12/12/2025
La mort d’Akbar, jeune Comorien originaire de Mohéli et ancien président des étudiants comoriens en Égypte, bouleverse aujourd’hui toute une communauté. Ce drame n’est pas seulement l’histoire d’un homme décédé dans des conditions troublantes : il révèle les manquements profonds d’un système censé protéger ses citoyens, que ce soit aux Comores ou à l’étranger.
Un parcours marqué par les responsabilités et l’engagement
Akbar n’était pas un inconnu. Pendant plusieurs années, il avait été président des étudiants comoriens en Égypte, un rôle qui demande du courage, du leadership et un sens aigu de la solidarité. Beaucoup de jeunes le respectaient et le considéraient comme un frère.
Il s’était marié à une Égyptienne du nom d’Asma. Selon différents témoignages, leur couple avait des affaires communes, et des différends financiers et personnels seraient apparus. Akbar décide alors de rentrer aux Comores. Mais Asma, déterminée à poursuivre leur conflit, le suit jusqu’à Moroni.
Une affaire privée devenue affaire d’État
Ce qui aurait dû rester un conflit conjugal se transforme alors en une affaire aux implications politiques étonnantes. Asma aurait, selon plusieurs sources, réussi à approcher et à influencer des responsables du gouvernement. Des messages vocaux attribués à Asma évoquent l’intervention de personnalités importantes, dont un ministre et un membre de la famille présidentielle.
Au lieu de jouer la carte de la neutralité ou de renvoyer l’affaire devant les tribunaux compétents, certains responsables auraient, toujours selon ces sources, pris parti. Résultat :
Akbar est arrêté et placé en détention.
Une détention qui vire à la tragédie
En prison, Akbar tombe malade. Très malade. Il écrit aux autorités comoriennes, y compris au président Azali. Il demande des soins, il demande juste le droit de vivre.
Il n’obtient aucune réponse.
Il meurt en détention, dans un silence glaçant.
Ironie ou coïncidence troublante : Asma quitte le pays trois jours avant sa mort.
Pour beaucoup, cette suite d’événements ressemble plus à une mise en scène fatale qu’à un simple enchaînement malheureux.
Une question : comment des dirigeants peuvent-ils se laisser entraîner aussi loin ?
Les Comoriens sont nombreux à se poser la même question :
Comment un litige privé entre un citoyen et son épouse étrangère a-t-il pu conduire nos autorités à une telle implication ?
Pire encore :
Comment des responsables censés défendre la dignité de leur peuple ont-ils pu se laisser instrumentaliser au point de devenir complices, même indirects, d’une injustice mortelle ?
Dans un pays comme l’Égypte, il est inconcevable que les autorités comoriennes puissent imposer quoi que ce soit. Là-bas, l’Égyptien a toujours raison, même face à un étranger avec des papiers en règle. Alors comment expliquer qu’aux Comores, nos institutions se laissent marcher dessus au point de briser la vie d’un citoyen comorien ?
La faillite de l’ambassade : un mal-être profond
Mais ce drame n’étonne malheureusement pas les Comoriens vivant en Égypte.
Depuis longtemps, ils n’attendent plus rien de leur ambassade.
Les faits sont connus :
La police égyptienne arrête régulièrement des ressortissants africains, souvent sans distinction entre ceux qui ont des titres de séjour et ceux qui n’en ont pas.
De nombreux Comoriens ont été arrêtés malgré des documents en règle.
Dans toutes ces situations, l’ambassade ne se déplace presque jamais.
Un jour, l’ambassadeur lui-même aurait déclaré que si un Comorien se fait arrêter, qu’on ne l’appelle pas.
Alors, à quoi sert cette ambassade ?
À quoi servent ces responsables qui passent plus de temps à gérer des colis, à vendre des hijabs ou à faire du business personnel qu’à protéger les citoyens ?
Hier encore, la scène observée à la banque en dit long.
Un prêcheur comorien salue un conseiller culturel comorien.
Réponse du conseiller : un simple hochement de tête, sans même un « bonjour ».
Puis il part, sans même dire au revoir.
Comment peut-on représenter un peuple quand on ne respecte même pas ses compatriotes ?
La conclusion qui fait mal
La mort d’Akbar est une tragédie.
Une tragédie humaine.
Une tragédie nationale.
Mais surtout, c’est un symbole : celui d’un État absent, d’institutions défaillantes et de représentants qui ont oublié leur mission première.
Où que nous soyons, aux Comores ou à l’étranger, nous n’avons souvent que Dieu pour nous protéger. Car compter sur un élu, un ministre ou un ambassadeur semble être devenu un luxe impossible.
Le cas d’Akbar restera dans nos mémoires comme la preuve, une fois de plus, que quand les institutions faiblissent, c’est toujours le citoyen qui meurt.
C’est véritablement pathétique.
Et profondément révoltant.