaux, les syndicats, les commerçants et une opinion publique de plus en plus exigeante sur les résultats.

À Bangui, beaucoup le savent déjà : au-delà des discours, c’est sur sa capacité à améliorer concrètement le quotidien des Centrafricains que sera jugé le prochain patron du Commerce et de l’Industrie.

ÉditorialPourquoi je n’aime pas Patrice TalonPar Ben-Wilson NgassanAvant-hier, alors que les résultats de la dernière pr...
15/04/2026

Éditorial

Pourquoi je n’aime pas Patrice Talon

Par Ben-Wilson Ngassan

Avant-hier, alors que les résultats de la dernière présidentielle au Bénin ont été annoncés, confirmant le sacre du poulain du président sortant, Romuald Wadagni, un compatriote résidant à Cotonou, farouchement opposé depuis belle lurette à l’actuelle gouvernance en République centrafricaine, m’a accablé de commentaires, comme pour critiquer mes derniers choix politiques, tout en encensant Patrice Talon, présenté comme un grand réformateur et, qui plus est, un grand démocrate devant l’Éternel après avoir gouverné deux mandats de cinq ans successifs.

Même si, comme à mon habitude, j’ai répondu avec courtoisie à mon interlocuteur, j’ai jugé utile — puisque le débat revêt un caractère public et indéniablement contemporain — de rendre officielle ma position relative à la dernière séquence politique au Bénin.

Pour dire vrai, tout esprit lucide et honnête ne saurait nier à Patrice Talon son verbe facile, ainsi que l’agilité avec laquelle il aborde différents sujets : économie, politique, diplomatie, relations internationales, et j’en passe. Au-delà, en se faisant élire en 2016, Patrice Talon a indéniablement changé le visage du Bénin — du moins à travers les chiffres.

En effet, selon les indicateurs clés, sa gouvernance a fait bondir la croissance économique du pays, passant d’environ 3 % en 2016 à plus de 7 % entre 2024 et 2025. Je ferai grâce ici du détail des réformes structurantes engagées, notamment la modernisation des infrastructures, l’attractivité accrue pour les investisseurs ou encore l’assainissement des finances publiques.

Cependant, comme on peut aisément s’en douter, le développement économique à lui seul ne saurait suffire à évaluer la performance d’une gouvernance publique. Et justement, sur ce point, le régime Talon aura peut-être été le pire que le Bénin ait connu ces trente dernières années.

Pour preuve, à en croire plusieurs ONG indépendantes, son passage au pouvoir a profondément fragilisé la démocratie béninoise, pourtant réputée comme l’une des plus exemplaires d’Afrique de l’Ouest : réduction drastique du nombre de partis politiques, arrestations d’opposants, exil de figures politiques, restrictions récurrentes des libertés publiques (manifestations, presse), et tendance vers un système de parti dominant. Autant de griefs portés, à juste titre, contre celui que certains présentent aujourd’hui comme un grand démocrate.

Pour tout dire, de mon point de vue d’analyste, la démocratie ne saurait se limiter à l’organisation d’élections ou au respect de la limitation des mandats. Elle repose avant tout sur le respect de la diversité politique, la pluralité des opinions, le libre choix des électeurs et l’exercice sain de la gouvernance publique.

Des valeurs qui, selon moi, sont loin d’être pleinement incarnées par Patrice Talon.
Au fond, et je le dis ici avec force, je préfère mille fois un autocrate assumé à un faux démocrate qui, sous les oripeaux de l’assainissement du climat politique, muselle ses opposants et cherche à gouverner de manière dévoyée.
Dès lors, chers amis, vous comprendrez pourquoi je n’aime pas le « démocrate » Patrice Talon.

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