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26/12/2025

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School is so easy
19/12/2025

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18/12/2025

LE RETOUR AU PAYS APRES LES ETUDES - MON AVIS SUR LA QUESTION

Le gouvernement vient de lancer une campagne, pour inciter les diplĂŽmĂ©s ivoiriens formĂ©s Ă  l’étranger, Ă  rentrer dans leur pays Ă  la fin de leurs Ă©tudes. Je voudrais dans cette publication, partager mon expĂ©rience personnelle sur le sujet, et peut-ĂȘtre aider le gouvernement dans cette noble entreprise, qui est celle de colmater la fuite des cerveaux.

Pour ce faire, je vais remonter loin, trĂšs loin en arriĂšre, plus prĂ©cisĂ©ment le jour oĂč j’ai dĂ» embarquer dans un avion pour le Canada. Je venais Ă  peine de complĂ©ter ma MaĂźtrise Ă  l’universitĂ© de Cocody, une MST EEAI (Electronique, Electrotechnique, Automatique et Informatique). J’ai Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© par le Canada qui m’a offert une bourse dite de la francophonie, pour me rendre Ă  l’UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  Trois-RiviĂšres. Ce n’est donc pas une bourse ivoirienne qui m’a envoyĂ© Ă  l’étranger, quoiqu’à cette mĂȘme Ă©poque, j’avais aussi obtenu une bourse ivoirienne pour me rendre Ă©tudier en France. Soit !

Par contre, il importe de mentionner que j’ai fait mon premier cycle (collĂšge) au LycĂ©e Scientifique de Yamoussoukro, logĂ© et nourri par l’Etat ivoirien qui y concentrait ses meilleurs Ă©lĂšves de l’époque. J’ai aussi fait mon second cycle (LycĂ©e) au LycĂ©e Classique d’Abidjan, avant de rejoindre la fac de Cocody, comme boursier de l’Etat. Je suis donc un pur produit de l’enseignement public ivoirien. Tout cela mis ensemble, constitue Ă  n’en point douter un investissement non-nĂ©gligeable que l’Etat a dĂ©pensĂ© sur ma modeste personne.

Le jour de mon dĂ©part pour le Canada, nous Ă©tions le 18 aout 1991, j’ai posĂ© une derniĂšre et ultime question Ă  mon pĂšre, alors que le taxi qui devait m’accompagner Ă  l’aĂ©roport Ă©tait garĂ© devant la maison :
- Papa, si au Canada lĂ , j’ai une opportunitĂ©, et que 

Je n’ai mĂȘme pas eu le temps de finir ma phrase, que mon pĂšre m’a rĂ©pondu sans hĂ©siter, avec une certaine autoritĂ© :
- Reste lĂ -bas.
Je m’en rappelle comme si c’était hier. En le disant ainsi, je le pense, mon pĂšre ne voulait pas que je m’alourdisse de pesanteurs familiales, qui m’obligeraient Ă  rater une quelconque opportunitĂ©. Il me faisait comprendre que je devrais me sentir libre, totalement libre, et que jamais je ne me sente obligĂ© d’abandonner une destinĂ©e Ă  cause de lui, ou Ă  cause d’une quelconque « nostalgie » du pays, oĂč mĂȘme parce que ma famille me manquerait.
Voilà pour l’histoire.

Une fois au Canada, j’ai complĂ©tĂ© mon Master (MicroĂ©lectronique, Conception de microprocesseurs), aux frais du Gouvernement Canadien. A l’époque, mon ambition dans la vie Ă©tait de devenir Professeur d’UniversitĂ©, un rĂȘve que j’avais toujours entretenu depuis la Fac de Cocody. L’atteinte de cet objectif m’obligeait Ă  prolonger mes Ă©tudes vers un Ph.D (Doctorat). HĂ©las, ma bourse Canadienne n’a pas Ă©tĂ© reconduite. J’étais vĂ©ritablement coincĂ©. Je venais Ă  peine d’accueillir ma premiĂšre fille, Anne-Marie. J’étais donc un jeune papa qui devait Ă  tout prix sĂ©curiser son statut d’immigrant dans la sociĂ©tĂ© d’accueil. Ma seule porte de sortie, c’était de prolonger mes Ă©tudes coĂ»te que coĂ»te. N’étant pas Canadien de nationalitĂ©, je me devais de trouver le moyen de rester dans ce pays pour prendre soin de ma famille naissante.
Du jour au lendemain, je me suis retrouvĂ© dans l’inconfortable position de l’étudiant ambitieux, qui cherche frileusement un financement pour ses Ă©tudes doctorales. Deux professeurs d’UniversitĂ© rĂȘvaient de m’avoir avec eux. Le Professeur Yvon Savaria de l’Ecole Polytechnique de MontrĂ©al, et le Professeur Benoit Champagne de l’INRS-TELECOM. D’oĂč m’est venue ma bouĂ©e de sauvetage selon vous ? Ne cherchez pas loin. Elle m’est venue de la CĂŽte d’Ivoire.

J’ai Ă©crit au MinistĂšre de l’Enseignement SupĂ©rieure Ă  Abidjan. J’ai fait transiter mon dossier par notre Ambassade Ă  Ottawa, chaque fois en prenant bien soin de joindre copie mes rĂ©sultats acadĂ©miques. J’ai finalement bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une bourse ivoirienne pour faire mon Ph.D, encore une fois, aux frais du contribuable ivoirien.
Quand j’obtins mon Ph.D, et comme cela se faisait partout Ă  l’époque, j’ai postĂ© mon CV sur plusieurs sites de recrutement en AmĂ©rique du Nord. J’ai reçu un nombre incalculable d’offres d’emploi, du Canada Ă  la Californie. Nous Ă©tions vers la fin des annĂ©es 90, et la bulle de la Tech Ă©tait en pleine inflation.

La premiĂšre offre d’emploi que l’on me fit, que j’ai fini par accepter, a mis fin Ă  mon rĂȘve de devenir prof d’universitĂ©. Mon Directeur de thĂšse lui-mĂȘme, aprĂšs avoir lu l’offre qu’on me faisait du cĂŽtĂ© de Toronto, s’est Ă©criĂ© : Philippe, tu vas toucher beaucoup plus que moi.

Ce rĂ©cit avait pour but de vous amener dans ma petite tĂȘte d’étudiant de l’époque, et vous faire comprendre l’impossibilitĂ© pour moi, Ă  cette Ă©poque, de rentrer au pays, du moins pas dans l’immĂ©diat. Il n’était pas seulement question d’argent et de salaire. A la fin de mon Ph.D, j’étais Papa de deux admirables enfants, nĂ©s au Canada, et citoyens Canadiens. J’étais Ă  la tĂȘte d’une grande famille qu’il Ă©tait impossible de transporter dans une aventure ivoirienne.

C’est lĂ  que se trouve vĂ©ritablement le « piĂšge » des Ă©tudes Ă  l’étranger, et le Canada le sait. ConsidĂ©rez un instant les critĂšres sur lesquels s’appuie le Canada pour accepter ou refuser des demandes d'immigration du type "ACCESS Canada". La prĂ©fĂ©rence du Canada, c’est celle de jeunes parents africains, diplĂŽmĂ©s, « avec des enfants en bas Ăąge ». La raison est toute simple. DĂšs que vos enfants, nĂ©s en CĂŽte d’Ivoire, se seront bien intĂ©grĂ©s dans leur nouveau pays d’accueil, il ne vous sera plus possible de retourner au pays. Vos enfants mĂȘmes vous diront qu’il est hors de question de rentrer dans un pays qu’ils ne connaissent quasiment pas. Vous allez caler lĂ -bas. MĂȘme si vous haĂŻssez l’hiver, eux par contre, adorent jouer dans la neige. Vous y resterez au moins jusqu’au jour oĂč ces enfants que vous Ă©levez entreront Ă  l’UniversitĂ©, et pourront voler de leurs propres ailes sans vous.

Des étudiants ivoiriens de l'époque, il y a deux catégories:
- ceux qui sont rentré au pays IMMEDIATEMENT aprÚs leurs études, et
- ceux qui ne sont pas rentrĂ©s au pays immĂ©diatement aprĂšs leurs Ă©tudes. Ceux-lĂ , pour la plupart, vivent encore au Canada au moment oĂč j'Ă©cris ces lignes. Ce sont mes amis. Je leur rend visite chaque fois que j'y vais. Ils y prendront assurĂ©ment leur retraite.

Les cas comme le mien, ceux qui quittent le Canada "Ă  mi-chemin", sont trĂšs rares.

L’immigration est une trappe Ă  souris dont il faut comprendre les mĂ©canismes de rĂ©tention des plus diplĂŽmĂ©s d’entre nous. C’est un investissement que le pays d’accueil rĂ©alise, afin que vous renforciez leur cohorte de payeurs de taxe. Pour ce faire, les pays occidentaux cherchent agressivement Ă  retenir sur leur sol, les Ă©tudiants africains les plus brillants.

Pour ma part, mon choix de rester au Canada immĂ©diatement aprĂšs mes Ă©tudes, a essentiellement Ă©tĂ© dictĂ© par une situation familiale particuliĂšre. Ajoutez Ă  cela le coup d’état de 1999, les Ă©lections calamiteuses de 2000 et son charnier de Yopougon, la crise de 2002 qui dura prĂšs d’une dĂ©cennie, et vous trouvez la formule parfaite pour se chercher et aller voir ailleurs. Quelle personne ayant toute sa tĂȘte, dĂ©mĂ©nagerait femmes et enfants dans un pays en guerre, faisant la une des journaux de la maniĂšre la plus nĂ©gative ? Nous ne sommes pas tous des Douk Saga.

Par contre, la vie suivant son cours, le destin a voulu que j’accumule des expĂ©riences professionnelles des plus gratifiantes. Pour me donner bonne conscience, j’ai fini par me convaincre que le pays n’était pas encore prĂȘt pour moi, et qu’il me fallait attendre le bon moment pour orchestrer un retour au pays. D’ingĂ©nieur Senior dans une boĂźte qui conçoit des microprocesseurs, j’ai fini par dĂ©missionner pour crĂ©er ma propre entreprise. J’ai créé une startup technologique qui a embauchĂ© du monde, a rĂ©ussi Ă  lever des financements privĂ©s et publics, et s’est mĂȘme dĂ©ployĂ©e aux Etats-Unis.

A dĂ©faut d’ĂȘtre rentrĂ© au pays, je me suis donnĂ© comme philosophie de « ACCUMULER LE MAXIMUM DE CONNAISSANCES POUR LE JOUR OU JE RENTRERAI ». Et c’est exactement ce qui s’est passĂ©. En 2012, quand j’ai rĂ©pondu Ă  cet appel Ă  candidature international qui cherchait un Directeur GĂ©nĂ©ral pour cette entreprise de Grand-Bassam, mes enfants Ă©taient aux portes de l’UniversitĂ©. Le timing Ă©tait parfait, et il Ă©tait temps, grands temps, que je rende Ă  mon pays ce qu’il avait investi en moi. En rentrant en CĂŽte d’Ivoire, j’ai pris un p’tit appart dans la ville de Hamilton pour les enfants. Papa se sentait enfin libre de rentrer dans son pays.

Vous savez, on peut rentrer dans son pays Ă  diverses Ă©tapes de la vie. Le plus important c’est de le faire un jour, et de le faire quand on a vĂ©ritablement quelque chose Ă  offrir au pays, car dans la diaspora comme au pays, il y a aussi des gens qui n'apporteront rien de significatif Ă  la sociĂ©tĂ© ivoirienne, quel que soi le diplĂŽme acquis. Mais pour que cela se fasse, il faut aussi que le pays sache s’ouvrir Ă  sa diaspora. AprĂšs avoir baignĂ© dans une sociĂ©tĂ© organisĂ©e, disciplinĂ©e, Ă©quitable, et en paix, il est difficile de rentrer dans un pays qui serait tout le contraire, mĂȘme quand on l’aime de tout son cƓur.

Pour ma part, j’ai payĂ© deux billets d’avion de ma poche en 2012, pour rĂ©pondre aux questions des Ă©valuateurs en charge de l’appel Ă  candidature. Ma plus grande hantise, c’était de me retrouver DG d’une entreprise ou le politique prend le pas sur la performance managĂ©riale, oĂč l’on ne me jugerait pas par ma compĂ©tence, mais par des allĂ©geances auxquelles je n'Ă©tais pas accoutumĂ©. Surtout, je n’avais jamais travaillĂ© avec l’ivoirien comme collĂšgue de travail.

Lors d’un de ces voyages, j’ai eu la chance de me faire interviewer par le Ministre de l’économie numĂ©rique d’alors, Bruno N. KonĂ©. Lui aussi, je crois, venait fraichement de rentrer au pays, aprĂšs une carriĂšre bien remplie en hexagone. Ceci explique pourquoi j’ai fini par accepter de faire le grand saut. Les termes et la vision de Monsieur le Ministre m’ont dĂ©finitivement rassurĂ©. Durant toutes les annĂ©es oĂč je l’ai eu comme Ministre de tutelle, jamais, je dis bien JAMAIS, il n’a eu une attitude interfĂ©rente dans la gestion de l’entreprise qui Ă©tait pourtant sous sa tutelle technique. Son style Ă  lui, c’était d’attendre ses DG au tournant du RESULTAT, en cours d'exercice, et fin d’exercice. Sous sa tutelle, jamais l’on ne m’a demandĂ© de faire une quelconque entourloupe aux rĂšgles Ă©lĂ©mentaires de comptabilitĂ©. Et moi, c’est tout ce que je demandais Ă  mon pays : l’assurance qu’on me laisse travailler sereinement, et prouver ce que je sais faire.

EN CONCLUSION, je crois que le retour des « Ă©tudiants diplĂŽmĂ©s » est un bon dĂ©but. Mais il faudrait pousser la rĂ©flexion un peu plus loin. Il faudrait intĂ©grer ce vƓu du gouvernement dans une problĂ©matique plus globale : le retour de la diaspora, qu’elle soit fraichement diplĂŽmĂ©e, ou nantie d’une longue et fructueuse expĂ©rience Ă  l’étranger. Ce qu’on n’a pas pu faire au sortir des bancs d’école, on peut le faire Ă  40 ans. Je suggĂšre que dans un programme clairement dĂ©fini, nos ambassades deviennent de vĂ©ritables agences, non pas de placement, mais de mise en relation entre la CĂŽte d'Ivoire et sa diaspora. Le catalyseur vĂ©ritable du retour de la diaspora, c'est la mise en commun de l'expertise acquise des deux cotĂ©s, et aussi celle des carnets d'adresse. L'ivoirien restĂ© au pays a ses rĂ©seaux que l'ivoirien de la diaspora ne maĂźtrise pas, et vice-versa.

Ceci étant dit, de grùce, je vous en supplie, travaillons tous à maintenir un climat de paix dans notre pays. Il n'y a pas que l'argent qui n'aime pas le bruit. La diaspora aussi n'aime pas le bruit; ni les bruits de bottes, ni le brouhaha du stress collectif qui s'empare de nous chaque cinq ans.

Tel est mon avis.

Que ceci inspire qui voudra
Philippe Pango, Ph.D

18/12/2025
28/11/2025
Abidjan est dur đŸ„Č
19/11/2025

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19/11/2025

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