28/05/2026
La gauche est trop anti-clim
Ne pas crever de chaud est un besoin humain vital, tout comme le chauffage en hiver.
Peut-être même plus, parce qu’autant on peut « mettre un pull » même chez soi, autant on ne peut pas être plus qu’à poil.
Et quand on est du camp socialiste, on défend la satisfaction des besoins humains, avec des nuances quand il y a des dilemmes entre superflu et consommation de ressources……mais quand même pas tant de nuances que ça quand il s’agit des besoins vitaux.
On est encore trop marqué·es par une vision du passé selon laquelle les gens qui ont une clim’ chez eux sont des individualistes qui font passer leur propre confort voire luxe avant les considérations d’intérêt général.
C’était peut-être le cas jusqu’à présent dans un pays comme la France, mais on entre dans une période dans laquelle ça ne sera plus le cas.
Et dans de nombreux pays du monde ça fait longtemps que c’est une question aussi voire plus importante que le chauffage.
Alors bien sûr il y a quelque chose de très insatisfaisant à se dire qu’on gère les conséquences alors qu’on ne fait vraiment pas grand-chose pour s’attaquer au réchauffement climatique.
Mais une fois qu’on a dit ça on n’a pas répondu au besoin présent. Ce n’est pas la même temporalité. Rester dans le déni serait aussi insensé que refuser de construire une digue contre la montée des eaux en rappelant qu’on n’aurait pas dû en arriver là.
Par ailleurs il faut beaucoup relativiser le problème écologique posé par les climatiseurs.
Dans un pays comme la France, c’est assez anecdotique : cela consomme de l’électricité, qui est largement décarbonée, surtout en été où cela coïncide avec l’abondance du solaire.
On est très loin du problème posé par le chauffage, qui repose encore beaucoup trop sur des énergies fossiles comme le fioul et le gaz.
Evidemment ça ne veut pas dire qu’on ne doit pas essayer de faire au mieux pour limiter l’impact, déjà parce que chaque appareil a quand même un coût à produire (énergie grise).
Donc clairement, il vaut mieux avoir un discours avec des propositions en positif plutôt qu’être dans une posture de déni et de refuser d’affronter la question.
Et en particulier dans des moments de canicule, on devrait être capables de faire de l’agitation contre l’absence de climatisation dans des services publics, des moyens de transport, etc.
Sinon est vraiment dans une mauvaise posture face à l’extrême droite qui a un boulevard.
Peu importe que ça soit lunaire de la part de climato-sceptiques, l’important c’est qui gagne la bataille de l’opinion.
On a déjà une difficulté structurelle à gauche, du fait de devoir par lucidité écologique, prôner une certaine sobriété dans la consommation (moins de voiture, de viande, d’avion…).
Si on s’ajoute des objectifs irréalistes et illégitimes, avec des discours déphasés des besoins assez primaires de la population,on se tire une b***e dans le pied.