07/10/2014
L’EDITORIAL DE PAUL STEPHANE GUENEBIRO
Do**he froide
Le Centrafrique ne mérite-il pas mieux ? A l’annonce de la « disparition » de 2,5 millions de dollars sur les 10 octroyés par le Président Dos Santos d’Angola à la République Centrafricaine, un ami toujours réservé dans les prises de position sur les affaires publiques me posa deux questions combien embarrassantes. Comment endiguer l’effondrement de notre identité nationale qui va à vau-l’eau ? Qui peut arrêter la descente aux enfers des centrafricains qui a commencé un lugubre dimanche du 24 mars 2013 et qui se poursuit ?
Après les pillages, les massacres et les destructions massives des biens à l’échelon national, voilà qu’un nouveau virus vient encore attaquer la « défense » centrafricaine du moins ce qui restait de cette supposée défense. Le détournement, non disons mieux, la corruption. Ce mot est tellement sale à telle enseigne que tout le monde le répugne. Les honnêtes personnes taxées de corrompues n’hésitent pas un seul instant à se donner la mort, une manière de clamer leur innocence et de préserver la dignité de leur progéniture. L’accusation de corruption portée contre une personne reste une tâche indélébile. Mais il faut admettre que la corruption est l’abus de pouvoir conféré en vue d’un enrichissement personnel. Elle cause du tort à ceux dont la vie, des revenus ou le bonheur dépendent de l’honnêteté de ceux qui détiennent l’autorité.
Les 2,5 Millions de dollars détournés sont à la une de toutes les conversations des centrafricains des plus petits aux plus grands en passant par les sourds muets qui demandent qu’on leur explique ce qui se passe dans ce pays. N’est-ce pas normal que ce sujet soit une préoccupation car les centrafricains dans leur grand ensemble attendaient mieux que cette « do**he froide ». François Soudan de Jeune Afrique qui a révélé l’affaire dans sa parution n°2803 a écrit : « Quand on préside, ne serait-ce que par intérim aux destinées d’un pays pauvre, sinistré, instable et entièrement dépendant de l’aide financière et militaire étrangère, on se doit d’être irréprochable côté gouvernance ». Tout est dit.
Voilà une leçon qui est enseignée à ceux qui nous gouvernent maintenant et aussi à ceux qui viendront demain après cette transition qui tangue comme un bateau ivre. En réalité, la République Centrafricaine est caractérisée par l’avidité et l’égoïsme. De nombreuses personnes ont du mal à ne pas suivre la cadence. Poussées par des ambitions égoïstes, elles deviennent avides de pouvoir. Elles développent aussi un désir irrésistible d’avoir davantage d’argent et de biens matériels. Malheureusement, ces personnes sont prêtes à sacrifier leur honnêteté pour atteindre leurs objectifs. Au lieu de résister aux tentations, elles suivent « la foule » dans ses intentions mauvaises. A la fin , on est éclaboussé.