24/08/2026
J’ai enterré ma sœur le week-end dernier…
Plusieurs personnes m’ont dit que je ne leur ai pas annoncé personnellement le décès de ma sœur… En réalité j’étais troublée, je ne savais pas par où commencer où passer pour annoncer ce type de nouvelle, j’avais vraiment besoin de me concentrer silencieusement pour pleurer ma sœur sans avoir à répondre aux messages de condoléances. Ne m’en tenez pas rigueur je vous en prie.
Plusieurs personnes m’ont dit que je mesurerai la douleur de la perte de ma sœur après l’enterrement comme si elles mesuraient suffisamment ce que je ressentais avant son enterrement…
Plusieurs personnes m’ont dit que raconter mes moments vécus avec ma sœur en statut ne ramènerait pas ma sœur mais ce n’était pas mon problème, je voulais juste un moyen pour pourvoir extérioriser ma tristesse.
Plusieurs personnes m’ont dit que je faisais la > parce que d’après eux je ne pleurais pas assez. Comme si elles étaient avec mon âme et mon esprit.
Plusieurs personnes m’ont dit que je n’avais pas à avoir pitié de mes neveux qui étaient déjà devenus mes petits frères, à avoir pitié de ma mère, ma tante, mon beau-frère car d’après eux, j’étais aussi concernée par le deuil mais ce qu’elles n’ont pas cherché à comprendre c’est que chacun a sa façon de faire le deuil et que depuis le décès de ma sœur, je me suis vue comme la plus forte à gérer cette peine et que j’étais la mieux placée pour consoler les autres ( même si au fond j’avais énormément mal )
Plusieurs personnes m’ont dit que j’étais déjà orpheline mais je leur ai répondu que c’est faux car ma sœur veille sur nous ses enfants depuis l’au-delà.
J’ai vu comment on enterrait ma sœur… une femme avec qui je partageais mes journées, une femme avec qui je partageait ma vie, une femme avec qui je bavardais toute la journée à la véranda quand je n’allais pas chercher mon >, une femme avec qui je faisais la cuisine et qui me demandait ce que je préférais comme menu du jour, une femme qui me conseillait, une femme qui voulait seulement que je travaille, que j’ai un mari ( rire ) et que j’ai des enfants.
J’ai vu un mari pleurer sa femme comme un enfant à qui on a refusé une sucette. J’ai vu un mari passer des nuits blanches durant toute la maladie de sa femme jusqu’à son enterrement.
J’ai vu des enfants pleurer leur mère à larmes très chaudes. J’ai vu des enfants pleurer leur mère comme je n’avais jamais vu auparavant…
Aujourd’hui je peux dire que ma sœur/mère repose désormais en paix, les ancêtres l’ont bien accueilli et Dieu a merveilleusement préparé sa place auprès de lui.
C’est dur mais c’est la vie, je commence à comprendre que c’est le chemin de tout un chacun et vivons pleinement tant que nous pouvons.