22/12/2025
ALLOCUTION DU VICE-PRÉSIDENTNT MAMADOU YAVOUBA À L’OCCASION DE LA PREMIÈRE CONVENTION EXTRAORDINAIRE DU MRC TENUE PAR VISIOCONFÉRENCE, LE 21 DÉCEMBRE 2025
Mes chers délégués, chers
congressistes, chers militants de la Renaissance, chers membres du Directoire
et du Conseil National de médiation et d’arbitrage, chers amis de la cause
démocratique, permettez-moi, du plus profond de mon cœur, de vous souhaiter la
bienvenue à cette Convention historique. Regardez autour de vous. C’est l’image
même de l’engagement, de la résilience et de l’espoir qui anime notre
Mouvement. C’est l’esprit indomptable de la Renaissance qui se tient debout
aujourd’hui!
Ces derniers mois, la vie de notre parti a été rythmée par la constance. Nous
avons tenu, avec une régularité et un sérieux imperturbable, les réunions de notre Directoire, assurant la continuité et la stabilité de notre action
politique. Notre Conseil National a également siégé, définissant les
orientations stratégiques qui ont permis au MRC de rester un phare dans la nuit camerounaise. Et surtout, nous avons continué à étendre notre toile. Grâce à un travail de terrain acharné, nous avons enrôlé de nouveaux militants, des
citoyens ordinaires qui ont décidé que l’inaction n’était plus une option. Leur adhésion est la preuve que notre message résonne, que notre vision d’un
Cameroun nouveau est partagée par un nombre toujours croissant de nos
compatriotes.
Pourtant, nous ne pouvons-nous rassembler sans nous souvenir. Nous ne pouvons avancer sans nommer l’injustice
qui nous a tous meurtris. L’élection présidentielle qui devait consacrer le
choix souverain du peuple a été entachée. Un hacker institutionnel, dont l’identité est encore protégée par les hautes sphères du pouvoir, a orchestré l’élimination de notre candidat, le Professeur Maurice Kamto. Ce coup de force,
d’une lâcheté inouïe, a porté un tort immense non seulement à notre parti, mais à l’idée même de la démocratie dans notre pays. C’est un acte que l’histoire jugera, et que nous n’oublierons jamais
Malgré cet obscurcissement de la voie légale, nos militants ont participé. Ils ont voté en leur âme et conscience, croyant jusqu’au bout à la force du bulletin de vote.
La réponse fut une vague de fraudes massives, un déni de justice qui a provoqué la colère légitime du peuple
La suite, nous la
connaissons tous : la répression, les arrestations et, pire encore, les morts.
Aujourd’hui, je m’incline, au nom du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, devant ces vies fauchées, ces jeunes et moins jeunes tombés pour l’idéal de l’alternance. Que leurs âmes reposent en paix. Ces morts étaient évitables et leur sacrifice
nous impose une obligation sacrée : celle de ne jamais renoncer à notre combat
Nous pensons également à nos Alliés, interpelés et traduits devant le Tribunal Militaire. Certains aujourd’hui ont trouvé la mort, chaque mort est un assassinat disait JPS. Celui du leader Anicet
Ekane nous interpelle et devrais nous inviter à être prêt. Ce traitement
infligé a toutes les voix dissidentes est le miroir de l’oppression qui frappe quiconque ose défier le statu quo. Leur courage est notre force.
Le Mouvement pour la
Renaissance du Cameroun est et restera un parti républicain. Nous n’avons jamais, jamais agi hors du cadre légal défini par la Constitution. Notre bonne foi, notre attachement à la constitution et aux lois, ont toujours été notre
bouclier. Mais face à cette bonne foi, le gouvernement n’a opposé que l’oppression et l’ostracisme
Nos camarades viennent de purger cinq années de prison. Cinq années volées à leur vie, à leurs familles, à la Nation. Je leur dis merci. Merci pour leur sacrifice, pour cette dignité avec laquelle ils ont traversé l’épreuve des barreaux. Vous êtes des héros. Et à ceux qui sont encore derrière ces murs, je veux leur dire : Vous êtes les lucioles dans la sombre nuit ! Votre courage est le carburant qui fait avancer notre parti. Sachez-le, nous ne vous oublierons jamais !
Malgré tout, le MRC a
tenu bon. Grâce à une communication constante et un lien permanent avec nos
responsables régionaux, nous avons gardé nos militants soudés. La structure a résisté à la tempête. Cette présidentielle, aussi douloureuse soit-elle, doit être une leçon fondatrice pour notre Mouvement. Nous devons en tirer des
conclusions claires et concrètes :
- Surveillance du vote : Nous devons
transformer chaque militant en gardien du temple démocratique. Chaque voix doit
être sécurisée, protégée et documentée
- Protection de nos leaders : Nous devons
revoir et renforcer notre approche en matière de sécurité de nos responsables.
L’audace de l’adversaire nous oblige à une prudence et une organisation sans
faille
- Réorganisation du maillage territorial :
Notre ancrage est déjà conséquent, mais il doit être inébranlable. Nous devons
transformer chaque cellule de base en une forteresse de la Renaissance.
Ces derniers mois, j’ai
aussi pris connaissance des plaintes qui ont circulé entre certains membres du
Directoire et du CNMA. Je ne les minimise pas. Elles traduisent une inquiétude
réelle sur notre manière de débattre, de nous écouter et parfois de nous juger entre nous. Des sanctions ont abouti à des exclusions, j'ai les acté après avoir jugé de l'échec de la médiation entreprise par moi-même et d’autres camarades à qui je veux dire toutes mes amitiés. Je n'ai pas voulu d'exclusion au cours de mon intérim, l'annulation de la Convention par un de nos Ex-camarades est une faute lourde que je ne saurais laisser sans sanction. C'était la ligne rouge. Toutefois j’en appelle à notre sens de responsabilité et de pardon. Nous nous appelons amis politiques, cette appellation
doit être dépouillée de toute hypocrisie où Certains cadres pointent du doigt d'autres de subversifs, simplement parce qu’ils exprimeraient une position
différente ou une analyse stratégique qui ne plaise pas à tous.
Je veux être clair : au MRC, personne ne doit être considéré comme un ennemi
intérieur pour avoir donné son opinion. Le respect des divergences n’est pas
une faiblesse. C’est la condition de notre maturité politique. Si nous voulons
changer le Cameroun, nous devons d’abord accepter que la contradiction,
lorsqu’elle est loyale, fait partie de la démocratie que nous défendons
En plus, les libertinages
que s’offrent certains AP, défiant le sens du militantisme au point de mépriser
les responsables à tous les niveaux en saisissant directement le PN ou le SG,
je voudrais le leur rappeler, J’attache du prix au respect de la hiérarchie et
ce qui se passe en Europe est un cas d’école de désobéissance et de défiance du
régional. Je veillerais au respect
strict de cette recommandation. Tout écart sera sanctionné sans état d’âme même
la mort dans l’âme.
Cette période de
transition, je l’ai assumée avec mes principes et mes valeurs. Je sais que tout
n’était pas parfait. J’ai hérité du parti à un moment difficile, où certains
cadres exprimaient une forme de défiance. À ceux-là, je ne tiendrai rigueur à
personne. Mes actions ont toujours reposé sur le rassemblement, sur le respect
de la parole donnée et sur l’honneur. Je me suis battu pour que le parti reste
stable, pour qu’il ne dérive pas. Je n’ai été manipulé par qui que ce soit, et
ceux qui ont un instant pensé le contraire ont sous-estimé mon intelligence et
ma maturité, ne souffre de rien surtout lorsqu’on a marché sous l’ombre bienveillante
du Pr Kamto. Qui doute ?
Aujourd’hui, je m’apprête à remettre le flambeau à celui que la Convention
désignera, celui à qui vous confierez la lourde responsabilité de porter
l’espérance de tout un peuple. J'ai servi la Renaissance au mieux de mes
capacités, sans calcul ni arrière-pensée. Il s’agira aussi d’arrimer nos statuts
et règlement intérieur à l’évolution du temps. L’essentiel du travail fait par
des experts pétris d’expérience a été soumis à l’appréciation du Directoire qui
l’a adopté et je le soumets à la convention pour validation, je sollicite ainsi
auprès de vous un vote de confiance pour cette modification des statuts et RI. Il
est impératif de renouveler le bureau politique pour respecter nos règles
statutaires et maintenir la cohérence des mandats. Cela permet d’éviter un
décalage juridique où les membres sortants perdraient leur légitimité avant la
fin de l’exercice présidentiel. Ce sont les deux orientations majeures de notre
convention, je vous fais confiance et j’accepterai la vôtre avec beaucoup d’humilité.
Pour la postérité, à tous
les cadres, à tous mes frères et sœurs de lutte, j'aimerais vous livrer une
pensée intime pour conclure. J'espère vivre le plus longtemps possible pour
voir le Cameroun renaître. Mais mon souhait le plus profond, c'est que lorsque
mon corps retournera à la terre, l'hymne de la Renaissance soit chanté à mon
enterrement et que mon corps puisse voyager dans la fraicheur de l’éternité
bercé par cette mélodie de ralliement . Il ne s’agit pas d’allégeance, il s’agit
d’une conviction profonde.
Je ne saurais clore ce discours sans citer la grande chanteuse argentine,
Mercedes Sosa, dont l'âme porte la voix des opprimés. Elle disait :
"_Tout ce que je
demande à Dieu, c'est que la mort ne me trouve point seul et blême, sans avoir
fait ce qui est nécessaire sur cette terre._"
Chers amis, nous sommes en train de faire ce qui est nécessaire ! Nous sommes
en train de poser les fondations d'un Cameroun où la justice ne sera plus un
vain mot, où l'alternance ne sera plus une utopie
Que le Tout-Puissant bénisse le MRC pour qu'un Cameroun nouveau renaisse !
Tout en vous remerciant, je déclare ouvert les travaux de cette convention
extraordinaire.
M. MOTA