27/08/2026
𝐂𝐎𝐌𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐀𝐋𝐋𝐎𝐍𝐒- 𝐍𝐎𝐔𝐒 𝐄𝐗𝐏𝐋𝐈𝐐𝐔𝐄𝐑 𝐕𝐎𝐓𝐑𝐄 𝐆𝐎𝐔𝐕𝐄𝐑𝐍𝐀𝐍𝐂𝐄 𝐀̀ 𝐋𝐀 𝐆𝐄́𝐍𝐄́𝐑𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐅𝐔𝐓𝐔𝐑𝐄 ?
À force de briller par le mensonge et la mauvaise foi, vous nous condamnerez, demain, à raconter votre gouvernance à nos enfants la tête baissée, fuyant leur regard. Tant votre règne aura été dépourvu de toute logique et de tout bon sens.
Comment leur expliquer qu'à cette époque, on nous a fait croire que Laurent Gbagbo, l'homme politique le plus populaire du pays, n'a pas pu obtenir 1 % de parrainage citoyen en un mois, tandis que Konan Kouadio Bertin, Mme Henriette Lagou et M. Ahoua Don Mello, parfaitement inconnus jusque dans mon propre village à Yacolo, l'ont obtenu en moins d'une semaine ?
Comment leur expliquer que le régime de cette époque prétendait n'avoir aucun lien avec la rébellion, mais qu'une fois parvenu au pouvoir, il a promu et gradé tous les chefs rebelles ? Comment leur dire qu'à cette même période, on a poursuivi un ancien Président de la République sur la base d'un texte qui n'existe nulle part dans notre arsenal juridique et que l'on a, dans le même temps, refusé de poursuivre un ministre, au motif que le texte permettant sa poursuite n'existerait pas dans la loi ?
Comment parvenir à les convaincre qu'à cette époque, celui qui a eu le courage de dénoncer l'homme qui se revendique lui-même comme le « coupeur de tendons », à l'origine du handicap de nombreux Ivoiriens, a été emprisonné, tandis que le bourreau, lui, demeure en liberté et continue de se vanter de ses actes ? Comment leur dire que des mutins ont pris les armes, que le pouvoir a plié et a utilisé l'argent du contribuable pour les satisfaire, alors que d'honnêtes agents de la Marine, ayant manifesté pacifiquement pour réclamer leur dû, ont été arrêtés et condamnés ?
Votre gouvernance est si absurde que nous ne saurons comment l'expliquer à la génération future. Comment leur dire qu'un jeune homme ayant simplement demandé aux concitoyens de porter leurs maillots a été arrêté et condamné, tandis qu'un groupe d'individus ayant menacé d'exterminer une communauté ethnique étrangère n'a jamais été inquiété, au seul motif qu'il se proclame défenseur du Président en exercice ? Comment les convaincre qu'il a existé une liste électorale sur laquelle une seule femme pouvait avoir à elle seule 500 enfants, où des enfants étaient plus âgés que leurs propres géniteurs et où, dans le meilleur des cas, des parents sont nés le même jour que leurs enfants ?
Comment leur dire que des intellectuels, qui hier contestaient les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel pour s'accrocher à ceux d'une Commission Électorale Indépendante hors délai et hors cadre légal, viennent aujourd'hui, sur les plateaux de télévision, nous enseigner avec aplomb que ce n'est pas la CEI qui proclame les résultats définitifs d'une élection présidentielle, mais bien le Conseil constitutionnel ? Eux dont le camp a pourtant pris les armes contre le verdict de ce même Conseil pour imposer son diktat.
Comment leur dire, enfin, que ce gouvernement avait tous les moyens de retrouver les opposants, quelle que fût leur cachette, mais qu'il n'en avait aucun pour débusquer les financiers des réseaux d'orpaillage clandestin, au point de nous déclarer finalement tous responsables ? Je préfère m'arrêter là, car il faudrait des tomes entiers pour tout consigner.
Alors, dites-nous : comment souhaitez-vous que nous contions votre histoire à nos enfants ? Donnez-nous des idées. Car si nous devions rapporter les faits trait pour trait, cela ressemblerait à un conte de fées invraisemblable. Et pourtant, ce fut la réalité. La pure et triste réalité.