16/10/2025
Aujourd'hui je me suis perdue au musée Bardo d'Alger, non pas dans le dédale de ses salles, mais dans l'épaisseur de son histoire, qui se superpose aux époques.
Ce lieu majestueux, avec son architecture mauresque élégante et son patio frais, n'a pas toujours été un musée.
À l'origine, cette somptueuse bâtisse des hauteurs d'Alger, vraisemblablement édifiée à la fin du XVIIIe siècle, était une résidence d'été, un «djenane», peut-être construite par un riche notable tunisien exilé. Certains disent que le nom même de Bardo serait une déformation du mot espagnol "Prado", évoquant un jardin ou un lieu de plaisir, rappelant les palais des sultans Hafsides.
C'est en 1930, sous l'administration coloniale française, qu'elle est transformée en Musée de la Préhistoire et d'Ethnographie Africaines, une vocation qui marque encore profondément ses collections.
En poussant ses portes, on ne fait pas qu'admirer des objets ; on remonte à l'aube de l'humanité, avec des pièces paléolithiques et néolithiques d'une valeur inestimable, issues de sites majeurs comme Aïn Hanech ou Ternifine. Le Bardo est l'écrin de trésors légendaires, comme la sépulture attribuée à Tin Hinan, l'ancêtre mythique des Touareg.
D'une villa de plaisance à un sanctuaire du patrimoine, le Bardo est un pont entre le passé lointain de l'Algérie et son histoire plus récente, classé monument historique en 1985.
Se perdre ici, c'est finalement se retrouver face à la richesse plurielle et aux profondeurs insoupçonnées d'un pays.