17/09/2026
🇹🇩 | Complot et survol du palais : Mahamat Kaka a échappé de justesse à un coup d’État
Quatre jours après la publication nocturne de Mahamat Kaka, TchadOne a obtenu des informations de première main sur les événements qui ont ébranlé le sommet du régime. « Et ils [les autres] se mirent à comploter. Allah a fait échouer leur complot. Et c’est Allah qui sait le mieux leur machination ! », écrivait-il, citant la sourate Âl-Imrân, verset 54. Derrière cette invocation religieuse se dessine, selon nos sources, un projet de renversement préparé depuis plusieurs mois par un groupe de généraux, tous issus de la DGSSIE. Face à un chef d’Etat affaibli, à une économie exsangue et à des choix géopolitiques hasardeux, ces officiers avaient engagé des concertations pour « réfléchir à l’après Mahamat Kaka ». L’absence du général Tahir Erda, en « repos médical » à Dubaï, a favorisé le passage des discussions aux préparatifs. Une date avait été arrêtée : la nuit du 9 au 10 septembre 2026.
Mais un désaccord sur la succession a fait basculer le projet. Selon les informations de TchadOne, le général Ousmane Barh Mahamat Itno, patron de la Force mixte Tchad-Soudan, a voulu prendre la tête de la future transition. Une ambition contraire aux deux conditions fixées par les officiers : aucun Itno et aucun militaire à sa direction. Le nom qui circulait avec insistance était celui d’Ousmane Abderamane Djougourou, ancien patron de l’AILC. Aux yeux du groupe, cette figure civile permettrait de convaincre plus facilement la classe politique et les partenaires, tout en écartant l’image d’une nouvelle succession familiale. Face à l’inflexibilité des officiers, Ousmane Barh Mahamat Itno a finalement révélé à son cousin Mahamat Kaka les détails de l’opération, quelques heures avant son déclenchement, rapportent nos sources. Prévenu, le chef du régime s’est mis à l’abri et a placé les unités fidèles en alerte. C’est durant cette même nuit qu’un drone non identifié a survolé le palais pendant plusieurs minutes avant de repartir sans être neutralisé, comme TchadOne le révélait il y a quatre jours.
L’opération a échoué, mais la fracture au sommet demeure. Nos sources décrivent un Mahamat Kaka profondément ébranlé, désormais méfiant envers ceux qui constituaient son premier cercle de protection. « Le président ne dort quasiment plus, et fume comme une cheminée. Il est d’autant plus blessé que tous les comploteurs ont reçu des centaines de millions de sa part », confie l’une d’elles. Selon ces mêmes sources, il est également convaincu que le Soudan et l’Arabie saoudite soutiennent indirectement les comploteurs. Autre signe de sa fragilité : d’après nos informations, Mahamat Kaka n’est pas en mesure d’ordonner l’arrestation des officiers concernés, tandis que des décrets de radiation sont à l’étude. Même si Mahamat Kaka a conservé son fauteuil, la crise de confiance traverse désormais le cœur de l’appareil militaire sur lequel repose son pouvoir.
Correspondance particulière TchadOne à N’Djaména