12/08/2026
*DÉCENTRALISATION ET GOUVERNANCE LOCALE*
*CAMPO: LA COMMUNE DES JEUX OU DES ENJEUX?*
_La décentralisation est un système de gouvernance locale dédiée aux collectivités territoriales décentralisées, instituée par la norme constitutionnelle du Cameroun. Les communes et les régions sont les principales entités visées par le législateur pour implémenter ce processus. Sans toutefois éluder le rôle principal de l’Etat dans l’orientation stratégique du cadre normatif et le transfert des compétences opérationnelles. Ce format institutionnel trahit une ambition légitime. Celle de booster le développement à partir de la base et non du sommet. Dès lors, Même si les débats sur la volonté politique affichée ou non continuent de diviser l’opinion, il reste constant que certains élus locaux pour ne pas dire la plupart, ne s’approprient pas encore les leviers manageriaux de cette gouvernance locale. Ainsi, quelle que soit la mauvaise foi de l’Etat central relativement à l’effectivité progressive du transfert des ressources, il va sans dire qu’il y a un minimum d’actions et de manœuvres réglementaires dévolues aux communes. Il y va juste de la volonté et la vision des Exécutifs dont la feuille de route ambitionne une gouvernance axée sur les résultats._
_Pour ainsi dire que le jacobinisme de l’Etat central ne devrait en principe freiner le développement des collectivités territoriales décentralisées. Mais susciter par contre, une source de motivation complémentaire d’atteindre les objectifs fixés. Puisque le cadre normatif et institutionnel de gestion de ces entités, prévoient d’autres guichets en termes de financement, de coopération et de partenariat. À côté de ce dispositif, la fiscalité locale joue egalement un rôle alternatif majeur, dans les communes à fortes potentialites economiques et touristiques. Sans parler de celles dans lesquelles des agro insdustries , mastodontes économiques et multinationales sont implantées et exploitent les ressources naturelles. Toute chose qui nécessite un coup de génie supplémentaire de l’élu local ou du conseil municipal. Il faut donc reconnaître pour certains cas , que les ressources transférées par le pouvoir central ne doivent constituer uniquement le bonus d’une cagnotte principale. Mais, malheureusement certains exécutifs en sont à attendre ces virements irrévocables pour des charges de base et de fonctionnement, qui ne sont même pas apurées régulièrement. À quoi serviront donc toutes les ressources transférées par l’Etat central, si à la base les communes elles même ont du mal à gérer leurs ressources propres?_
_Telle est problématique à mettre sur la table du conseil municipal, surtout celui consacré à l’adoption des comptes administratif et de gestion, même avec re**rd conformément au calendrier des sessions ordinaires. Sauf que dans plusieurs communes du Cameroun, les Conseillers municipaux découvrent lesdits documents séance tenante. Or, l’adoption des différents documents soumis à leur étude devrait être précédée des travaux en commission à la veille, pour que tous ces élus, représentant leurs localités respectives soient au même niveau d’information. Des documents aussi importants pour l’élaboration du budget et programmes d’action des exercices budgétaires des communes, sont validés après une lecture laconique et lapidaire. Le plus important ce sont les jetons de présence, accompagnés des ripailles et beuveries aux allures de retrouvailles. Tout ceci sous l’encadrement impavide de l’autorité administrative, représentant l’Etat. NON, Une erreur répétée plusieurs fois est une décision. Alors, que ce soit fait à dessein ou involontairement, cette pratique, orchestrée dans certains conseils municipaux, est très préjudiciable au développement des collectivités territoriales décentralisées et du pays tout entier. Espérons que Campo a connu une réalité toute autre, lors du dernier conseil municipal qui a eu lieu du 04 au 05 août 2026, consacré aux mêmes questions._
*Luc NGAMA 2026.*