16/12/2025
Pourquoi, à chaque campagne électorale, voit-on soudain fleurir chiens, poules et autres animaux sur nos écrans et nos tracts ?
Serait-ce une révélation tardive d’un amour inconditionnel pour le vivant ?
Une conversion soudaine à la cause animale ?
Ou, plus simplement, le degré zéro du projet politique ?
Ne soyons pas naïfs. Il ne s’agit ni d’éthique, ni de convictions, ni même de courage politique. Il s’agit de communication. De mise en scène. De stratégie émotionnelle bas de gamme destinée à masquer l’absence d’idées.
Le chien devient un accessoire électoral, docile et photogénique.
La poule, une promesse grotesque, lancée sans la moindre considération pour les règles sanitaires, la responsabilité publique ou le respect du vivant. On distribue des animaux comme on distribuerait des gadgets de campagne. Pathétique.
La communication a remplacé la pensée.
Le storytelling a remplacé le programme.
L’émotion a remplacé la réflexion.
Nous ne sommes plus dans le débat démocratique mais dans le marketing politique. Le citoyen est réduit à un consommateur d’images, à qui l’on agite un animal pour provoquer un sourire, une attendrissement, un réflexe pavlovien. Peu importe le fond, pourvu que la photo passe bien.
Hier je mangeais des pommes devant les caméras.
Aujourd’hui j’attends mes poules.
Demain j’offrirai un dindon.
À force de prendre les électeurs pour des volailles, certains finiront par leur ressembler.
Instrumentaliser les animaux est indigne.
Infantiliser les citoyens est dangereux.
Remplacer les idées par des artifices est une faute politique.
La démocratie ne se construit ni à coups de caresses sur un chien, ni à coups de promesses folkloriques. Elle exige des convictions, du courage et une vision. Tout le reste n’est que poudre aux yeux… et bruit de basse-cour