Enquête Media

Enquête Media Mentions légales : Association loi 1901 enregistrée à la sous-préfecture Rambouillet sous le Numéro RNA : W782009690. N° de parution : 20210016.
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N° d’annonce : 1453

L’Info sous les décombres numériques : Pourquoi ils veulent faire taire Enquête MédiaOn dit souvent que le journalisme e...
01/06/2026

L’Info sous les décombres numériques : Pourquoi ils veulent faire taire Enquête Média

On dit souvent que le journalisme est le premier brouillon de l’Histoire. Mais aujourd’hui, dans l'ombre des réseaux, certains essaient d'effacer nos pages avant même qu'elles ne soient lues.
Depuis plusieurs mois, Enquête Media subit un véritable acharnement. Des cyberattaques répétées, violentes, chirurgicales. La dernière en date, hier 31 mai, nous a frappés en plein cœur : notre page Facebook, cet espace d'échange que nous avions bâti ensemble, clic après clic, a soudainement disparu. Rayée de la carte numérique. En un instant, des années de travail, de révélations et de dialogues avec vous ont été suspendues dans le vide.
Face à cette tentative d'asphyxie, nous nous sommes battus minute après minute. Et grâce à une mobilisation de chaque instant, le miracle a eu lieu. En seulement 24 heures, notre page a été rétablie.
Cette victoire éclair prouve notre résilience, mais elle ne doit pas masquer le danger. Ce n'est pas un simple bug informatique, c'est une tentative de censure moderne. Derrière ces écrans noirs, il y a la volonté claire de nous décourager, de nous épuiser techniquement et financièrement, et finalement, de vous priver de votre droit de savoir. Parce que chercher la vérité dérange. Parce que parler vrai fait peur à ceux qui préfèrent l'ombre à la lumière.

Ils peuvent tenter de suspendre nos pages, ils n’éteindront jamais notre voix.

Si nous avons récupéré notre page en 24 heures, la guerre numérique, elle, continue. Chaque attaque nous coûte de l'énergie, du temps, et des ressources financières colossales pour sécuriser nos infrastructures et protéger nos données. Pour mener ce combat de David contre Goliath et continuer à résister aux prochains assauts, notre seule passion ne suffit plus. Nous avons besoin de notre plus grand bouclier : VOUS.

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Quatre dirigeants de l’établissement financier, dont le DGA national, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel d’A...
01/06/2026

Quatre dirigeants de l’établissement financier, dont le DGA national, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel d’Abidjan pour une violation présumée du secret bancaire qui a causé la faillite d’un logisticien ivoirien. Malgré la solidité du dossier pénal et la confirmation en appel, la Commission bancaire de l’UMOA et l’AMF-UMOA s’enferment dans un mutisme total, laissant l’établissement lever des fonds sur les marchés. Enquête sur un scandale financier qui fait trembler les institutions régionales.

Quatre dirigeants de l’établissement financier, dont le DGA national, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel d’Abidjan pour une violation présumée du secret bancaire qui a causé la faillite d’un logisticien ivoirien. Malgré la solidité du dossier pénal et la confirmation en app...

 / Chronique d’un « échange de vérité » (ou comment revendre la forêt avec le sourire)Mes chers compatriotes, sortez vos...
31/05/2026

/ Chronique d’un « échange de vérité » (ou comment revendre la forêt avec le sourire)

Mes chers compatriotes, sortez vos mouchoirs et préparez vos applaudissements. Ce vendredi (29/05), sous le soleil radieux de San-Pedro, une scène d'une pureté biblique s'est déroulée. Notre bienveillant émissaire étatique est allé à la rencontre des populations de l’agro-forêt de Monogaga. Un moment « d'écoute nécessaire », paraît-il. Comprenez par là : « Je parle, vous écoutez, et à la fin, on est tous d'accord. »
Pour immortaliser ce grand moment de communion populaire, la traditionnelle photo de famille nous montre un parterre impressionnant d'officiels et de képis. Rien de tel pour rassurer les villageois sur le caractère purement « amical » de la discussion !

Le théorème de l'amour étatique

La punchline du jour est tombée, ciselée comme un slogan de campagne : « L’État ne fera rien contre les populations, mais tout avec les populations. » C'est beau. On en pleurerait presque. Si vous aviez peur de vous faire exproprier, balayez ces sombres pensées ! Le projet de la Roots Wild Foundation n'est ni une exclusion, ni une dépossession. C'est juste un...
« aménagement durable ». Une nuance sémantique qui change tout. D'ailleurs, comme le montre le panneau d'accueil géant, les chefs traditionnels et les jeunes affichent déjà un grand « AYO, AYO, AYOKA » (merci) de bienvenue. La spontanéité à l'état pur.

Des milliards virtuels pour des arbres bien réels

Pourquoi ce projet est-il vital ? Sortons la calculatrice magique des promesses décennales :
25 872 hectares de forêt à restaurer.Parce que le dérèglement climatique mondial dépend visiblement entièrement des planteurs de Monogaga.
30 milliards de FCFA sur 10 ans. Un chiffre ronflant, idéal pour les gros titres.
11 milliards de FCFA pour le « bien-être ». Des infrastructures, des emplois locaux... On attend de voir si les pépinières promises (fièrement annoncées sur le panneau) distribueront aussi ces fameux billets de banque.
Pour rassurer ceux qui douteraient encore (les éternels sceptiques), l'État déploie l'artillerie lourde de la bureaucratie : des études d'impact social, des comités locaux de gestion, et même un « mécanisme de traitement des plaintes ». Une boîte à lettres au milieu de la forêt, en somme. Ne vous inquiétez pas, « personne ne sera laissé de côté ». (Certains seront juste déplacés à côté, mais c'est pour la bonne cause).

Haro sur les vilains villageois !

Mais attention, la gratuité n'existe pas. Après la carotte des milliards, le bâton de la « responsabilité ». Le message est que le développement exige de tourner le dos aux vilaines habitudes. Finis l'orpaillage, le braconnage, et les « défrichements anarchiques ». L'intérêt collectif doit l'emporter sur l'ambition individuelle de vouloir simplement cultiver son champ pour manger.
En conclusion, Monogaga doit devenir un « modèle national ». Un paradis vert conforme à la vision de S.E.M. Alassane OUATTARA, où les arbres repoussent tout seuls, où les jeunes trouvent un emploi magique et où les communautés vivent d'amour et d'eau fraîche.
Bâtissons donc ensemble cette réussite dont nos enfants seront fiers. Et s'ils ont faim, ils pourront toujours aller contempler la magnifique pépinière centrale de la Roots Wild Foundation.

  _De la Une de «Nord-Sud» aux prisons américaines : Faouzi Jaber, l'ex-conseiller de Gbagbo soupçonné dès 2009. Fin jan...
31/05/2026

_De la Une de «Nord-Sud» aux prisons américaines : Faouzi Jaber, l'ex-conseiller de Gbagbo soupçonné dès 2009.

Fin janvier 2009, la Côte d'Ivoire politique et médiatique est secouée par une affaire d'État mêlant soupçons de narcotrafic et cercles du pouvoir. Le quotidien d'information générale Nord-Sud (connu pour sa ligne éditoriale critique envers le pouvoir de l'époque) fait le buzz en barrant sa une d’un titre retentissant : « Scandale au sommet de l'État : Un conseiller de Gbagbo pris avec de la drogue ». L'affaire s'enflamme immédiatement dans l'opinion publique.

L'identité du mis en cause : Faouzi Jaber

Au centre du scandale se trouve Faouzi Jaber. Homme d'affaires d'origine libanaise très introduit à Abidjan, il réagit vigoureusement dans l'édition du vendredi 30 janvier 2009 du journal Nord-Sud (faisant suite à la Une du numéro 1115).
Dans ce droit de réponse, Jaber confirme officiellement sa proximité avec le palais présidentiel de Laurent Gbagbo : « Je suis un chargé de mission et je travaille sans faire de bruit ». Pour prouver son importance politique, il revendique avoir effectué à ses propres frais plus de 175 voyages à Ouagadougou dans le cadre de l'application des Accords de Ouagadougou (2007), en collaboration étroite avec des ministres(Salif Diallo, Djibril Bassolé, Dosso Moussa).

Les détails des soupçons de trafic de drogue

Selon les informations diffusées à l'époque, Faouzi Jaber était soupçonné d'avoir transporté de la drogue et d'avoir été intercepté par les éléments du CeCos (Centre de commandement des opérations de sécurité) dans le quartier chic des II-Plateaux à Cocody.
Face à ces accusations, la défense de Jaber est totale. Il affirme n'avoir jamais été arrêté ni convoqué par la police ou le CeCos, prétextant avoir été malade chez lui le jour des faits présumés. Mieux, Faouzi Jaber contre-attaque en affirmant que cette histoire de drogue a été forgée de toutes pièces pour le « détruire ». Il révèle avoir déposé une plainte au Parquet d'Abidjan contre d'anciennes connaissances et le directeur d’une grande société de la place qui lui devaient la somme de 335 millions de FCFA. Le conseiller de Laurent Gbagbo affirme alors avoir reçu des menaces de mort de la part de ses débiteurs (impliquant selon lui un commissaire de police) afin de le contraindre à retirer sa plainte financière.

À l'époque, l'affaire s'est transformée en une guerre de communication intense entre la presse d'opposition et le collaborateur de la présidence. Cependant, ce « buzz » de 2009 prendra une tournure tout autre quelques années plus t**d. En 2014, Faouzi Jaber sera arrêté en Europe, puis extradé et lourdement condamné aux États-Unis par la justice américaine pour son implication avérée dans des réseaux de criminalité transnationale, confirmant ainsi, a posteriori, la dangerosité du profil qui gravitait dans l'ombre du pouvoir d'Abidjan en 2009.

  /L'Assemblée Générale Élective de la FIF fixée au 12 septembre 2026​Réunie en Assemblée Générale ce samedi 30 mai, la ...
30/05/2026

/L'Assemblée Générale Élective de la FIF fixée au 12 septembre 2026

​Réunie en Assemblée Générale ce samedi 30 mai, la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) a officiellement arrêté la date de son prochain scrutin. Les acteurs du football ivoirien seront ainsi appelés aux urnes le samedi 12 septembre 2026 pour élire le nouveau comité exécutif de l'instance fédérale.

Ph/DR

  _CÔTE D'IVOIRE / ÉTATS-UNIS : Les secrets de la détention prolongée de l'émissaire Faouzi Jaber. Alors que le Bureau f...
30/05/2026

_CÔTE D'IVOIRE / ÉTATS-UNIS : Les secrets de la détention prolongée de l'émissaire Faouzi Jaber.

Alors que le Bureau fédéral des prisons américaines (BOP) vient de fixer sa libération au 15 janvier 2027, le sort du facilitateur ivoiro-libanais ravive les mémoires à Abidjan. Enquête sur les coulisses d'une extradition hautement politique.

Le "financier" de la refondation gbagboïste !?

Avant de devenir une cible prioritaire de la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine, Faouzi Jaber a longtemps murmuré à l'oreille du premier cercle de Laurent Gbagbo à Abidjan. Durant les années de la "Refondation" (2000-2011), cet homme d'affaires s'était rendu indispensable auprès des caciques du FPI (Front populaire ivoirien).
Selon nos informations, il opérait comme un intermédiaire financier discret, activant des circuits de financement parallèles pour le compte de la présidence ivoirienne, notamment via la diaspora libanaise installée en Afrique de l'Ouest. Un activisme qui avait dès 2011 attiré l'attention des services de renseignement d'outre-Atlantique, alors qu'Abidjan basculait dans l'ère Alassane Ouattara.

Le paratonnerre d'Hamed Bakayoko ?

L'arrestation de Faouzi Jaber à Prague en avril 2014, lors d'une opération d'infiltration montée par la DEA, ne devait rien au hasard. Elle est intervenue dans un moment de tension entre Washington et Abidjan. À l'époque, le tout-puissant ministre ivoirien de l'Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko (décédé en 2021), se trouvait dans le collimateur de la justice américaine. Plusieurs rapports et fuites orchestrées dans les médias américains dont le New York Times - (Les accusations frontales qualifiant Hamed Bakayoko de « parrain de la drogue » ou d'acteur clé du narcotrafic en Afrique de l'Ouest n'ont pas été publiées à l'origine par le New York Times ou CNN. Elles proviennent d'une enquête d'un média nord-américain francophone et anglophone, Vice Content / Vice News, publiée en juin 2020 menée par les journalistes d'investigation Ibekwe Nicholas et Daan Bauwens) - accusaient le sérail sécuritaire ivoirien de complaisance envers les réseaux de narcotrafic sud-américains transitant par le golfe de Guinée.
Dans les cercles diplomatiques d'Afrique de l'Ouest, l'interpellation de Jaber — piégé alors qu'il négociait un soutien matériel et logistique avec de faux émissaires des FARC colombiennes — a longtemps été perçue comme une monnaie d'échange. L'activisme de la justice américaine s'est brutalement arrêté aux portes du cabinet de Hamed Bakayoko dès lors que Jaber a été extradé vers les États-Unis. En contrepartie, Abidjan a scrupuleusement observé un profil bas, renonçant à réclamer son ressortissant ou à ouvrir la moindre enquête locale sur ses ramifications d'affaires en Côte d'Ivoire.

Un épilogue discret en Pennsylvanie

Après avoir plaidé coupable en 2017 à New York pour "soutien matériel à une organisation terroriste", Faouzi Jaber purge sa peine dans l'ombre. Initialement pressenti pour élargissement en 2025, il a vu son séjour carcéral prolongé.
Selon les registres fédéraux consultés par Enquête Media, l'ex-intermédiaire d'Abidjan est actuellement écroué au sein de la prison fédérale à sécurité moyenne de FCI Loretto, en Pennsylvanie. Sa sortie est désormais programmée pour le début de l'année 2027. De quoi garantir que ses secrets sur les liaisons dangereuses entre politique ivoirienne, réseaux libanais et cartels latinos restent bien gardés outre-Atlantique...

Le prix de la vérité : pourquoi votre soutien est notre seule libertéChaque matin, lorsque nous allumons nos écrans et q...
29/05/2026

Le prix de la vérité : pourquoi votre soutien est notre seule liberté

Chaque matin, lorsque nous allumons nos écrans et que nous prenons la plume, une seule et même question nous anime : comment vous dire la vérité, brute, entière, sans fard ?
Vous le savez, faire le choix de l'investigation et d'une presse totalement indépendante en Côte d'Ivoire n'est pas un long fleuve tranquille. C’est un chemin semé d'embûches, de doutes, et parfois de grands sacrifices. Mais c’est un chemin que nous avons choisi de parcourir avec vous, et pour vous. Parce que vous avez le droit de savoir. Parce qu'une société sans une presse libre est une société qui avance dans le noir.
Aujourd'hui, pour continuer à éclairer ce chemin, nous avons besoin de vous. Non pas comme de simples lecteurs, mais comme les gardiens de cette liberté.

Chaque geste est un rempart pour la liberté

Derrière chaque article, chaque enquête, chaque révélation, il y a des femmes et des hommes qui travaillent sans relâche, animés par la passion de l’information juste. Mais la passion seule ne suffit pas à payer les factures, à sécuriser nos journalistes ou à faire vivre un média indépendant.
Nous ne dépendons d'aucun grand groupe politique, d'aucun milliardaire, d'aucune puissance financière. Notre seule force, notre seul patron, c'est vous.

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  / Tempête sur la SODEFOR après une nomination controversée et un projet avec la PALMCI. En coulisses, la gestion des f...
29/05/2026

/ Tempête sur la SODEFOR après une nomination controversée et un projet avec la PALMCI.

En coulisses, la gestion des forêts ivoiriennes s'apparente de plus en plus à un casse-tête politique pour le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan. Alors que la présidence de la République affiche l'ambition de porter la couverture forestière du pays à 20 % d'ici 2030, la Société de développement des forêts (SODEFOR) se retrouve au cœur d'une sourde fronde interne.

Profils contestés à la surveillance

La colère des syndicats et des techniciens du ministère s’est cristallisée autour d'une nomination récente à un poste pourtant hautement stratégique. L'ancien sergent-chef Kouadio Kouadio Hermann, récemment promu, a pris les rênes de la Brigade de surveillance et de contrôle de la SODEFOR. Une direction clé pour endiguer le trafic de bois qui ronge le pays.
En interne, le profil de l'intéressé suscite un vif embarras. Selon nos informations, plusieurs dossiers disciplinaires et judiciaires passés refont surface dans les couloirs du ministère. Notamment une garde à vue à Bouaké en 2014 liée à une enquête sur un vol de bois et un incident disciplinaire distinct répertorié lors d’une opération à la section locale de la Banque nationale d'investissement (BNI), des notes de la haute administration pointant des soupçons de complicité dans le sciage à façon clandestin.
Face à ces états de service, le choix d'un profil aussi controversé fragilise la crédibilité de la brigade auprès des bailleurs internationaux — notamment l'Union européenne — très sourcilleux sur la traçabilité du bois via les accords de partenariat volontaire (APV-FLEGT).
Dans les rangs des agents des Eaux et Forêts, certains n'hésitent plus à dénoncer un favoritisme à ancrage communautaire, liant la trajectoire de Kouadio Hermann à sa proximité avec le ministre, qui serait originaire de la même région.

L'ombre de la PALMCI sur l'agroforesterie

Ce malaise sécuritaire se double d'un arbitrage économique tout aussi explosif. L'Unité de coordination de projet (UCP), l'organe étatique chargé de la négociation des conventions forestières, s'apprête à sceller un accord de concession majeur avec la PALMCI, la puissante filiale oléagineuse du groupe Sifca.
Le projet prévoit la cession de parcelles en "agroforêt" pour l'exploitation de palmiers à huile. Cette stratégie de "cohabitation" public-privé, officiellement pensée pour stabiliser la déforestation en intégrant les cultures, est jugée aberrante par les experts en environnement du ministère. Le palmier à huile reste, aux yeux des standards internationaux, l'un des premiers moteurs de la déforestation en Afrique de l'Ouest.
Après les scandales successifs de l'exploitation illégale dans la forêt classée de Monogaga et l’orpaillage clandestin toléré à ciel ouvert dans celle de Goin-Débé, cette concession à l'agro-industrie risque de brouiller définitivement le message d'Abidjan.

Enquête Media

  _ Urbanisme/ Après le drame de Soweto, la gestion de Koumassi fragilise Cissé BacongoLa mort de huit personnes dans l'...
29/05/2026

_ Urbanisme/ Après le drame de Soweto, la gestion de Koumassi fragilise Cissé Bacongo

La mort de huit personnes dans l'effondrement d'un immeuble à Koumassi revèle l'impact des remblayages anarchiques de la lagune ébrié. Un dossier sensible pour le gouverneur du district autonome d'Abidjan, par ailleurs, désormais ex-maire de la commune.
Le drame survenu le 23 mai 2026 dans le quartier de Koumassi Soweto, où l'effondrement d'un immeuble R+4 a causé la mort de huit personnes, expose les failles de la politique d'aménagement urbain de la capitale économique ivoirienne. Au-delà du bilan humain, cet accident met sous pression l'ex-maire de la commune, Ibrahima Cissé Bacongo, par ailleurs gouverneur du District autonome d'Abidjan depuis fin 2023. Alors que ce dernier a fait de la lutte contre le désordre urbain et des opérations de déguerpissement (notamment à Cocody et Yopougon) le fer de lance de son mandat, la situation hydrologique et sécuritaire de son propre fief électoral suscite de vives critiques en coulisses.

L’impasse technique des remblais illégaux

Selon les rapports des services techniques consultés par Enquête Media , la stagnation prolongée des eaux pluviales à Koumassi n'est pas imputable aux seules précipitations saisonnières. Elle résulte d'une prolifération de remblayages illégaux et sauvages sur les bordures lagunaires. Ces travaux, menés hors de tout cadre réglementaire par des opérateurs immobiliers, ont été réalisés avec des matériaux hautement compactés et non drainants (argiles de mauvaise qualité et gravats de chantier).
Ce procédé a généré plusieurs conséquences critiques pour le sous-sol de la zone. Notamment la création d'une croûte imperméable qui bloque l'infiltration verticale des eaux de ruissellement et sature les nappes de surface, le maintien sous l'eau des fondations d'immeubles R+3 et R+4 fait peser un risque de corrosion accélérée sur les armatures en acier du béton, menaçant la stabilité structurelle du bâti existant.

Risque d'électrocution et blocage logistique

Sur le terrain, la montée des eaux est doublée d'un péril sécuritaire immédiat dû à la configuration du réseau électrique de la Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE) et aux raccordements artisanaux. Dans plusieurs ruelles, le niveau de l'eau affleure désormais les boîtiers de comptage et les câblages de basse tension, créant un risque d'électrocution de masse pour les résidents.
Cette situation est aggravée par une trame viaire devenue impraticable. L'étroitesse des voies, réduites par l'extension anarchique des parcelles, empêche le déploiement opérationnel des engins du Groupement des sapeurs-pompiers militaires (GSPM). En cas d'incendie ou de nouvel effondrement, l'absence de gabarit réglementaire rend toute manœuvre de secours ou d'évacuation sanitaire techniquement impossible.

Le dilemme politique de Cissé Bacongo

Cette crise urbaine prend une tournure éminemment politique pour Ibrahima Cissé Bacongo, cadre influent du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Sa double casquette de ex-maire de Koumassi et de gouverneur d'Abidjan complexifie sa marge de manœuvre.
Si ses services se montrent intraitables sur les libérations d'emprises publiques dans le reste de l'agglomération, l'inaction perçue de la municipalité face aux remblais illégaux de sa propre commune fragilise sa posture de "nettoyeur" en chef d'Abidjan. Face à la colère latente des populations locales et au risque de nouvelles défaillances de bâtiments, la Primature suit désormais de près l'évolution de ce dossier, qui pourrait affecter le bilan urbain du pouvoir à l'approche des prochaines échéances électorales.



Ph: DR

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