13/07/2026
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Il existe une rรฉalitรฉ dont on parle peu, alors qu'elle traverse bien des parcours de foi : il arrive que ce ne soit pas seulement l'appel de Dieu qui pousse une personne vers le ministรจre, mais aussi une blessure qui cherche ร รชtre apaisรฉe.
Pourquoi le pupitre nous attire-t-il parfois autant ? Pourquoi les encouragements, les ยซ Amen ยป ou la reconnaissance deviennent-ils si importants ? Cette question mรฉrite d'รชtre posรฉe sans jugement, avec honnรชtetรฉ.
La psychologie du leadership montre que certaines personnes investissent inconsciemment des fonctions de responsabilitรฉ pour rรฉpondre ร des besoins affectifs restรฉs insatisfaits. Le dรฉsir d'รชtre enfin reconnu, apprรฉciรฉ ou valorisรฉ peut alors se mรชler ร la vocation. Une enfance marquรฉe par le manque d'encouragements, un rejet, une humiliation ou un profond sentiment d'insuffisance peuvent conduire ร rechercher, sans mรชme s'en rendre compte, dans le ministรจre ce qui aurait d'abord besoin d'รชtre guรฉri dans le cลur.
Lorsque cela se produit, le service risque de devenir un lieu de rรฉparation personnelle plutรดt qu'un espace offert ร Dieu et aux autres.
Le danger est rรฉel. Tant que les encouragements affluent, tout semble tenir. Mais lorsque viennent les critiques, les incomprรฉhensions ou les pรฉriodes de solitude, tout vacille. Si notre identitรฉ dรฉpend du regard des autres, chaque remarque devient une menace et chaque รฉchec prend des proportions dรฉmesurรฉes. Peu ร peu, l'รฉpuisement s'installe, la joie disparaรฎt et le ministรจre devient un poids.
Il n'y a pourtant aucune honte ร reconnaรฎtre que l'on porte des blessures. Nous avons tous une histoire. En revanche, il est essentiel de ne pas laisser ces blessures diriger notre maniรจre de servir.
Chercher ร guรฉrir n'est pas un signe de faiblesse. C'est une dรฉmarche de vรฉritรฉ et de maturitรฉ.
Se faire accompagner par un psychologue, un thรฉrapeute ou un accompagnateur spirituel compรฉtent n'est pas un aveu de manque de foi. C'est reconnaรฎtre que Dieu agit aussi ร travers les relations, l'รฉcoute et les soins qu'il met ร notre disposition. La grรขce ne s'oppose pas au travail de guรฉrison ; elle l'accompagne souvent.
Quelle belle priรจre ce serait de pouvoir dire :
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Dieu ne cherche pas des serviteurs parfaits. Il cherche des femmes et des hommes dont le cลur apprend, jour aprรจs jour, ร demeurer libre.
Avant de porter les fardeaux des autres, prenons le temps de laisser Dieu prendre soin des nรดtres.
La sรฉcuritรฉ la plus profonde ne se trouve ni derriรจre un pupitre, ni dans une fonction, ni dans les applaudissements. Elle se trouve dans le regard de Celui qui nous connaรฎt entiรจrement, qui nous aime avant toute responsabilitรฉ et qui continuera de nous aimer lorsque le pupitre sera vide.
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