09/06/2026
𝐉𝐄 𝐒𝐔𝐈𝐒 𝐊𝐀𝐌𝐄𝐑𝐔𝐍𝐀𝐈𝐒 𝐏𝐀𝐑𝐓𝐎𝐔𝐓, 𝐌𝐀𝐈𝐒 𝐀𝐔𝐓𝐎𝐂𝐇𝐓𝐎𝐍𝐄 𝐂𝐇𝐄𝐙 𝐋𝐄𝐒 𝐁𝐄𝐓𝐈.
Mes ancêtres Ebombo Ambata (ancêtre des Betseba chez les Wongidjo) et Manga Amombo Ndzie (ancêtre des Mvog Manga chez les Benë) sont nés Bətsi, ont vécu Bətsi et sont morts Bəti bien avant l'arrivée des colons Allemands.
Avec la création du "Kamerun" par l'administration coloniale allemande, puis sous l'administration française qui lui a succédé sur une partie du territoire, plusieurs peuples ont été regroupés au sein d'un même ensemble politique devenu plus t**d le Cameroun. Malgré ces transformations administratives et politiques, les Bəti sont demeurés Bəti, conservant leur identité, leurs terres et leurs institutions traditionnelles.
La citoyenneté camerounaise confère à chacun le droit de vivre, de circuler et de s'établir sur l'ensemble du territoire national. Toutefois, elle n'efface ni l'histoire des peuples, ni leurs attaches culturelles, ni leur enracinement territorial. Chaque communauté demeure liée à un espace façonné par son parcours historique.
De ce fait, un Bəti Benanga est chez lui sur sa terre ancestrale, tout comme un Bamoun l'est sur le territoire Bamoun, un Koh Zime sur le territoire Koh Zime ou un Bali sur le territoire Bali. L'appartenance à la nation camerounaise rassemble ces différents peuples au sein d'un même État, mais elle ne supprime pas les réalités historiques qui fondent les identités collectives, les coutumes et certaines prérogatives locales.
Soutenir que chacun est indistinctement chez lui partout au Cameroun revient donc à ignorer l'existence des terroirs historiques et des communautés qui les ont construits et préservés au fil des générations. Le Cameroun est certes une nation commune à tous ses citoyens, mais il demeure également une terre de peuples dont les identités et les héritages territoriaux continuent d'exister.
Mə nə man Beti. Comme mes ancêtres, je vis en Bəti, je parle Bəti, je cultive la terre Bəti et c'est en terre Bəti que je reposerai un jour. Derrière les appellations administratives et les frontières héritées de l'histoire, cette réalité demeure. Chaque "Kamerunais" devrait en prendre conscience. [Visclo Engali]