19/03/2026
Après ces élections, ma déception est évidemment proportionnelle à l'énergie et au temps que j'ai consacré au dernier mandat puis lors de cette campagne. Je remercie tous mes proches de m'avoir soutenu, d'avoir été présents là où je ne pouvais pas être ces dernières semaines.
Difficile de faire jeu égal avec des professionnels de la politique en terme de disponibilités quand on est père de famille, entrepreneur, souvent en déplacement professionnel, impliqué dans diverses structures associatives ou professionnelles.
J'ai par ailleurs été très surpris des nombreux messages spontanés de remerciement et d'encouragement qui ont afflué depuis dimanche, et venant d'en dehors des membres identifiés du collectif. C'est très précieux, et j'en remercie les personnes qui se reconnaîtront et auxquelles j'ai déjà répondu individuellement.
- Personnellement, le résultat des élections ne change pas grand chose : j'étais déjà conseiller municipal, je suis réélu, et je continuerai à défendre mes idées au sein du conseil comme je les aurai défendu en dehors si ce n'avait pas été le cas.
- Au niveau de l'équipe, la grosse différence est que "mes idées" ne sont pas que les miennes. Même si cela ne s'est pas traduit dans les urnes, les soutiens se sont élargis et surtout sont plus présents, mieux informés, formés. "Si les élus d'opposition ont perdu des membres au conseil municipal, les forces de proposition ont gagné un collectif" pour reprendre des mots entendus hier soir.
- Ce qui m'inquiète c'est l'échelon pour lequel je suis investi depuis 6 ans, celui de la ville. Il était encore temps d'envisager un mandat efficace pour participer à la souveraineté alimentaire locale particulièrement en ces temps troublés ; pour assainir l'eau, l'air et l'alimentation en se débarrassant des adeptes de Duplomb et autres empoisonneurs; pour rajeunir Dole, ce qui n'est pas dans l'intérêt électoral de la majorité actuelle ; pour récupérer l'argent de la collectivité distribué à une poignée d'entreprises depuis des années ; pour prendre soin de nos aînés, tous nos aînés et pas seulement ceux qui ont les moyens ; pour plus de participation démocratique.
Ce temps n'est pas venu, et c'est encore du temps perdu.
La population doloise a majoritairement choisi le camp du conservatisme, de la réaction et du court-termisme. Conservatisme car beaucoup, bercés par des éléments de langage lenifiant sur le bilan de mandat et par les peurs agitées par la droite sur une remise en cause insensée de l'évènementiel à Dole, sont allés voter pour que rien ne change, hypothèquant ainsi toute amélioration.
Réaction car le ralliement des électeurs d'extrême-droite, orpheline de candidat, a été efficacement orchestré par la reprise des éléments de langage de Bardella par la majorité municipale. Un RN à 30% à Dole aux dernières législatives, étonnamment IMPUISSANT à trouver une tête de liste convenable et à recruter des candidats, et volontairement COCU de cette élection en enterinant le système local de baronie qu'il prétend combattre.
Court-termisme car la ville fait face à de véritables enjeux locaux et à des enjeux plus larges qui pourraient avoir des solutions locales. Le fonds vert qui a permis la rénovation des écoles, le parc urbain et d'autres mesures écologiques qui vont dans le bon sens a fondu comme neige au soleil et l'effet d'aubaine financière dont a profité la ville ne se substituera plus à une véritable volonté politique.
Mais quand on se soumet aux élections, on ne peut qu'en respecter le résultat.
Celui-ci, aussi large soit-il, ne doit pas être pris par la majorité municipale comme une autorisation à faire tout et n'importe quoi. En 6 ans, les élus d'opposition ont dénoncé de nombreux dysfonctionnements et des choix délétères. J'ai dû parfois faire intervenir la commission d'accès aux documents administratifs, le tribunal administratif même, ce qui a eu son effet. Aujourd’hui, ces outils restent à disposition en cas d'abus de pouvoir. Mais c'est surtout dans le fonctionnement de l'institution où il faudra œuvrer malgré les barrières érigées contre un travail des élus en dehors de l'exécutif.
J'accomplirai donc ma tâche au sein du conseil municipal et du conseil communautaire. Pour combien de temps, je ne le sais pas. A cet heure, j'envisage autant de faire tout le mandat que de passer la main au cours de celui-ci pour permettre à d'autres membres de l'équipe de se former à l'exercice du mandat et aux dossiers locaux. Mon premier cercle -ma famille- et mes projets personnels et professionnels pèseront fortement, l'avis du collectif également. J'ai à cœur de respecter mes engagements, mais je reste avant tout libre de les choisir.