04/12/2025
ROBE_DE_MARIAGE_TOME 1
Correcteur Roland NgonRoland Ngono
Bonne lecture !
Le rendez-vous
Mon histoire a commencé ce soir. Je me souviens qu’il m’a passé la bague au doigt. Il m’a demandé si j’étais d’accord pour l’épouser. J’ai sautillé comme un petit ballon qui rebondit sur une table. Je l’ai enlacé par le cou en balançant mes pieds couverts de bottillons derrière moi. En me déposant au sol, il m’a arrêtée par les hanches avant de m’embrasser. Mes poils se sont dressés. J’étais comme hypnotisée par sa douceur. Son haleine fraîche m’enveloppait. Son regard était séducteur. Autour de nous, les autres applaudissaient. Un guitariste, avec une casquette rose sur la tête, a rendu le moment encore plus sublime grâce à ses compositions d’amour qu’il nous a jouées. Pour un 14, un 14 octobre… mon week-end a bien commencé. J’ai mis mes pieds pour la première fois dans un restaurant noble : le Bliss de Yaoundé. Rowan m’a fait cette surprise pour mon anniversaire. J’avoue que je ne m’y attendais pas… Pour la sortie, oui. Mais pour une demande en mariage ? Non. Je ne m’y attendais absolument pas. Les choses allaient plus vite que dans mes calculs. En deux mois, on s’est rencontrés, et voilà qu’il voulait ma main. Comment le feeling n’allait-il pas passer si vite ? Il était riche, un beau gosse, sans oublier son caractère et sa douceur. L’homme parfait. J’étais tombée f***e amoureuse.
Après ce moment musical, nous nous sommes assis autour de notre table couverte d’une nappe blanche. Un nœud papillon rouge et de petits dessins de cœurs dorés s’accordaient parfaitement avec le bocal de roses au milieu. Il a appelé le guitariste, qui avait un œil joyeux cette soirée-là. Nous étions maintenant face à face, yeux dans les yeux. Il m’a lancé un regard tendre qui m’a fait rougir plus qu’une tomate. Je ne pouvais contempler sa taille à cause de son regard perçant. Ses petites oreilles, que je désirais caresser, étaient d’un brun différent du mien.
Il m’a souri et a ouvert la bouche pour me dire ce que je voulais entendre :
— Je t’aime tellement, ma chérie.
— Moi aussi… ai-je dit timidement en touchant le bouquet de fleurs sur la table.
À la même minute, un homme en chemise blanche et pantalon noir est venu nous servir nos commandes. Nous nous sommes mis à manger.
Il a piqué un morceau de plantain avec sa fourchette et l’a ramené à ma bouche. Puis j’ai essuyé mes lèvres avec un mouchoir blanc. Celui-ci est resté teinté de maquillage, et j’ai pesté en en prenant un second. Trop de maquillage !
N’avais-je pas fait un peu trop ?
Oh, je me souviens avoir pourtant dit à ma petite sœur que je voulais rester naturelle.
— Mamie, je suis la styliste, un jour ! disait-elle.
Sa force a fait le nyanga.
On a passé la journée à essayer, réessayer et encore essayer des robes.
Finalement, le résultat a été une robe moulante avec des boutons noirs et une perruque nigériane.
Le rouge et le noir concordaient-ils ? Je ne saurais vous répondre maintenant.
Tout ce dont je me souviens, c’est que je ne me reconnaissais plus devant le miroir.
Pour le rendez-vous, j’étais arrivée en re**rd.
Drama !
Parce qu’au lieu de prendre un yango avec l’argent de poche qu’il m’avait donné, j’ai pris un taxi-course. Un 350 Bastos !
Ça m’a résolu l’affaire et m’a fait 9650 francs d’économie. Moi quoi… faut pas m’en vouloir.
J’ai avalé mes morceaux de viande comme une affamée, parce que, pour dire la vérité, j’avais une faim de loup.
J’ai porté mon verre de jus de papaye à ma bouche avant de répondre poliment, pour compléter le dessert :
— Moi aussi, je t’aime.
***
Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode !