15/08/2025
*Congo-Brazzaville, analyse et critique (décriptage)sur son 65 ème anniversaire 1960–2025 :* Sous l'oeil TV.
1) *Les grandes séquences politiques*
1960–1963 : l’envol contrarié. L’indépendance ouvre une ère d’espoirs, vite heurtée par les luttes de pouvoir et l’instabilité institutionnelle qui freinent la consolidation de l’État.
1963–1991 : l’ère des régimes à parti unique. Alternent recentrages idéologiques, tentatives d’industrialisation d’État, nationalisations et personnalisation du pouvoir. Des avancées sociales ponctuelles (éducation, santé de base) coexistent avec une économie peu diversifiée, dépendante des rentes extérieures et du pétrole naissant.
_1991–1997_ : l’ouverture pluraliste. La Conférence nationale et le pluralisme restaurent l’espoir d’un contrat social renouvelé. Mais l’ancrage démocratique reste fragile : institutions jeunes, compétition politique polarisée, économies locales vulnérables.
_Depuis 1997_ : retour de la stabilité coercitive. Après la guerre civile, l’État se recentre autour de la sécurité et de la reconstruction. La rente pétrolière soutient les infrastructures, mais la gouvernance, la soutenabilité de la dette, la diversification et la redistribution équitable demeurent des défis récurrents.
2) *Économie politique de la rente*
_Primat du pétrole_ . La croissance suit les cours mondiaux. En haut de cycle : chantiers, routes, bâtiments publics. En bas de cycle : arriérés, ajustements, dépendance accrue.
_Faible diversification_ . Agriculture, transformation locale, PME industrielles et économie numérique restent sous-développées face au potentiel (sols, forêts, jeunesse urbaine).
_Dette et transparence_ . Les épisodes d’endettement et de renégociation rappellent l’importance de la discipline budgétaire, de la traçabilité des contrats et de la reddition de comptes.
3) *Société, justice et cohésion*
_Services publics en dents de scie_ . École, santé, eau/énergie : des progrès localisés mais des inégalités territoriales et sociales tenaces.
_Jeunesse et emploi_ . Une démographie dynamique se heurte à un marché du travail étroit. L’informel absorbe, sans protéger.
_Clivages identitaires instrumentalisés_ . Le tribalisme n’est pas une fatalité culturelle : c’est souvent un outil politique quand l’État de droit et la confiance institutionnelle sont faibles. Les inégalités de traitement l’attisent.
4) *Environnement et position géostratégique*
_Poumon vert._ Le Congo fait partie du bassin du Congo, capital climatique mondial. Le potentiel de financements carbone, de conservation et d’écotourisme est réel—à condition de garanties sociales pour les communautés.
_Carrefour régional._ Fleuve, façade atlantique, voisinages : la logistique et l’intégration sous-régionale sont des leviers de diversification (ports, corridors, services).
5) *Ce que l’histoire récente enseigne*
_-La stabilité sans inclusion ne dure pas_ .
_-La croissance sans diversification et transparence est fragile._
_-La paix sociale suppose justice, équité et institutions crédibles._
_Les clivages reculent quand le mérite, la règle, la redistribution et la participation citoyenne avancent._
*Il existe, dans bien des pays, des chaînes invisibles : la peur de parler, l’habitude de baisser les yeux, la tentation de se résigner, l’idée que « rien ne changera ». Ces chaînes ne tintent pas, mais pèsent. Elles ne sont pas héréditaires : elles se brisent lorsque la vérité retrouve une voix, lorsque la règle est la même pour chacun, lorsque la dignité ne se négocie plus.
On ne guérit pas une nation par la colère, ni par la rancœur; on la soigne par la mémoire lucide, le travail patient, l’exigence de justice et la bienveillance active entre voisins, collègues, familles. Les peuples qui avancent ne sont pas ceux qui ignorent leurs blessures, mais ceux qui les pansent ensemble, sans humilier ni exclure.
Refuser l’injustice, c’est d’abord refuser les passe-droits que l’on nous propose, les petites humiliations que l’on inflige, la corruption de “commodité” qui vide la maison commune. Refuser le tribalisme, ce n’est pas nier les identités, c’est refuser qu’elles deviennent des armes. Choisir l’unité, c’est choisir le droit, la vérité, le mérite, la solidarité concrète—valeurs qui ne portent le nom d’aucun parti, d’aucun clan, d’aucune province.*
*Conclusion*
_Soixante-cinq ans d’histoire peuvent sembler lourds; ils sont aussi une réserve d’expériences. Partout, une même boussole vaut : des institutions qui protègent la personne, une économie qui produit au-delà de la rente, une justice qui ne tremble pas, des écoles et des hôpitaux qui élèvent, un environnement préservé. Là où ces piliers se renforcent, les clivages se taisent. Là où la dignité devient la norme, la nation—quelle qu’elle soit—se rassemble.
Que demeure ce serment simple, valable en tout lieu :
ni injustice, ni exclusion, ni mépris.
Pour tous, la loi; pour chacun, la dignité._
Bonne fête à tous les Congolais, tout ceux qui croient au changement et à la possibilité de voir notre pays prendre une nouvelle trajectoire; celle du renouveau, de l'égalité des chances et bien d'autres points positifs.
*_Glody MAKOUMA. Pour PAtriVision TV