Mbe R

Mbe R Je partage ce que j’aurais aimé qu’on me dise avant de partir.

01/12/2025

Tout le monde y perds. Sauf ceux qui y gagnent.

On parle souvent de rentrer au pays quand tout ira mieux là-bas ou quand on va percer.

Mais à y penser, l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de membres de la diaspora ne rentrent pas, c’est qu’ils sont devenus accro aux salaires.

Peu importe l’opportunité qu’on leur propose au pays, ils comparent et choisissent leurs intérêts. Le salaire à Paris ou à Genève pèse plus lourd.
C’est humain. C’est presque logique. Mais c’est un fait qui a des conséquences et qui s’applique à beaucoup d’autres situations.

Avec la crise post-électorale que traverse le Cameroun, beaucoup poussent à l’insécurité, voire à la guerre pour déloger le président.

Le problème est que lorsque quelqu’un achète des armes pour “prendre le pouvoir”, il n’est pas la seule partie prenante.

Il y a des acteurs qui vivent des revenus de la guerre. Pour eux, la paix devient une perte financière. Ils n’ont aucun intérêt à ce qu’elle revienne. C’est aussi pour ça qu’on dit souvent qu’on sait quand ça commence, mais on ne sait jamais quand ça finit.

La guerre, c’est trop à perdre pour un pays.
Elle détruit des vies, des écoles, des hôpitaux, des économies.
Elle fracture des familles. Elle enlève des décennies de progrès.

Dans nos jeunes États africains, la guerre reste une solution simpliste qu’on imagine rapide, comme un bâton magique pour résoudre un problème complexe.

Mais les solutions magiques n’existent pas. La guerre ne règle jamais les problèmes complexes : elle les aggrave.

Alors que faisons-nous ?
Continuons-nous à rêver de violence comme raccourci ? Ou est-ce qu’on se met à réfléchir, à proposer, à agir autrement, individuellement et collectivement ?

Et c’est là que je veux qu’on prenne un instant.
Pas pour juger, mais pour réfléchir.

Nous, la diaspora, on a les moyens, le recul et l’expérience pour faire autrement.
Pour apprendre à penser et à agir avec méthode face à nos défis.

C’est aussi le but de Campus Mbe :
un espace où on apprend à décoder nos problèmes, qu’ils soient personnels ou collectifs, et à construire des solutions concrètes, pas des colères.

Si tu veux faire partie de ceux qui cherchent des solutions, alors rejoins-nous dans Campus Mbe.

Raoul Mbe, 03.11.2025

30/11/2025

La lumière du soleil, est une richesse sous-estimée qu’on ne reconnaît qu’après l’avoir perdue.

Quand on a grandi à Yaoundé on ne réalise pas à quel point on est privilégié. Pas en terme de route ou d'électricité mais de lumière. On a presque 12h de lumière du soleil par jour et ceci toute l'année. A titre de comparaison, à Genève en hiver on a facilement moins de 8h de lumière du soleil par jour.

Concrètement tu peux sortir pour aller travailler dans le noir et tu reviens dans le noir. Tu peux facilement passer des journée entières sans être exposé à la lumière du soleil.

D'ailleurs quand je suis arrivé en Europe en 2011, l'une des choses qui m'avait le plus marqué était l'expression « il fait beau ». Parce que même si je savais ce que ça voulait dire. Il m'a fallu plusieurs année pour comprendre sa portée.

Or la lumière du soleil a un impact important sur notre moral et notre santé. Un manque de soleil peut provoquer une baisse de la motivation, de l'énergie et même de la fatigue.

Et l'état l'a compris il y'a longtemps. Au XVIIIe siècle, en Angleterre et en France, la lumière était presque considérée comme un luxe. L’État avait même instauré un impôt appelé Window Tax, qui taxait les maisons en fonction du nombre de fenêtres et de portes. Plus d’ouvertures signifiait plus de lumière, et plus de lumière était perçue comme un signe de richesse… donc une taxe plus élevée.

Jeudi matin sur la route du travail, j'ai été ralenti par neige. Assis dans ma voiture, je me suis rappelé que meme si on n'était pas le 1er décembre date du début de l'hiver. Il était déjà la. Et qu'il fallait se préparer à affronter cette période de l'année que je redoute. Tant il a un effet sur mon moral et ma santé.

Alors si tu as du soleil chez toi en ce moment, et que tu ne sais pas ce que sa signifie de manquer la lumière du soleil. Rappelle toi que quelque part dans le monde il y'a quelqu'un qui aimerait être à ta place.

Le soleil, on ne l’apprécie vraiment qu’après l’avoir perdu.

Raoul Mbe, 23.11.2025

29/11/2025

Le mariage n’échoue pas parce que les gens ne s’aiment plus. Il échoue souvent parce que les gens veulent un mariage sans faire le travail du mariage.

On veut l’exclusivité sexuelle… mais on passe ses soirées sur Instagram à liker des inconnus.

On veut la stabilité… mais on change d’envies tous les 6 mois.

On veut la fidélité… mais on garde des portes ouvertes “au cas où”.

On veut la parentalité… mais on ne veut ni la routine, ni la fatigue, ni l’effacement de soi.

On veut le titre “époux/épouse” comme un trophée, mais on ne veut pas le rôle comme une responsabilité.

Le mariage est une entreprise.
Tu dois gérer les finances, le temps, le sexe, les priorités, la belle famille, les projets, les crises, les enfants.

Sinon c’est la faillite.

Le problème du mariage moderne n’est pas le manque d’amour.

C’est l’ego.

Chacun veut un partenaire prêt à se sacrifier pour son bonheur, mais personne n’est prêt à se sacrifier pour la survie du couple.

Alors on divorce comme on change d’iPhone : pas parce qu’il ne marche plus, mais parce qu’un modèle plus “excitant” vient de sortir.

Raoul Mbe, 25.11.2025

28/11/2025

Aujourd’hui, on demande au mariage de donner le bonheur, l’épanouissement alors qu’il n’a jamais été créé pour ça.

À l’origine, le mariage n’a pas été créé pour vivre l’amour.
Il a été créé pour organiser les sociétés humaines.

Avant la sédentarisation, il n’existait pas.
Les groupes vivaient, se reproduisaient, sans institution conjugale.

Puis l’humain a commencé à posséder des terres. Et une question est apparue : Qui hérite ?
Pour éviter les conflits, on invente donc le mariage. L’objectif étant de savoir à qui appartiennent les enfants et à qui revient le patrimoine en cas de décès.

Dans l’Antiquité, le mariage est un contrat entre familles, pas une affaire de cœur.
En Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, on se marie pour créer des alliances. Pas pour être heureux.

Puis vient le Moyen Âge. L’Église transforme le mariage en un engagement sacré devant Dieu.
On ne divorce plus. Le mariage devient “pour la vie”. Pour le meilleur et pour le pire.

Ce n’est qu’au 18e–19e siècle qu’une idée nouvelle apparaît en Europe : le mariage d’amour.

Ce ne sont pas les prêtres, ni les rois qui ont fait naître ce concept. Mais ce sont les artistes, les poètes, les romanciers.
Ils inventent l’idée que l’amour doit être la base de l’union.

Au 20e siècle, le mariage devient un choix individuel.
Mais il garde ses obligations anciennes :
– organiser la filiation,
– transmettre le patrimoine,
– créer des alliances,
– contrôler la sexualité,
– assurer la survie du groupe.

Pendant 5 000 ans, le mariage a servi la société. Depuis 200 ans, on veut qu’il serve l’individu.
C’est ce décalage qui le fait exploser aujourd’hui : nous demandons du bien-être à un outil construit pour l’ordre social.

Raoul Mbe — 24.11.2025

27/11/2025

Nos fêtes sont magnifiques. Nos finances beaucoup moins

Dans la diaspora, le plus grand problème financier n’a rien à voir avec le salaire.
On travaille, on se débrouille, on gagne de l’argent mais beaucoup vivent encore comme si tout pouvait s’effondrer demain.

Pourquoi ? Parce qu’une pression nous suit partout : montrer que “ça va”, que le voyage a payé, qu’on a réussi.

Cette pression ne se dit pas, mais elle se voit dans chaque fête, chaque dépense inutile en 4 fois sans frais, chaque photos, chaque voyage au pays.
Et tout ça nous coûte très cher.

Elle vide nos comptes, détruit nos budgets, repousse à demain nos projets.
Il suffit de regarder nos fêtes : anniversaires bling bling, baptêmes organisé comme si on mariait un ministre, crédits de mariage qu’on paie encore trois ans après.

En fait, il suffit d’ouvrir les comptes après une grande fête pour comprendre.
On dépense le samedi soir et on serre les dents le lundi matin. On se réveille avec un découvert, un crédit ou un mois de stress.

On se met volontairement dans le rouge pour quelques heures où tout le monde dit : “Whaou, vous avez fait fort !”

Et le plus troublant, c’est que beaucoup organisent des fêtes à plusieurs centaines d’euros sans même avoir une épargne de sécurité d’un seul mois de dépenses.
À la moindre urgence, c’est la même danse : découvert, crédit, appel à un ami.

Si on continue comme ça, le fossé entre ce qu’on montre et ce qu’on vit va continuer de s’ouvrir.
On accumule les dettes, on avance à reculons, on vieillit dans l’instabilité.
Et chaque année rend le retour en arrière plus difficile.

La solution n’est ni dans le salaire plus élevé, ni dans un deuxième boulot.

Elle commence dans un endroit que personne ne voit au moment où tu dis :
“Je ne vis plus pour impressionner.”

Apprendre à gérer son argent, c’est se libérer du regard des gens, de la comparaison, de la validation sociale.

Parce qu’au fond, en gestion financière, ton meilleur atout n’est pas ton revenu mais ta capacité à ne pas vouloir prouver quoi que ce soit aux autres.

Le jour où tu maîtrises ça, tout devient possible. C’est la base sans quoi aucun de tes problèmes d’argent ne peut être résolu.

Raoul Mbe, 17.11.2025

26/11/2025

Je sais ce que ça fait d’appeler toute la terre entière pour demander de l’aide alors que quelques semaines plus tôt tu dépensais ton argent pour des choses pas nécessaires.

On ne parle pas assez de cette honte-là.

Hier, pour démarrer notre semaine sur le thème de l’argent, j’ai choisi de commencer par la psychologie de l’argent.
Parce que la vérité est que : ton meilleur atout quand il s’agit d’argent, ce n’est pas ton salaire. C’est ta capacité à ne pas vouloir prouver quoi que ce soit à qui que ce soit.

On connaît tous des footballeurs qui ont gagné des millions et qui ont fini ruinés.
Pourquoi ? Parce que si tu dépenses mal, peu importe ton revenu, tu vas droit dans le mur.

Mais une fois que tu acceptes que tu n’as rien à prouver, la vraie question devient : qu’est-ce que tu veux construire ?

Et la première étape pour répondre à cette question, c’est de fixer des objectifs clairs. Et le moyen le plus simple est de définir un budget.

En gros tu liste tes entrées et sorties d’argent. Sans oublier ton épargne 😅.

Je me souviens de 2019, quand j’ai commencé à suivre mes objectifs dans mon budget avec un fichier Excel.
Chaque mois, j’ouvrais le document… et je voyais que rien n’était respecté. J’étais frustré.

C’est normal. Quand tu as vécu en freestyle toute ta vie, ce n’est pas un fichier Excel qui va te transformer.
Il te manque deux choses essentielles, que je veux partager avec toi :

La première c’est connaître la différence entre besoin et désir.

Un besoin, c’est ce qui te permet de vivre ou de fonctionner : par exemple se nourrir, se loger, un moyen de se déplacer pour aller travailler.

Un désir, c’est ce que tu veux… mais dont tu peux te passer. Une envie. Comme par exemple changer d’iPhone alors que l’ancien fonctionne très bien.

Le problème c’est qu’on vit dans une société où on consomme pour exister. Et si tu ne fais pas attention, tu vas transformer un désir inutile en besoin urgent.

Pour évité ce piège, la règle est simple :
satisfais tes besoins en premier, et choisis consciemment tes désirs. Et surtout n’oublie jamais que tes objectifs passent avant tes désirs.

La deuxième chose c’est d’eviter la gratification immédiate. En gros ne cherche pas la récompense avant l’effort. Comme par exemple acheter une télé à crédit en 3 fois alors que tu n’as pas d’épargne de sécurité. Ou vider tes comptes pour acheter une belle voiture au lieu d’attendre quelques années.
C’est tout simplement sacrifier demain pour se sentir bien aujourd’hui.

La règle d’or sur ce point c’est : accepter un peu d’inconfort aujourd’hui pour construire un futur solide.

Je sais que c’est plus simple à dire qu’à faire. Mais sincèrement tout ceci a été testé et approuvé par moi même 😅.

Raoul Mbe, 18.11.2025

25/11/2025

Le bonheur est une construction intérieure, mais la société adulte nous pousse à croire qu’il s’achète. Les enfants, eux, nous rappellent par leur simplicité ce que nous avons oublié.

Moi : Peut-on acheter le bonheur ?
Melody : Oui papa. On peut acheter le bonheur.
Moi : On achète ça où, Melody ? Akil, qu’est-ce que tu en penses ?
Akil : Je pense que oui. On peut acheter le bonheur.
Melody : Au supermarché. On peut trouver ça là-bas.
Moi : Tu es sûre ? Tu as déjà vu le bonheur dans un supermarché ?
Melody : Tu sais papa… quand tu entres là-bas, il y a plein de bonbons, des jus et tout.

Cette semaine avec Akil et Melody, on a discuté du bonheur. L’idée était simple : chaque matin sur le chemin de l’école, je posais une question et on débattait.

3 questions simples :
• Qu’est-ce que le bonheur ?
• Peut-on acheter le bonheur ?
• Est-ce que le bonheur dure longtemps ?

Leurs réponses étaient simples et spontanées. Franchement à mourrir de rire.

Pour moi le bonheur s’apprend, il se construit à l’intérieur de nous. Et mon objectif était qu’ils comprennent que le bonheur n’est pas seulement dans les objets, mais dans les gens, les moments et les émotions

Et un matin, Akil m’a dit :
« Papa, le bonheur… c’est dans le cœur. »

Là, je me suis dit objectif atteint. Il a exprimé quelque chose que nous adultes avions oublié.
Parce qu’en grandissant, on finit par croire que le bonheur s’achète.
On le confond avec un salaire, une voiture, un voyage, une possession.

Les enfants, eux, peuvent encore voir clair.
Pour eux, le bonheur tient dans un bonbon.

La semaine prochaine, on parlera d’amitié.
S’il y a des choses croustillantes, je vous raconterai tout ici.

Finalement, la philosophie n’est pas compliquée pour les enfants.
C’est nous, les adultes, qui l’avons rendue compliquée.

Raoul Mbe, 22.11.2025

24/11/2025

Aujourd’hui, on demande au mariage de donner le bonheur, l’épanouissement alors qu’il n’a jamais été créé pour ça.

À l’origine, le mariage n’a pas été créé pour vivre l’amour.
Il a été créé pour organiser les sociétés humaines.

Avant la sédentarisation, il n’existait pas.
Les groupes vivaient, se reproduisaient, sans institution conjugale.

Puis l’humain a commencé à posséder des terres. Et une question est apparue : Qui hérite ?
Pour éviter les conflits, on invente donc le mariage. L’objectif étant de savoir à qui appartiennent les enfants et à qui revient le patrimoine en cas de décès.

Dans l’Antiquité, le mariage est un contrat entre familles, pas une affaire de cœur.
En Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, on se marie pour créer des alliances. Pas pour être heureux.

Puis vient le Moyen Âge. L’Église transforme le mariage en un engagement sacré devant Dieu.
On ne divorce plus. Le mariage devient “pour la vie”. Pour le meilleur et pour le pire.

Ce n’est qu’au 18e–19e siècle qu’une idée nouvelle apparaît en Europe : le mariage d’amour.

Ce ne sont pas les prêtres, ni les rois qui ont fait naître ce concept. Mais ce sont les artistes, les poètes, les romanciers.
Ils inventent l’idée que l’amour doit être la base de l’union.

Au 20e siècle, le mariage devient un choix individuel.
Mais il garde ses obligations anciennes :
– organiser la filiation,
– transmettre le patrimoine,
– créer des alliances,
– contrôler la sexualité,
– assurer la survie du groupe.

Pendant 5 000 ans, le mariage a servi la société. Depuis 200 ans, on veut qu’il serve l’individu.
C’est ce décalage qui le fait exploser aujourd’hui : nous demandons du bien-être à un outil construit pour l’ordre social.

Raoul Mbe — 24.11.2025

———

Cette semaine on parlera de mariage.

18/11/2025

🧠 Le mensonge le plus coûteux n’est pas celui qu’on te raconte…

…c’est celui que tu crois parce qu’il te rassure.

Tu vois, aujourd’hui, l’information ne manque pas. Ce qui manque, c’est la capacité à la filtrer. Et c’est souvent là que tout bascule.

Tu crois avoir pris une “bonne décision” — partir, rester, investir, étudier… Mais ce que tu ne sais pas, c’est que tu l’as prise sur des données fausses, des récits incomplets, ou pire : l’expérience déformée d’un autre.

Résultat ? Des années perdues, de l’argent gaspillé, une vie qu’on ne reconnaît plus.

La diaspora en est pleine. Des jeunes qui ont fui une illusion pour tomber dans une autre. Des esprits brillants piégés non par manque d’intelligence, mais par excès de confiance dans la mauvaise information.

Et si tu es encore en Afrique, fais attention : Les vidéos, les posts, les promesses que tu vois… ne montrent jamais le coût réel de la vie là-bas.
Elles vendent un rêve, pas une réalité.

C’est pour ça qu’on a créé Campus Mbe. Une communauté pour apprendre à penser par soi-même, à reconnaître le vrai du faux, et à bâtir sa trajectoire sur des fondations solides — pas sur des illusions bien montées.

Si tu vis déjà à l’étranger, ou que tu rêves d’y aller, 👉 rejoins-nous sur Skool.
C’est gratuit, mais chaque échange là-bas vaut plus qu’un billet d’avion.

Et si tu connais quelqu’un qui s’apprête à partir, partage-lui ce message. Parce que dans un monde saturé de bruit, savoir écouter juste est devenu un superpouvoir.

14.11.2025

17/11/2025

“Sh*t in, s**t out.”

J’ai souvent entendu cette expression dans des projets de transformation digitale. Elle est souvent utilisée pour expliquer que le déploiement d’une technologie ne va pas, à lui seul, changer drastiquement les choses.

Autrement dit : quelle que soit la performance de l’outil, son impact dépend avant tout de la qualité des informations qu’on lui donne.

Et dans la vie de tous les jours, c’est pareil. Quelle que soit ton intelligence, tes décisions seront à la hauteur des informations dont tu disposes. Si elles sont erronées, tes choix le seront aussi.

Il y a encore quelques années, l’accès à l’information était un privilège. Il fallait une carte de bibliothèque, des abonnements coûteux, ou des contacts dans les cercles intellectuels pour apprendre.

Aujourd’hui, c’est fini. Avec Internet, tout est là, accessible, gratuit et presque infini. Il suffit d’une connexion pour être submergé de savoir. Du moins, c’est ce qu’on croit.

Mais cette abondance a un revers.

Sous l’apparente profusion de savoirs, il y a une dégradation de la qualité de l’information.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, les gens ne manquent plus d’informations. Ils manquent de vérité.

L’époque ne souffre plus d’ignorance, mais de désinformation.
Entre les contenus viraux, les opinions brakatas travesties en faits, les commentaires du bar et les algorithmes qui renforcent nos biais, il devient de plus en plus difficile de savoir ce qui est vrai.

Je me souviens il y’a quelques années j’ai partagé dans tout mon entourage une information disant que le Francs CFA allait être dévalué. Pour moi c’était déjà acté. Je pouvais même bagarrer à cause de ça dans les discussions. Pourtant tout était faux. Ma source sérieuse était une rumeur 😎.

Dans ce contexte, en plus de savoir chercher l’information, l’une des compétences les plus précieuses de nos jours est la capacité à savoir reconnaître la bonne information.

Savoir croiser les sources, remonter à l’origine d’une donnée, comprendre les intérêts derrière un message… c’est devenu une forme d’intelligence à part entière.

Et à long terme, ceux qui maîtriseront cette compétence prendront de meilleures décisions — dans leur vie, leur carrière, leurs finances et leurs relations. Ils seront plus proches de la réalité dans leur manière de penser le monde.

Alors voici mes 3 conseils pour ne pas laisser les autres courir dans ta tête et penser à ta place dans ce chaos d’informations :
*1. Toujours vérifier la source 😗 savoir qui parle et pourquoi.
*2. Croiser les versions avant de conclure 😗 une version peut tromper, car c’est souvent la moitié de l’histoire.
*3. S’entraîner à penser par soi-même.* la désinformation se nourrit très souvent de notre paresse intellectuelle. Cultive ton esprit critique et, surtout, accepte que certaines choses soient complexes. Crois-moi, c’est souvent le cas 😅.

Si je peux te donner une dernière, c’est celle-ci : cultive-toi.
La culture générale, c’est ce qui te permet de replacer une information dans son contexte, de reconnaître les absurdités et de penser par toi-même.
C’est le filtre naturel contre la désinformation.

On peut te tromper sur un fait précis. C’est acceptable mais on ne peut pas tromper longtemps quelqu’un qui a une vision d’ensemble.

Laisse un emoji et partage après la lecture 🙏🏿

Raoul Mbe, 11.11.2025

Comment on t’utilise sans que tu t’en rendes compte ?L’efficacité d’un discours repose sur trois piliers : Ethos (crédib...
16/11/2025

Comment on t’utilise sans que tu t’en rendes compte ?

L’efficacité d’un discours repose sur trois piliers : Ethos (crédibilité), Logos (raison) et Pathos (émotion) — Aristote.

Dans le storytelling, l’impact d’un texte ne vient pas de ce qu’il raconte, mais de l’émotion qu’il déclenche.
C’est le Pathos, l’émotion ressentie par le lecteur ou l’auditeur, qui détermine la vraie puissance d’un message.

On dit même souvent qu’un lecteur peut oublier ce que tu as dit, mais jamais comment tu l’as fait se sentir.

Et aujourd’hui, l’émotion est devenue l’un des moteurs les plus puissants de la désinformation.

Les plus utilisés sont la colère, la peur ou l’indignation. Ses émotions nous poussent à croire ce qu’on veut entendre. Elles sont devenues des armes.

Sans même s’en rendre compte, elles guident nos clics, nos partages, nos jugements.
Et c’est justement dans ces émotions fortes que la désinformation prospère. Parcequ’on baisse la garde.

Par exemple quand tu es en colère, tu ne vérifies pas la source. Quand tu as peur, tu partages sans réfléchir. Et quand une histoire te touche, tu veux y croire, même si elle est fausse.

Le problème, c’est que notre cerveau aime ce qui le conforte. J’ai traité de ce sujet l’année dernière dans un texte intitulé: « pourquoi faut-il se méfier de ce qu’on aime ? »

En fait notre cerveau cherche en permanence des preuves que ce qu’il croit déjà est vrai.
C’est ce qu’on appelle en psychologie cognitive le biais de confirmation.

Alors quand un contenu renforce ce qu’on pense, on l’accepte sans discuter.
Et quand il nous contredit, on le rejette, même s’il est vrai.

Tu crois par exemple que Paul Biya a truqué les élections d’octobre 2025 au Cameroun.
Tu vas donc remarquer tous les articles, vidéos et témoignages qui confirment cette idée.
Et même si une étude sérieuse dit le contraire, tu vas trouver une raison pour ne pas la croire. Tu seras en mode : “Ils disent ça parce qu’ils sont payés par le régime”. ( je n’ai pas la force pour bagarrer. Ceci est un exemple 😅).

Ici ton cerveau veut protéger ta conviction, pas la vérité.

À cela s’ajoute notre besoin d’appartenance.
On veut faire partie d’un camp, d’une opinion, d’un “nous”.
Partager une émotion commune, c’est aussi une manière de se sentir exister.

Les réseaux sociaux l’ont compris : ils ne nous connectent pas autour des faits, mais autour des émotions.
C’est pour ça que, petit à petit, chacun vit dans sa bulle d’informations — un monde où tout le monde pense comme lui et réagit comme lui.

Et dans ce monde-là, la vérité n’est plus une question de preuves, mais de sentiment partagé.

Alors, comment ne plus se laisser manipuler par nos émotions et retrouver un regard lucide sur le monde ?

D’abord, en ralentissant.
Ne pas réagir tout de suite, ne commente pas ne partage pas sous le coup de l’émotion.
Derrière chaque information qui choque, il y a peut-être une intention de t’influencer : te pousser à croire, à cliquer, à choisir un camp.

Ensuite, en observant tes émotions.
Demande-toi toujours : pourquoi ce message me touche autant ?
Souvent, ce n’est pas le fait en lui-même, mais ce qu’il éveille en toi — une peur, une colère, un souvenir.

Puis, en acceptant la complexité.
Tout n’est pas noir ou blanc.
Derrière chaque débat, il y a des nuances, des contextes, des intérêts multiples.
Et celui qui crie le plus fort n’a pas toujours raison.

Enfin, en cultivant ta curiosité.
Lis au-delà de ton camp, écoute ceux qui pensent autrement, confronte tes certitudes.
Ce n’est pas confortable, mais c’est le seul chemin vers une pensée libre.

À mon avis la vraie indépendance intellectuelle, ce n’est pas d’avoir toujours raison.
C’est d’avoir le courage de changer d’avis quand la vérité t’éclaire autrement.

Raoul Mbe, 12.11.2025

Adresse

Rue De La Mairie 37
Geneva
1207

Benachrichtigungen

Lassen Sie sich von uns eine E-Mail senden und seien Sie der erste der Neuigkeiten und Aktionen von Mbe R erfährt. Ihre E-Mail-Adresse wird nicht für andere Zwecke verwendet und Sie können sich jederzeit abmelden.

Teilen

Kategorie