09/04/2026
𝗜𝗡𝗜𝗧𝗜𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗘𝗧 𝗜𝗡𝗧𝗥𝗢𝗡𝗜𝗦𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗨 𝗡𝗢𝗨𝗩𝗘𝗔𝗨 𝗙𝗢
Maints rituels religieux et magiques relatifs à l'initiation et à l'intronisation d'un successeur du fo sont indispensables pour faire de lui un être sacré et exceptionnel. En outre, le fo symbolise la fécondité et la prospérité d'un groupe. C'est pourquoi, avant d'être intronisé, il est tenu de prouver sa capacité à engendrer, en fécondant une ou deux des femmes mises à sa disposition pendant la réclusion intiatique : c'est l'une des épreuves, et non la moindre, du séjour au la'kam ("village des notables").
L'héritier désigné prend deux des veuves de son père pour le servir lors de sa réclusion : la jwijyeh et la jwikam. Elles iront lui chercher
l'eau et lui prépareront le peh [poudre d'acaiou mélangée à de l'huile de palme) qui sert aux parures de deuil et d'intronisation. Une princesse qui, pendant tout le grand deuil, regardera le nouveau fo est investie en même temps que le roi. Le nouveau souverain s'entoure d'autres dignitaires évoqués plus haut : le kwipu, le wafo, le suop kwo'kelung, le defo et le tabueh.
Toute la suite du fo se retire pour neuf semaines au la'kam, lieu de l'initiation des nouveaux chefs. Dans cette retraite, à I'écart de la chefferie - la résidence des chefs restant vide durant toute cette période -, l'héritier va subir un enseignement traditionnel suivi, mais
aussi "des brimades avant de commander les gens. C'est une véritable formation à son métier de chef. Durant tout ce temps, le fo
porte une espèce de voile en batik qui lui cache partiellement le visage. II doit coucher à même le sol.
Pendant que le fo et sa suite sont au la'kam, les mkamvu'u envoient des serviteurs s'emparer d'un homme quelconque, sans titre et sans fortune. On traine au tsa le pauvre hère qui n'y comprend rien. Là, on l'attache et on le maltraite pour lui arracher des cris car c'est lui, le nfu vu, qui par ces plaintes "ouvre les lamentations" et doit donner le signal du grand deuil du fo décédé. Si, par extraordinaire, le nfu vu succombe sous les coups sans avoir bien pleuré et crié, on est obligé de chercher une seconde victime. te ntu vu a un semblant de règne durant la retraite du vrai fo au la'kam. De nos jours, on capture un animal domestique pour ce rite. La dernière capture connue d'un ntu vu remonte aux années soixante-dix lors de la mort de Nembot, fo de Baleng. Au terme des neuf semaines de retraite, le tabueh, le grand
prêtre, emmène le fo en brousse et tue un bouc dont le sang est versé sur une pierre levée fétiche et sur le nouveau chef.
Le fo, destiné à être membre des sociétés totémiques, subit une initiation, doit boire et
consommer des "médicaments" spécifiques et participe à plusieurs
rituels secrets.
(La Mygale et la Panthère)