23/08/2026
🔴🔴 À l’intention de certains ploucs
Par Aristide Mono
Contrairement aux hallucinations portées par quelques esprits malveillants, intellectuellement peu aguerris ou politiquement déréglés, nous ne nous sommes jamais moqués de l’âge de Paul Biya ni de son état physique. Atteindre un tel grand âge est une grâce inestimable, particulièrement dans un pays où l’espérance de vie plafonne à 56 ans pour les hommes et 58 ans pour les femmes, et c’est une chance pour un homme de cet âge de continuer à tenir. L’adversité politique ne saurait en aucun cas servir de caution au mépris d’un être humain ; nous sommes humains et profondément croyants. Il est donc inutile de dévier le débat.
Lorsque nous accentuions la pression sur la question du retour du président (en comptant les jours), nous poursuivions trois objectifs précis. D'abord, le placer face à sa propre boulimie de pouvoir : puisqu'à 93 ans, 44 ans de règne sans partage, il a tenu à arracher un autre septennat au prix du sang des manifestants, qu'il l'assume et qu'il dirige alors le pays. Ensuite, nous voulions nous assurer que ses collaborateurs, qui lorgnent son fauteuil et préparent une succession de gré à gré avec la collaboration de la France, ne sont pas en train de nous rejouer le coup de la succession Bongo au Gabon, où le décès d'Omar Bongo avait été dissimulé pendant des mois pour mieux installer le successeur. Enfin, confondre ses créatures sur la thèse du séjour non médical. Il ne s'agit donc aucunement d'une moquerie, encore moins d’une nécessité fondamentale de le voir au pays (car sa présence est égale à son absence), mais d'une vigilance républicaine indispensable face à un ordre gouvernant aux méthodes mafieuses et capable du pire.
Notre seule et grande gêne se situe dans le rapport entre son état physique réel et la lourdeur de la charge qui pèse sur ses épaules, une fonction qui devient désormais une souffrance physique tant pour lui-même que pour la République.
Sur le plan individuel, le président a du mal à se tenir debout longtemps, peine à se déplacer et éprouve des difficultés à mouvoir ses membres. Il est obligé de tout forcer pour tenter d'assurer certains gestes en public uniquement parce qu'il est chef de l'État. Face à cette peine évidente, nous posons la question : n’a-t-il pas d’autre choix que de s’imposer ce calvaire aux yeux du monde ? Ne peut-il pas s’accorder du repos et s’extraire d’exercices physiques qu’il n'honore plus qu'avec une extrême difficulté ? Cette souffrance rejaillit tout autant sur son entourage : en public, son épouse et ses collaborateurs sont obligés de surveiller rigoureusement chacun de ses mouvements. À chacune de ses sorties, la peur du pire se lit sur tous les visages, installant un climat d'anxiété collective qu'on ne voit dans aucun autre pays. Pourquoi imposer une telle torture protocolaire au lieu d'opter pour un retrait apaisé ?
La chaîne nationale, la CRTV, est réduite depuis quelques années à un cirque télévisuel aussi laborieux, stressant que déshonorant. Elle s'adonne à un jeu ridicule d'APPARITION-DISPARITION à l'écran (Il apparaît brusquement à l’écran, puis il disparaît pour réapparaître à un endroit), baladant précipitamment ses caméras ailleurs dès que le président doit effectuer le moindre déplacement pour cacher ses difficultés. Même les rares images filtrées n'ont plus rien de réjouissant.
Les absences prolongées de la scène publique et du territoire amplifient la vacance de fait notoire à la tête de l’État. La cacophonie générée par les batailles de succession vient confirmer cette vacance, désorganisant la coordination de l’appareil dirigeant et menaçant directement la stabilité politique et sécuritaire du pays. L'affaiblissement du président permet à une oligarchie du ça gâte-ça-gâte d'usurper le pouvoir présidentiel pour en faire un usage pernicieux qui non seulement approfondit la misère des populations, mais risque de nous faire basculer dans une terrible guerre civile.
Il est incompréhensible que le RDPC prétende ne trouver personne dans ses rangs pour abréger cette souffrance. Même dans leur logique monarchique de succession gré à gré, qu’est-ce qui les empêche de négocier un arrangement avec Paul Biya pour lui éviter des apparitions aussi stressantes et éprouvantes ?
Pour résumer, nous n’avons en principe aucun problème personnel avec l’état physique du président ; notre préoccupation est qu’un homme dans cet état ne devrait plus s'imposer la souffrance physique de la charge présidentielle.
Ceux qui se réjouissent, acclament alors qu’il est dans des postures physiquement inconfortables ne font preuve d'aucune humanité. Personne ne peut être heureux de voir son propre grand-père continuer à peiner à monter les escaliers d’un supermarché pour nourrir la famille, alors qu'il suffirait de lui demander de se reposer et de laisser ses enfants prendre le relais.
Nous comprenons que pour les fanatiques (les naïfs et les tribalistes politiques) et les opportunistes (renards) qui tournent autour du président (Corbeau), la personne de Paul Biya importe peu. Pour les renards, leur seul objectif est de presser l'homme jusqu'au bout. Même s'il se tord de douleur sous le poids physique de la fonction présidentielle, leur seul souci c’est de continuer à profiter de sa présence à la tête de l’État pour piller les caisses de l’État, amasser des fortunes colossales, opprimer les faibles et manigancer pour conserver leurs positions de pouvoir. Si Paul Biya devait courir avec des jeunes de 20 ans pour prouver sa capacité à régner, je vous jure, ces profiteurs l'encourageraient sans hésiter à forcer une course de 400 mètres.
Ce n’est plus de l’égoïsme, mais c’est de la méchanceté humaine la plus totale !
Encore une fois, à l’attention de ces ploucs qui ne comprennent absolument rien à notre démarche, lisent nos sorties sans en apercevoir les subtilités ni l’orientation politique stratégique : personne ne se moque ni de l'âge ni de l'état physique de Paul Biya, c'est d'ailleurs une grâce. Nous dénonçons simplement le fait qu’il s’accroche à tout prix à une charge qui n’est plus à la hauteur de sa force physique. Même s'il avait 100 ans et qu'il tenait tout de même physiquement, notre gêne serait moins intense.
Moi, Aristide Mono, si le président était mon père, non seulement lui et moi nous nous bagarrions à la maison pour qu'il arrête de jouer à ce jeu pénible, mais en plus je sommerais ses collaborateurs, qui ne sont là que pour profiter de lui, de son état de faiblesse, d'arrêter de l'encourager dans ce jeu.
Le TGV de l'info