30/08/2026
| 𝐈𝐛𝐫𝐚𝐡𝐢𝐦 𝐊𝐨𝐧𝐚𝐭𝐞́, 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐂𝐨𝐦𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐆𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐅𝐈𝐏𝐏𝐒𝐇 : "𝐄𝐦𝐛𝐚𝐮𝐜𝐡𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐡𝐚𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐩 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐚𝐯𝐞𝐮𝐫, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐨𝐛𝐥𝐢𝐠𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧. 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐱 𝐝’𝐮𝐧 𝐭𝐚𝐥𝐞𝐧𝐭, 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐞́ 𝐪𝐮𝐢 𝐩𝐞𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞"
Ibrahim Konaté, président du Comité de gestion du Fonds pour l'Insertion professionnelle des personnes en situation de handicap (FIPPSH), rappelle dans cet entretien, l'obligation pour les entreprises privées de se conformer à la loi en recrutant dans leur effectif une ou des personne(s) en situation de handicap. Il revient sur les mesures prises par le Gouvernement en vue de favoriser davantage l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.
𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐮 𝐅𝐨𝐧𝐝𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐈𝐧𝐬𝐞𝐫𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐏𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐏𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐒𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐇𝐚𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐩 (𝐅𝐈𝐏𝐏𝐒𝐇) ?
Le Fonds pour l'Insertion des Personnes en situation de handicap (FIPPSH) a pour mission de favoriser, par ses concours, l’insertion et le maintien dans l’emploi des Personnes en Situation de Handicap (PSH) et des travailleurs handicapés à la suite d’un accident de travail ou une maladie professionnelle. À ce titre, le FIPPSH finance les investissements d’appoint destinés à l’accessibilité des locaux et à l’aménagement des postes de travail ; contribue également à l’acquisition d’équipements techniques ou de matériels didactiques et de travail adaptés.
𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐅𝐈𝐏𝐏𝐒𝐇 𝐚𝐜𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐠𝐧𝐞-𝐭-𝐢𝐥 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐡𝐚𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐩 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥’𝐞𝐦𝐩𝐥𝐨𝐢 ?
Le FIPPSH guide les personnes en situation de handicap diplômées vers la Commission Technique d'Orientation et de Reclassement Professionnel (COTOREP) afin qu’elles se conforment aux formalités de la règlementation, notamment la certification de leur handicap avant de les orienter vers un employeur.
𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐜𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐠𝐧𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐨𝐮𝐡𝐚𝐢𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐜𝐫𝐮𝐭𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐧 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐡𝐚𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐩 ?
Nous procédons d’abord au diagnostic du besoin de l’entreprise en tenant compte de son quota, du nombre de postes à pourvoir, des métiers accessibles et des contraintes liées à l’accessibilité de son local et les postes de travail à aménager ; ensuite, nous identifions les candidats ; nous organisons le recrutement ; nous finançons l’aménagement ; et enfin, nous préparons le futur employé avant son recrutement et nous le suivons pendant une année entière après son recrutement.
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐥’𝐢𝐧𝐬𝐞𝐫𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐡𝐚𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐩 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐞-𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐚𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢 𝐮𝐧 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 𝐦𝐚𝐣𝐞𝐮𝐫 ?
L’insertion des personnes en situation de handicap reste un sujet majeur parce qu’elle se situe au croisement de 4 grandes priorités, notamment la dignité et les droits humains, l’égalité et la justice, la valorisation du capital humain, et la croissance économique inclusive. Notons aussi que la société ivoirienne est en pleine transition, sortant progressivement d’une vision de la charité vers une approche fondée sur les droits et les compétences des personnes en situation de handicap. Cette époque touche certes à sa fin, mais la transition n’est pas achevée, d’autant plus que les perceptions sociales et les pratiques en entreprise ne reflètent pas encore cette évolution. Sur 975 000 employés dans le secteur privé, seulement 6 500 sont des handicapés, soit 0,7% là où la loi exige 2%. Le FIPPSH a donc été créé pour relever ce défi, quoique sa mission ne s'arrête pas seulement à l’insertion.
𝐐𝐮𝐞𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐥’𝐞́𝐭𝐚𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐜𝐜𝐞̀𝐬 𝐚̀ 𝐥’𝐞𝐦𝐩𝐥𝐨𝐢 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐡𝐚𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐩 𝐞𝐧 𝐂𝐨̂𝐭𝐞 𝐝’𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞 ?
L’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap dans le secteur privé reste insuffisant. Pour 1000 emplois, le secteur privé n’emploie que 7 PSH au lieu de 20. Une volonté politique forte du gouvernement a toutefois permis l’insertion de 3 301 PSH à la Fonction publique. Cela montre une progression significative de l’engagement de l’État.
À la suite du Communiqué N°0549/MEPSFP daté du 19 mars 2026 appelant les entreprises à se conformer à l’obligation d’embauche des PSH, il ressort qu’en fin juin 2026, ce sont seulement 200 entreprises qui se sont conformées à cette disposition légale sur la quarantaine de 1000 entreprises assujetties.
𝐐𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐚𝐮𝐱 𝐨𝐛𝐬𝐭𝐚𝐜𝐥𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐦𝐩𝐞̂𝐜𝐡𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐡𝐚𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐩 𝐝’𝐚𝐜𝐜𝐞́𝐝𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐮𝐧 𝐞𝐦𝐩𝐥𝐨𝐢 ?
Les obstacles sont multiples. Il s’agit notamment des regards, des préjugés, des stigmatisations. Il y a également l'accessibilité des locaux, la formation, les moyens de transport non adaptés et certains employeurs qui doutent de la productivité des PSH et jugent très coûteuse leur inclusion.
𝐀𝐮-𝐝𝐞𝐥𝐚̀ 𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐜𝐫𝐮𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐞𝐬𝐭-𝐢𝐥 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞𝐫 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥’𝐞𝐦𝐩𝐥𝐨𝐢 𝐞𝐭 𝐝’𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐨𝐫𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 ?
Au-delà du recrutement, il est important de parler de maintien parce que se limiter au recrutement n’est pas une inclusion réussie. Au FIPPSH, l’inclusion est pensée sur toute la durée de la vie professionnelle des PSH.
𝐐𝐮𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐯𝐨𝐢𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐫𝐞̀𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐫𝐞́𝐠𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐯𝐨𝐢𝐫𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐧𝐚𝐧𝐭 𝐥’𝐞𝐦𝐩𝐥𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐯𝐞́𝐞𝐬 ?
Selon la réglementation, est considéré comme handicapée toute personne présentant l’un ou les deux handicaps suivants : handicap physique et handicap intellectuel. La norme indique un quota d’une personne pour les entreprises de 1 à 100 travailleurs, et 2% de l’effectif au-delà de 100 travailleurs. À défaut, l’employeur est tenu de verser une contribution à titre de compensation au FIPPSH. Cette contribution est perçue par la CNPS au moment du paiement de ses obligations sociales. Le montant de la contribution varie suivant le quota de chaque entreprise.
𝐏𝐨𝐮𝐯𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐞𝐱𝐩𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐥’𝐨𝐛𝐥𝐢𝐠𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐨𝐭𝐚 ?
Pour un employeur, respecter son quota c'est se conformer à la loi. Pour une entreprise dont l’effectif est compris entre 1 et 100 travailleurs, son quota est de 1 PSH. Au-delà de 100 travailleurs, il est appliqué 2% sur l’effectif. À titre d’exemple, si l’effectif de l’entreprise est de 101 travailleurs, son quota est de 2 PSH.
𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐯𝐞́𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐫𝐞̀𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐞 𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐢𝐭𝐞́ ?
Pour se mettre en conformité avec la loi, l’employeur doit recruter ou déclarer le nombre de PSH lui permettant de remplir son quota obligatoire. A défaut, il est tenu de verser le montant compensatoire imposé correspondant à son quota à la CNPS pour le compte du FIPPSH.
𝐕𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐦𝐨𝐭 𝐝𝐞 𝐟𝐢𝐧.
Embaucher une personne en situation de handicap n’est pas une faveur, c’est une obligation. Recruter une personne en situation de handicap, c’est faire le choix d’un talent, d’une compétence et d’une diversité qui peuvent contribuer à la performance de votre entreprise. C’est également participer à la croissance économique inclusive du pays. Si les investissements d’appoints et l’acquisition d’équipements ou de matériels vous paraissent chers, vous n’êtes plus seuls, car le FPPSH contribuera à prendre en charge ces dépenses.
Aux personnes en situation de handicap diplômées, je voudrais dire ceci : soyez courageux et ne vous sous-estimez pas ; croyez en vos compétences et investissez dans vos qualifications, car ce sont elles qui vous ouvrent des portes ; faites valoir vos droits avec méthode en vous rapprochant de COTOREP. Les associations des personnes en situation de handicap sont également des réseaux très précieux qui peuvent contribuer à leur promotion.
En savoir plus : https://www.gouv.ci/actualite/ibrahim-konate-president-du-comite-de-gestion-du-fippsh-9009
Planoliv’Hope