28/11/2025
𝐅𝐎𝐂𝐔𝐒 𝐈𝐍𝐓𝐄𝐑
DÉCOLONISER L'ÉCOLE : LA RÉVOLUTION SOUVERAINISTE MALIENNE OUVRE UNE BRÈCHE HISTORIQUE.
𝙋𝙖𝙧 𝘼𝙠𝙞𝙢 𝘿𝙅𝘼𝙇𝙀𝙂𝘼
En octobre 2025, le Mali a suspendu l’enseignement de la Révolution française de 1789 en 9ᵉ année. Une décision qui dépasse la simple polémique, car Bamako vient de poser l’un des actes les plus forts de décolonisation intellectuelle depuis les indépendances.
Un enseignement déconnecté.
Il ne s’agit pas d’effacer l’histoire mondiale, mais de reconstruire un récit éducatif longtemps dominé par des contenus importés, souvent déconnectés des réalités africaines. Pendant des décennies, l’école a reproduit une vision eurocentrée, reléguant l’Afrique au second plan, comme si elle n’avait ni institutions, ni pensée, ni trajectoire politique propre.
Un rééquilibrage visant une réparation historique.
Le Mali rappelle ainsi une évidence : la conscience citoyenne des jeunes Africains n’a pas à se fonder d’abord sur la prise de la Bastille, alors que les élèves connaissent encore trop peu l’empire du Mali, Soundiata Keïta, les résistances coloniales ou la Charte du Manden de 1235 dite « Charte de Kouroukanfouga » après la bataille de Kirina, ce texte africain majeur, reconnu par l’UNESCO, affirmant justice, dignité humaine et cohésion sociale. Cette décision n’est pas une rupture, mais une réparation historique. Elle rééquilibre un enseignement qui avait marginalisé les savoirs locaux au profit de récits extérieurs.
Le Mali inscrit dans un mouvement continental.
Le Mali s’inscrit ainsi dans un mouvement continental : Rwanda, Afrique du Sud, Sénégal, Kenya. Ces pays réforment leurs programmes pour valoriser les empires africains, déconstruire les biais coloniaux et offrir à la jeunesse des repères identitaires solides. Car l’école n’est jamais neutre, elle favorise la libération (la vraie indépendance), ou la domination. En réorientant ses contenus, le Mali affirme que la souveraineté se joue autant dans les manuels que dans les frontières.
Pour un avenir construit par et pour l'Afrique.
La vraie question posée est simple et essentielle : Qui écrit notre histoire ? Qui décide de ce qui mérite d’être appris ? Tant que l’école africaine restera un miroir déformant, la souveraineté politique et industrielle et économique du continent restera incomplète. Reprendre son récit, c’est tracer la route vers un avenir construit par et pour l’Afrique.